Lettre officielle envoyée à SEM Jean Ping, Président de la Commission de l’Union Africaine en réponse aux propositions des mesures de compromis
La Présidence de la Haute Autorité de la Transition a reçu des propositions de mesures de compromis de la part de SEM. Jean Ping, Président de la Commission de l’Union Africaine pour relancer le processus de sortie de crise à Madagascar et se réjouit qu’enfin la Communauté Internationale, dans le chapitre III de ses propositions de mesures de compromis intitulées « Elections », accepte que les élections doivent être tenues dans les meilleurs délais possibles afin d’assurer leur crédibilité et leur transparence. Dans une lettre adressée au Président de la Commission de l’Union Africaine, en réponse à ses propositions de mesures de compromis, la Présidence de la Haute Autorité de la Transition tient à exprimer sa profonde gratitude pour les efforts déployés par ladite Commission afin de trouver une solution à la crise politique malgache, dont voici la teneur :
« Dans l’intérêt supérieur de la Nation, nous n’avons pas hésité à signer en toute bonne foi l’Accord de Maputo (signé les 08 et 09 août 2009) et l’Acte Additionnel d’Addis-Abeba (signé le 06 Novembre 2009).
Malheureusement, tous les efforts que nous avons entrepris et toutes les concessions que nous avons acceptées, n’ont pas porté les fruits que le peuple malgache avait espérés. Les autres Chefs de file n’ont cessé de remettre en cause les résultats de négociations
Je voudrai mentionner tout particulièrement les résolutions qu’ils ont adoptées à Maputo le 08 Décembre 2009, et qui constituent une violation manifeste et flagrante des principes et valeurs fondamentaux de la Charte de la Transition.
Ces remises en cause successives et répétées- les propos, comportements et actes à la fois irresponsables et irréfléchis de certains Chefs de file ou délégation- ont fait perdre toute crédibilité vis-à-vis de l’opinion nationale à la possibilité d’une mise en œuvre de la Charte de Maputo dans un climat de sérénité et de tolérance mutuelle.
Dans de telles conditions, une cohabitation au sein des différentes Institutions s’avère être très difficile, voire impossible.
C’est en ce sens que nous sommes convaincus que la seule issue pour sortir de cette situation est la tenue, dans les meilleurs délais, d’élections par lesquelles le peuple malgache pourra exercer son pouvoir souverain. Elles constituent le seul mode d’expression de la démocratie.
Nous relevons, avec le plus grand intérêt, que dans le document relatif aux mesures de compromis que l’Union Africaine avait envisagées, il est consacré un chapitre 3- intitulé « des élections ». Les propositions que vous avez avancées dans ce chapitre présentent de grandes convergences par rapport à notre démarche actuelle pour une sortie de crise par la voie des élections.
Nous serons reconnaissants à la Communauté Internationale pour toute forme de collaboration qu’elle pourra apporter à toutes les phases du processus électoral.
Nous sommes disposés à envisager toutes mesures, pour que les élections organisées pendant la Transition, soient consensuelles et inclusives, autant dans leur préparation que dans leur organisation, et par rapport à la date du scrutin. »
Ambohitsorohitra, le 21 janvier 2010
La Présidence de la Haute Autorité de la Transition de Madagascar
Déclaration officielle
Venue de la mission du GIC à Madagascar
Dans le cadre de la mission conduite par Monsieur Jean Ping, Président de la Commission de l’ Union Africaine à Madagascar ; dépêchée par le Groupe International de Contact ; la Présidence de la Haute Autorité de la Transition tient à rappeler que seules les élections sont l’expression la plus démocratique des aspirations de la population. D’autant plus que tous les efforts entrepris en vue de trouver une solution pérenne à la crise malgache, étaient jusqu’ici infructueux.
Le régime transitoire réitère ainsi son engagement à organiser des élections consensuelles, libres et inclusives autant dans leur préparation que dans leur organisation, et renouvelle l’appel à l’endroit de toutes les forces vives de la Nation pour participer aux prochaines élections.
Quant à la proposition d’une cohabitation dans le gouvernement de transition explicitée dans le document intitulé « mesures de compromis pour relancer le processus de sortie de crise à Madagascar », remis par le Président de la Commission de l’ Union Africaine, la Présidence de la Haute Autorité de la Transition malgache confirme qu’au vu de l’évolution de la situation, toute cohabitation est devenue impossible parce qu’elle était déjà source de nouvelle crise et à l’origine des graves troubles dans notre pays ces derniers temps. L’expérience de la cohabitation, durant le peu de temps où l’on a essayé de l’adopter, suffit amplement à prouver que cette proposition ne peut en aucun cas être une solution à la crise politique qui perdure dans notre pays.
Aussi, en réponse à ces « mesures de compromis », Le Président de la Haute Autorité de la Transition a-t-il envoyé une lettre en date du 21 janvier 2010 à SEM Jean Ping afin de lui expliquer cette position officielle du régime transitoire.
Ambohitsirohitra le 21 janvier 2010
Le Porte-parole de la Présidence





