Les noms sont connus, et après ?
Cette commission est censée être le garant de l’éthique des médias malgaches. Mais sa première tâche sera d’abord de définir et de faire adopter par tous un code d’éthique de la presse malgache. D’autres s’y sont déjà attelés mais se sont opposés à un mur d’incompréhension, arguant qu’ils seront sensibles à l’éthique le jour où leur paye sera mieux fournie !!! N’a t’on pas entendu un haut responsable de la communication avouer en public que lorsqu’il exerçait le métier, il lui arrivait de s’asseoir sur l’éthique. C’est donc un grand défi qui attend cette commission.
La tentation sera grande, même si elle ne sera jamais reconnue, d’avoir une presse « aux ordres ». Espérons que les professionnels sauront défendre
l’option d’une presse libre, garant des pratiques démocratiques et gardienne
des bonnes pratiques dans les principaux secteurs de la vie publique.
Un des grands défis c’est la composition de cette commission : elle est faite
pour l’essentiel de professionnels. L’idée est que la presse doit s’auto-régulariser. La première difficulté est de « sanctionner un confrère ». Il y a
d’abord la solidarité corporatiste, sentiment réel à plusieurs niveaux. Et puis a contrario la place supposée d’un outil de concurrence entre les mains des
membres de la commission. Si le professionnel X sanctionne le journaliste Y,
n’y a-il pas autre chose que l’éthique derrière ce geste ???
La présidence de la commission est un point d’achoppement car la
présidence par le ministre de la communication, accentue le danger de la
dérive de cette commission en instrument du pouvoir.
Il y a donc à boire et à manger dans la création de cette commission.
Espérons que les travaux commencent par un grand débat pour mieux
circonscrire la tâche à accomplir.