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jeudi 21 août 2014
 

 > Editorial

Le malade meurt-il de sa bonne santé ?

mercredi 19 octobre 2011, par Patrick A.

Parler du projet de Loi de Finances au moment où le ministre qui l’a conçue n’est plus vraiment en mesure de le défendre, et que l’on n’a aucune idée des personnes qui seront chargées d’exécuter ladite Loi de Finances, semble ne pas avoir tellement de sens.

Mais l’on peut au contraire estimer qu’il n’est pas de meilleur moment pour examiner en profondeur un tel projet, car pour une fois les circonstances permettent de séparer plus nettement critique du texte et de sa philosophie et critique de ses auteurs. Encore faudrait-il qu’il y ait un véritable accès démocratique à ce projet. Le ministre sortant, Hery Rajaonarimampianina, a eu beau multiplier les « consultations » avec des groupements professionnels, difficile de ne pas voir surtout une opération de relations publiques derrière une grosse dose de propos plutôt lénifiants et très peu de chiffres.

On peut cependant retenir un mot : continuité. Le ministre, et encore plus les techniciens qui l’entouraient et qui sont loin d’être à leur premier exercice de présentation d’un projet de Loi de Finances, légitiment essentiellemnt leur action sur la base de ce mot. À leurs yeux, cette continuité est le gage de bons résultats.

Finances...

En fait de continuité, on retrouve surtout celle d’une logique centrée presque exclusivement sur les finances de l’État. L’insistance particulière sur quelques chiffres est particulièrement éloquente : le taux d’endettement de Madagascar serait d’environ 25%, contre plus de 100% aux USA et de l’ordre de 80% en France. Le déficit public est chez nous de 2%, contre plus de 10% pour la Grèce. Et les réserves en devises ont dépassé pour la première fois dans l’histoire le milliard de dollars, soit deux mois et demi d’importation.

Fort bien. Sauf qu’il ne faut pas confondre trop vite l’État et la Nation, et qu’il faut tout autant se garder de trop confondre finances et économie. Il n’est nul besoin d’être un Keynésien forcené pour être tenté de répliquer aux technocrates du ministère des Finances, qu’à se contenter ainsi de bien retenir les leçons de l’ajustement structurel, ils risquent fort d’en provoquer un autre, autrement plus brutal.

D’après la lettre d’information du Système des Nations unies à Madagascar, Madagascar dans la configuration actuelle n’atteindra aucun des 8 objectifs du millénaire en 2015. Que nous chaud le désendettement de l’État ou la réduction de la dette extérieure, lorsque l’on est obligé de vivre d’expédients parce que l’on fait partie des 200 000 personnes qui ont perdu leur emploi depuis 2008 et que l’on n’en a pas vraiment retrouvé un depuis ?

... ou Économie ?

L’austérité n’est pas forcément un mal, encore faudrait-il qu’on donne un sens à l’effort et que celui-ci soit partagé. Évoquant le mouvement Occupy Wall Street, Barack Obama disait hier qu’il était important pour les leaders politiques de son pays de faire comprendre aux manifestants qu’ils comprenaient leurs frustrations face à une sphère financière irresponsable. En comparaison, on se dit que beaucoup de Malgaches n’ont rien contre l’épargne ou le désendettement, mais à l’instar de beaucoup d’Américains ou de Grecs, ils ne peuvent tout simplement plus en faire pour leur propre compte. Les questions qu’ils devraient pouvoir aujourd’hui poser aux auteurs de Lois de Finances sont : où est passé l’argent des dernières décennies ? où sont passés les annulations de dettes, les apports des investisseurs ? De toute évidence, pas dans les poches des simples citoyens.

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 13 réactions Lire les commentaires
  • Le malade meurt-il de sa bonne santé ?
    19 octobre 2011 10:30, par gasy_kely (#439)

    Très bon article, et en plus moins entaché politique. Bizarrement, je me rends compte que j’ai rien à dire qu’on ça ne parle pas de politique politicienne. Je suis atteint du « Syndrome de la société Malagasy » : comprendre les grands manœuvres politiques, mais complètement à côté pour appliquer et donc parler de technique.

    J’ai retenue surtout : « L’austérité n’est pas forcément un mal, encore faudrait-il qu’on donne un sens à l’effort et que celui-ci soit partagé. » Vivement, le futur où politique d’austérité veut dire achat de Hummer pour tous les Malagasy.

    Gasy kely tena tsy mahay !!

    • Le malade meurt-il de sa bonne santé ?
      19 octobre 2011 11:27, Maxim (#5960) répond à gasy_kely (#439)

      « où est passé l’argent des dernières décennies ? où sont passés les annulations de dettes, les apports des investisseurs ? ». Bonnes questions qui seront sans réponses directes du ministère, mais qui se reflètent sur la vie des citoyens.

  • Le malade meurt-il de sa bonne santé ?
    19 octobre 2011 12:29, par Jipo (#4988)

    Mr Patrick , merci pour cet article , vous nous amenez à nous poser cette question d ’ actualité , mieux vaut - il vivre à crédit bien que sans crédit mal ?
    Nous sommes loin de l ’ époque ou vivre à crédit était le contraire de marcher la tête haute , ou mettre en pratique la fameuse phrase de Ben Laden : « mieux vaut une mort digne qu ’ une vie de m - - - e » .
    Les valeurs morale d ’ une certaine époque semblent révolues , en plus d ’ être foulées aux pieds par cette nouvelle génération à laquelle nous n’ avons pas su les inculquer , faute à la croissance démographique , économique , ou révolution @ . culturelle . monde ?
    En ce sens votre titre est révélateur , une bonne santé de nos jours peut être considérée comme un pathologie devant ces malades en tous genres et dans tous domaines , moraux compris ,il y a vraiment de quoi : être malade , en plus de : « Fanafody tsy misy » .

    • Le malade meurt-il de sa bonne santé ?
      19 octobre 2011 13:40, niry (#210) répond à Jipo (#4988)

      En +, la limite entre vivre bien/mal est extrêment tenue Jipo. En fonction, du vécu, du ressenti, de l’expérience de chacun..

      Je suis persuadé que beaucoup d’entre nous tous, vivent à crédit, et MAL. Autrement dit, c’est le comble.

      • Le malade meurt-il de sa bonne santé ?
        19 octobre 2011 13:59, Jipo (#4988) répond à niry (#210)

        Niry , en effet , & de + comment vivre bien ou bien vivre à crédit ? comme vous dites si bien , en plus de : « comble » cela se transformerait en palisse .
        Tant qu ’il vous reste un brin de morale , le tout simplement vivre , est , en ce qui me concerne , totalement : incompatible avec la notion de crédit , mais n ’ engage que moi , bien sur , ma seule consolation ; de me savoir malade , mais , en attendant : je me soigne ...

        • Le malade meurt-il de sa bonne santé ?
          19 octobre 2011 14:04, Boris BEKAMISY (#4822) répond à Jipo (#4988)

          Hounn....tsoôôooo !

          Malahelo an’i Dada mafy de mafy !
          Mampalahelo be nareo ry Niry sy Jipo...!

          • Le malade meurt-il de sa bonne santé ?
            19 octobre 2011 16:51, niry (#210) répond à Boris BEKAMISY (#4822)

            ieuh.. miandry... sady noana no marary...Inona no hevitra, Dokotera ?

            Mbola ho avy koa anefa ilay iray maraina mamirapiratra an (le soleil va sûrement se lever de l’ouest..de l’autre coté du canal..)

            • Le malade meurt-il de sa bonne santé ?
              19 octobre 2011 17:42, Boris BEKAMISY (#4822) répond à niry (#210)

              Rêver ...c’est dejà une therapie (placebo) efficace Niry ..

              Le soleil parait- il se lève à.... l’ouest chez l’autre planete , le Mars.

              La Terre par contre a dejà pris toutes les mesures imaginables pour que le soleil se lève toujours à l’EST ...et pour conditionner le retour .....si retour il y a.

              Il n ’ y a pas que le GemaTouToua qui travaille dure pour sa cause Niry....

              Chacun à sa Strategie.....les bruits internationaux pour les Uns , la Coulisse pour les Autres ....

          • Le malade meurt-il de sa bonne santé ?
            19 octobre 2011 17:30, Jipo (#4988) répond à Boris BEKAMISY (#4822)

            Merci pour la mise en garde et la prévention , en effet le docteur ne peut que soigner les gens en bonne santé , particulièrement pour sa notoriété , car pour les malades mieux vaut s ’ adresser ailleurs , si l ’ on ne veut pas finir comme les gens en bonne santé , allez bonne convalescence Dr.

  • Le malade meurt-il de sa bonne santé ?
    19 octobre 2011 14:23, par ZOZORO (#5338)

    Etant un lambda pas du tout calé en économie, voilà comment j’interprete les chiffres...

    Le pays vit en autarcie, l’état s’est mis dans une suffisance mais pillent par contre les 4*4 de l’unicef pour maintenir les 2 pour cent... Manque d’investissement donc pas d’infrastructure ni développement en vue (oui, sauf si hopital et rue superposé comme antsonjombé qui n’est pas encore fini ou l’usine de traitement de déchet haut de gamme promis par notre cher président). Aucun projet ni investissement pour les secteurs ruraux... Vu que personne ne nous prête de l’argent faute de reconnaissance internationale, nous avons encore la possibilité de nous endetter jusqu’au cou.

    Vivre à crédit ? the american way of life ! Pour moi c’est vivre au dessus de ses moyens, quoi qu’il y a des crédit raisonnable tant que c’est à court ou moyen terme. Personnellement j’aime pas vivre en compte négatif.

    Quant l’objectivité d’une loi de finance, de continuité et tout le bazar, je crois qu’il faut d’abord connaitre ce que lapinou a caché dans son chapeau avant de se prononcé car y en a qui se succèdent à eux même !

    Le malade meurt-il en bonne santé ? Rien à foutre ! parlons plutôt de PIB et de pouvoir d’achat. ça concerne plus le peuple car à franchement dire, les 7% de taux de croissance, j’ai jamais rien senti moi !

    • Le malade meurt-il de sa bonne santé ?
      19 octobre 2011 18:13, DIPLOMAT (#846) répond à ZOZORO (#5338)

      Aujourd’hui, il est quasiment impossible en France de faire une acquisition immobilière, sans passer par la case crédit. Crédit sur 15/20 ans.
      Par ailleurs, toutes les entreprises en France ont un crédit en cours avec leur banque, ne se srait ce que pour assurer les fonds de roulement en attendant les règlements des clients ou collectivités en compte.
      Celà engendre des richesses de production, et les banques vivent bien des intérêts.

      Quand à Madagascar, la dette a une incidence par rapport au PIB.
      Plus une dette est importante , plus celà aura une incidence sur le PIB, sauf , SAUF si le pays produit.

      Et du temps de Mr Ravalomanana en 2008 la dette de M/car était de 4,8 milliards d’USD , et le PIB était de 7%.
      Aujourd’hui avec Mr Rajoelina, la dette n’est plus que de 2 ,5 milliard d’USD, mais le PIB est de 0,2%

      Ainsi donc l’on constate que malgré le poids de la dette, la production économique nous permettait d’assurer une croissance, de produire de la richesse jusqu’en 2009.

      Aujourd’hui, nous remboursons la dette (ce qui est trés bien) , mais nous ne produisons rien (ce qui est trés mauvais) , d’où un PIB proche de ZERO.

      Le pays s’appauvrie malgré une croissance des industries extractives et les restrictions budgètaires des ministères.

      l’inflation est de 9,6% et rien que pour les denrées alimentaires , elle est de 14% en 2010 et les prévisions pour 2011 sont encore plus inquiètantes !!

      En 2 ans entre 2009 et 2011, l’inflation sera proche de 30% !!!!

      Il n’est pas normale que le textile affecté par la suppression des zones franches, n’ait pas trouvé en 2 ans un nouveau souffle, aujourd’hui ce secteur d’activité est... mort la production était de 23 650 tonnes en 2009 est tombée à ....2 050 tonnes.
      Les exportations de crevettes périclites , et que dire de l’exportation de litchies qui a diminué à 15 750 tonnes cette année, contre 23 958 t en 2008 !.
      Et enfin que dire de la vanille ....Elle ne représente plus que 6 % des exportations en 2010 contre 14 % en 2004 .

      Voici les réalités, tout à fait vérifiables et malheureusement loin d’être exaustives de M/car. (Air Madagascar ; Jirama etc...)

      Ces chiffres sont là et indiscutables.

      Les chiffres parlent d’eux mêmes, et je vous les livre, afin qu’avec objectivité , CHACUN puisse se faire son opinion sur les « exploits economiques de la HAT ».

      • Le malade meurt-il de sa bonne santé ?
        19 octobre 2011 19:01, Jipo (#4988) répond à DIPLOMAT (#846)

        Diplomat , merci pour le scoop que personne n ’ ignore et n ’est dupe , à part une majorité de 10 à 12 % des Malgaches , qui se sentent investis de mission : « Divine » et donc représenter , les 88 à 90 % restants , comme en france , nous avons le « pézident du pouvoir d ’ achat » , à Madagascar , c ’est le prézident du changement , voilà chacun servi .

  • Le malade meurt-il de sa bonne santé ?
    20 octobre 2011 17:41, par Rajiosy (#6078)

    « Que nous chaud » le désendettement : sao dia « peu nous chaut » ilay izy RainiPa ?

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