Des discussions ont certainement eu lieu entre le président de la Haute autorité de transition (HAT), Andry Rajoelina, et l’envoyé spécial de Joachim Chissano et émissaire de la SADC, le Dr Leonardo Simão, ou du moins entre leurs émissaires respectifs. Pour preuve, le communiqué relatif au conseil des ministres de ce mercredi 02 février 2011 indique clairement que le président de la HAT « a relaté le cours des discussions entreprises pour aboutir au bouclage de cette feuille de route proposée par l’émissaire de la SADC ».
Autrement dit, la feuille de route proposée par l’émissaire de la SADC, n’était pas une nouveauté pour le président de la HAT car il en a discuté avec le Dr Leonardo Simão (où était-elle la presse lors de ces discussions ? et la communication de la Présidence de la HAT ?). On peut même dire qu’il l’a conçue comme il a conçu le « Magazine spécial » que la Direction de la communication de la HAT a édité et distribué gratuitement aux organes de presse ce mardi 1er février, lorsque presque tout le beau monde de la classe politique a accouru à Andraharo auprès du Dr Simão pour lui signifier en quelque sorte sa reconnaissance que c’est le bon remède pour guérir le pays de la crise.
On peut aussi dire que cette feuille de route présentée comme étant une proposition du Dr Simão, n’est que le produit ou l’œuvre commune de Andry Rajoelina et Simão. En tout cas, dans ce cas de figure, il est difficile de croire que le TGV, l’UDR-C, RPSD et les autres qui ont signé – elles étaient déjà plus de 64 formations selon les déclarations des partisans du régime HAT ce mercredi matin du 2 février – n’avaient pas été mis au parfum du bouclage et du contenu de cette feuille de route, puisque celle-ci a été finalisée le 20 janvier 2011. Ce qui expliquerait pourquoi moins de 24 heures leur ont suffi pour l’adopter.
Les dindons de la farce
Le principal dindon de la farce serait l’opinion publique que plus d’un autre politicard s’efforce encore depuis ce mardi 1er février, soit devant la presse soit sur les ondes de radios privées, de persuader que c’est la panacée et que l’intérêt général a été enfin mis en exergue par cette feuille de route proposée par Dr. Leonardo Simão. Les trois mouvances et en particulier la mouvance Ravalomanana et la mouvance Zafy Albert se rappelleront vraisemblablement des propos ci-après entendus et rapportés par des confidences : « Andry Rajoelina, j’en fais mon affaire, mais faites en sorte que les trois mouvances acceptent ».
Au rythme des signatures et au vu de la méthode adoptée par la médiation, la feuille de route sera adoptée avec ou sans les mouvances récalcitrantes. Le Dr. Simão, l’ancien ministre des Affaires étrangères du Mozambique peut affirmer avoir sorti le pays du bourbier de la crise. Avec un succès diplomatique en plus dans son cursus, il peut aspirer à des fonctions plus importantes que d’être l’envoyé spécial de Chissano dans un pays qui laisse indifférent la communauté internationale davantage préoccupée par le Maghreb et le Moyen Orient. Les crises à résoudre sont légions aujourd’hui.







