Dans la continuation des prestations médiatiques des avocats de la défense de Heriniaina Razafimahefa (haut responsable dans le groupe Tiko, soupçonné de complicité de détournements de deniers publics et d’abus de pouvoir, et incarcéré à Antanimora en attendant les enquêtes au fond), le groupe Tiko sort de son silence. Il diffuse un communiqué dans lequel il se défend de tous les maux dont il était accusé depuis la Place du 13 mai lors des manifestations conduites par Andry TGV et ses partisans. Plus ! Le groupe, tout comme l’ont suggéré les avocats de la défense de Heriniaina Razafimahefa, passe à l’offensive et joue la carte médiatique jusqu’à l’étranger, précisément en Suisse.
Le groupe Tiko porte plainte
Le Groupe TIKO est composé de neuf unités industrielles essentiellement agro-alimentaire dont la plupart ont été créées avant 2001. Il se défend contre les accusations de monopole porté contre lui devant la place publique. Suite aux déprédations des actifs et aux allégations portées à son encontre, le dit Groupe a déjà entamé et va déposer des requêtes/plaintes auprès des tribunaux malgaches et internationaux.
La défense du groupe qui est composée de quatre avocats, a déjà rencontré la presse et précisé que l’affaire est déjà entre les mains d’un autre avocat qui a lui aussi organisé une conférence de presse en Suisse. Ainsi, le groupe Tiko réclame réparation en plus des dommages et intérêts sur les préjudices causés à la société, aux actionnaires et investisseurs étrangers, notamment Suisses. On apprend des avocats du groupe que la minoterie Tiko de Toamasina est l’une des quatre premières en Europe et est la première dans toute l’Afrique ; pour dire que c’est un joyau technologique qui vient d’être détérioré et ne fonctionne plus à son régime normal.
Il décide aussi de poursuivre les responsables, auteurs et acteurs qui ont organisé et ordonné les déprédations sur les biens de la société, et ceux qui ont exploité les installations et ont vendu les produits aux bénéfices de tiers. Le groupe Tiko dénonce ainsi les ventes de riz blanc à 500 Ar/kg et le litre d’huile alimentaire à 2500 Ar. organisées par la Haute autorité de Transition (HAT) pour faire « sa propagande » et/ou pour soulager les ménages dans le besoin.
Depuis le 26 Janvier 2009 jusqu’à maintenant, des biens, matériels et véhicules appartenant au Groupe TIKO, ont été pillés, détruits, vandalisés et volés. Ces actes génèrent des conséquences graves sur le plan socioéconomique du pays, note le communiqué.
Perte de 13 500 emplois
Le Groupe agro-alimentaire TIKO a créé ces dix dernières années plus de 2500 emplois directs et 11 000 emplois indirects. Ces employés qui ont leurs familles respectives à nourrir sont maintenant en chômage technique. La masse salariale annuelle se chiffre à 8 milliards d’Ariary. Ce qui génère un manque à gagner de 1,6 milliards d’Ariary à titre d’impôt sur les revenus à l’administration fiscale depuis la crise.
Le Groupe a enregistré, selon toujours le communiqué, des pertes de 145 milliards d’Ariary d’investissement et d’exploitation. Entre 1979 à 2008, le groupe a investi près de 210 milliards d’Ariary dans l’agro-alimentaire. Mais les dégâts causés par les actes de pillage, de vandalisme et d’incendie en date du 26 janvier 2009 sont évalués à 102 milliards. Les vols de ses marchandises en stocks tels que le riz, la farine, les produits laitiers… jusqu’au 10 juin sont évalués à 24 milliards d’Ariary. Les produits saisis et réquisitionnés pour être transformés et revendus illégalement sur les marchés occasionnent une perte de 19 milliards d’Ariary.
Dommages collatéraux
Le secteur agro-alimentaire du groupe réalisait un Chiffre d’Affaires de 420 milliards d’Ariary. Du 26 janvier au 31 mai 2009, son manque à gagner s’élève à 140 milliards d’Ariary. Les sources de revenu détournées grèvent dangereusement la trésorerie du groupe, en privant ainsi les employés de salaires, en mettant en péril ses différents partenaires et fournisseurs locaux (3 500 petits fermiers, plus de 1 000 riziculteurs, des centaines de producteurs de fruits et légumes et des centaines de prestataires de services,…). En effet, ces derniers ne peuvent plus être payés. Ses partenaires étrangers, notamment suisses, sont également victimes.
Privation de PPN pour la population
La population est la première victime de ces actes de déprédation du groupe en leur privant des PPN en fonction des parts de marchés couvertes par la société (60% riz import, 71% farine, 70% huile de soja, 40% lait). La forte augmentation des prix des PPN ne peut laisser l’opinion internationale indifférente dont l’un des objectifs était de faciliter l’accès de la population aux PPN.
Situation fiscale
Selon les revendications publiées dans la presse, le groupe TIKO serait redevable de plusieurs centaines de milliards d’Ariary. Mais la dette fiscale réelle et officielle (impôts et taxes douanières) s’élève à 25 milliards d’Ariary et a déjà fait l’objet d’un plan de paiement en octobre 2008. Dénoncer publiquement à travers les médias des montants relatifs aux impôts impayés avant le redressement fiscal, constitue une violation du secret professionnel selon l’article 20.06.09 du Code Général des Impôts.
Recueilli par Bill




