Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, lit-on dans le journal sénégalais, Le Soleil du 6 juillet 2010, a promis lundi une « action renforcée » à l’égard de l’Afrique, domaine qui lui revient après la démission du secrétaire d’État à la Coopération, Alain Joyandet. Officiellement, les responsables français démentent tout déclin de leur effort en matière de coopération, même si l’opposition socialiste a dénoncé « un choix révélateur du peu de cas que fait Nicolas Sarkozy de ce grand sujet ».
Si telle est la perception sénégalaise de cette démission d’Alain Joyandet, à Madagascar, c’est le mutisme du côté des dirigeants actuels. Par contre du côté de l’ « opposition » et chez une frange de la société civile, on ne s’empêche pas de commentaires. Les uns se félicitent que le président Sarkozy ait pris la décision de prendre en main la Coopération car la diplomatie de Joyandet n’a pas été sans provoquer des vagues et ternit quelque peu l’image de la France que se font les Africains francophiles et francophones. D’autres ajoutent que cette décision du président français de reprendre les charges confiées à Alain Joyandet signe l’acte de décès de la FrançAfrique et par la même occasion de l’acte de naissance d’une nouvelle diplomatie française à l’endroit de ses anciennes colonies qui sont aujourd’hui en train de s’interroger sur les prochains 50 ans, avec ou sans la France mais dorénavant dans le concert des nations. D’autres enfin retiennent leur souffle et craignent que la coopération française ne soit pire par rapport aux années précédentes. Ceux-là fondent leurs soucis sur la compétition entre les puissances, dont le fléau du terrorisme, et les divers intérêts en jeu et en conflit. Dès lors quand le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, promet une « action renforcée », qu’est-ce à dire ? Une présence et une mainmise plus intense au profit de la France ou au profit des pays et des populations d’Afrique ?




