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Justice sociale : Égalité des chances plutôt qu’égalité des revenus

mardi 17 mars 2015
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Avec une croissance atone et des revenus publics de plus en plus réduits, les appels de par le monde se multiplient pour augmenter les impôts des riches pour redistribuer une partie aux pauvres. Beaucoup sont tombés dans le piège de croire que c’est parce que certaines personnes sont riches que d’autres sont pauvres. Utiliser les riches comme des boucs émissaires en se focalisant sur l’inégalité des revenus est une erreur de diagnostic et détourne l’attention de la vraie raison pour laquelle des millions de personnes sont pauvres.

Nous devons reconnaitre que l’écart de revenu s’est creusé dans de nombreux pays en développement et de pays développés au cours des dernières années, mais reconnaissons aussi que les disparités des inégalités de revenus dans le monde ont diminué aussi. La croissance économique rapide a eu lieu dans les pays en développement avec de grandes populations tels que l’Inde et la Chine qui ont adopté des politiques plus orientées vers le marché. À mesure que le produit intérieur brut (PIB) a augmenté dans ces pays, le revenu par habitant s’est amélioré, ce qui a considérablement réduit le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté.

Selon les Nations Unies, en 1990 environ 47% des personnes vivaient avec moins de 1,25 dollar par jour. En 2010, cette proportion avait chuté à 22%. La raison de ce remarquable progrès est attribuable à l’adoption du capitalisme de marché libre. Le rapport mondial sur la liberté économique, publié par l’Institut Fraser, démontre que le montant du revenu gagné par les 10% les plus pauvres dans les pays économiquement libres (11 610$) représente près du double du PIB moyen par habitant de personnes vivant dans les pays les moins libres (6 253$).

En termes simples, si vous êtes pauvre, le meilleur endroit pour vous se trouve dans les pays économiquement libres où l’intervention du gouvernement est relativement réduite. C’est pour cette raison que nous voyons des millions de personnes tentant d’échapper aux nations despotiques qui sont contrôlées par les États autoritaires, et cherchent refuge dans les pays les plus riches et les plus économiquement libres sur cette planète.

Les politiques publiques sont actuellement orientées vers l’égalité des revenus. Or, l’accent devrait être mis sur l’égalité des chances. Les politiques visant à réduire les inégalités de revenus impliquent la redistribution des revenus grâce à des politiques de protection sociale, un régime progressif d’imposition et de la discrimination pure et simple. Ce sont des politiques qui découragent l’épargne et l’investissement, retardent la croissance économique et découragent l’embauche de main-d’œuvre. Si le gouvernement devait adopter des politiques fondées sur l’égalité devant la loi et visant l’amélioration de l’égalité des chances, il stimulerait rapidement la croissance économique et augmenterait la taille du gâteau disponible, permettant à chacun d’obtenir une part plus importante.

Imposer de lourdes taxes sur les individus et les entreprises productives est la solution simpliste pour redistribuer la richesse. Elle génère un mal incalculable car elle réduit les incitations à produire des biens et services et retarde la croissance économique globale, ce qui affecte négativement le niveau de vie de chaque personne dans le pays. L’histoire a démontré que la croissance économique est la clé pour réduire la pauvreté et les inégalités. Elle permet également d’élargissement des opportunités offertes aux chômeurs.

Si le gouvernement continue à voir l’inégalité des revenus comme indésirable, il faut cesser de se focaliser sur la réduction des revenus des hauts salariés et plutôt se concentrer sur l’élimination des barrières artificielles qu’il impose sur le fonctionnement du marché. Il faudrait ouvrir l’économie afin d’offrir aux pauvres de plus grandes opportunités. Aussi, il faudrait augmenter le pouvoir d’achat des salariés de manière significative en stimulant l’emploi et la productivité et encourageant les gens en leur montrant qu’ils peuvent récolter les fruits de leurs efforts et de leur expertise.

Le défunt économiste, lauréat du prix Nobel, Gary Becker disait que : « Ni l’histoire moderne des taux d’imposition, ni leurs conséquences pour le déficit budgétaire et la redistribution des revenus n’indiquent que l’augmentation des impôts sur les revenus élevés soit une bonne idée ». Augmenter les impôts d’un petit groupe de personnes au sommet de l’échelle des revenus peut sembler être une proposition « juste » pour le grand public, mais cela entrainerait de nombreuses conséquences inattendues négatives pour la majorité.

Les individus à revenu élevé sont plus facilement mobiles et peuvent simplement choisir de vivre dans un environnement fiscal plus favorable. S’ils choisissent de rester dans leur pays, un taux d’imposition plus élevé réduira toute incitation à démarrer une nouvelle entreprise et d’investir dans le capital humain de ce pays, ce qui les poussera à investir leur argent ailleurs. En d’autres termes, les impôts élevés diminuent les incitations des entrepreneurs à risquer du capital et à sacrifier du temps et de l’énergie. Les impôts interfèrent avec la capacité de tous les individus à poursuivre leurs objectifs. La seule façon de stimuler l’activité économique est de réduire les impôts et encourager l’épargne et l’investissement.

Grâce aux politiques de marché libre, le monde est sur le point d’un exploit historique, l’éradication totale de la pauvreté. L’Afrique a besoin de plus de millionnaires, pas moins, et la manière pour y parvenir est par le capitalisme de marché libre, il n’y a pas de raccourcis.

Jasson Urbach, analyse pour www.freemarketfoundation.com - Article initialement publié en anglais par la Free Market Foundation

Publié en collaboration avec le projet www.libreafrique.org

6 commentaires

Vos commentaires

  • 17 mars 2015 à 09:37 | Isambilo (#4541)

    Catéchisme classique de l’ultra libéralisme.
    L’auteur oublie de rappeler que les impôts servent aussi à construire les infrastructures pour les investisseurs.
    Le capitaliste n’augmente les salaires que si les salariés revendiquent. Nul besoin de prix Nobel pour le savoir.
    Pas d’impôts égale pas de routes, pas de ports ou d’aéroport, pas d’hopitaux, pas de main d’oeuvre qualifiée parce que pas d’école.
    Qui finance cette fondation ? Les entreprises qui font des dons aux fondations pour diminuer l’assiette du revenu imposable. Elles gagnet sur les 2 tableaux : elles paient moins d’impôt tout en finançant la propagation de leur thèse.
    Piketty vient de démontrer que la thèse ultra-libérale sur la réduction des inégalité est fausse, surtout aux USA. Il n’aura pas le prix Nobel, c’est un autre Français adepte de l’ultra-libéralisme qui l’a eu.
    Si le prix Nobel d’économie avait une valeur quelconque, il n’y aurait pas eu de crise financière en 2007-2008.

  • 17 mars 2015 à 15:17 | RAMAHEFARISOA Basile (#6111)

    Comprendre le monde où nous vivons.
    Le langage économique constitue un premier obstacle à l’analyse,mais au-delà de la maîtrise de ce que certains qualifient de « JARGON »,la complexité des liaisons économiques rend la connaissance des théories économiques nécessaire à la compréhension des contraintes de la vie économique et des enjeux des politiques mises en place.
    Une perception rigoureuse des apports et des clivages de l’analyse économique est une condition essentielle d’une réflexion autonome.
    Pour décrypter les discours économiques,il faut connaître les pluralités des approches,ce qui permet de resituer ==à la fois==un argument précis dans sa logique d’ensemble mais aussi de percevoir les critiques ou les constatations auxquelles il peut donner lieu.

  • 17 mars 2015 à 16:56 | Sandry (#7931)

    « Grâce aux politiques de marché libre, le monde est sur le point d’un exploit historique, l’éradication totale de la pauvreté. »

    On s’emballe un peu trop là ! Quels sont les indicateurs qui permettent de faire de telles assertions ? Ce n’est certainement pas le nombre de millionnaires voire de milliardaires, qui avouons-le ne cesse de croitre. L’auteur semble oublier que l’économie est « un jeu à somme nulle », si quelqu’un s’enrichit, c’est au détriment de plusieurs autres. Si la richesse de certains croissent à une vitesse vertigineuse, la pauvreté d’autres connait une croissance exponentielle.

    Le libre marché a montré à plusieurs reprises ses limites. Il ne permet qu’une croissance, sans développement. Madagascar en sait quelque chose.

    • 17 mars 2015 à 18:25 | Gérard (#7761) répond à Sandry

      NON
      l’économie, bien heureusement, en créant des « richesses » n’est pas à somme nulle
      je laisse P Duhamel vous le démontrer mieux que moi
      http://www.lactualite.com/blogues/le-blogue-economie/leconomie-nest-pas-un-jeu-a-somme-nulle/
      NON PLUS
      le seul jeu des marchés, sans régulation de l’état, sans « redistribution » par l’impôt ne conduit qu’a l’aggravation des inégalités

    • 17 mars 2015 à 20:29 | Lekivy (#1953) répond à Gérard

      Merci, Gérard, pour le partage fort intéressant. En fait, les échanges sont plus constructives ici dès lors qu’on parle d’autres choses que la politique politicienne. Encourageant !

  • 17 mars 2015 à 20:42 | Lekivy (#1953)

    En tout cas, pour un pays comme Madagascar, qui dispose d’innombrables ressources mais a des moyens limités pour les exploiter rationnellement, ce n’est pas l’augmentation de la pression fiscale qui va nous aider, même si nous pensons parvenir à une meilleure redistribution des richesses en ce faisant.
    Lors d’une discussion avec un opérateur économique Mauricien, il a expliqué que son petit pays s’en sort mieux que beaucoup d’autres parce qu’ils ont plutôt opté pour une faible pression fiscale, ayant eu pour effet d’attirer les investisseurs, qui en retour créent des emplois, une augmentation du pouvoir d’achat, la diversification et l’utilisation des services, bref, l’économie tourne.
    Évidemment, cela demande une amélioration de la bonne gouvernance, et non une caisse de l’état vache à lait comme chez les Rainisoazanatasy.

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