« Les velléités de faire régner la terreur existent bel et bien. Nous ne sommes à la solde d’aucun politicien. Nous ne faisons pas de politique. Nous assurons l’ordre et la sécurité et nous pouvons vous affirmer que des terroristes sont aujourd’hui entre nos mains. Nous avons identifié l’un des poseurs de bombe artisanale du Leader Price Tanjombato. Nous avons aussi pris en flagrant délits des individus qui ont tenté de poser des bombes artisanaux dans les parages du commerce de Gastro Pizza à Analakely ce mardi 23 juin vers 20 heures. Aussi nous vous prions de croire que le terrorisme est en train de gagner le pays mais que les forces de l’ordre veillent aux grains. Nous vous demandons votre collaboration et la collaboration de la population pour qu’elle soit vigilante et qu’elle fournisse des informations en cas d’objet louche ». Ce sont les propos du commandant de l’Etat major mixte opérationnelle de la région Analamanga (EMMOReg) ce mercredi 24 juin lors d’une rencontre avec la presse à Ankadilalana.
En somme la terreur plane sur la ville. L’alerte à la bombe est effective. C’est la troisième tentative connue. La première fut celle du Leader Price Tanjombato qui a occasionné des dégâts à la consigne de cet établissement commercial. La seconde a été découverte dans un sachet plastique à Ankorondrano ; elle n’a pas explosé. La troisième est donc cette saisie faite sur un groupe d’individus que les forces de l’ordre ont surpris alors qu’il hésitait encore à passer à l’acte.
De puissants explosifs fait main
Il s’agit d’explosifs à piles avec détonateurs et commandes à distance. Les perquisitions effectuées aux domiciles des individus suspectés ont révélé d’autres explosifs et des bouteilles incendiaires. Tout le matériel est entre les mains des forces de l’ordre où ils font l’objet d’expertise indique le conférencier. Il indique que les explosifs sont assez puissants car ils peuvent causer des dégâts importants sur un rayon de 200 mètres.
Les poseurs de bombes ou d’explosifs sont passés aux aveux ont déclaré les forces de l’ordre de l’EMMOReg. Ils sont huit en tout dont une mineure de 17 ans. La jeune fille devait déposer les explosifs pour ne pas attirer l’attention des cibles. Les autres sont âgés entre 27 ans et 43 ans. Ils sont presque tous des employés du groupe Tiko : un livreur de produits, des agents de sécurité dont un chef de poste de sécurité, des employés de MBS et un chauffeur de taxi.
« Commandités depuis la France »
De ces aveux, affirme le conférencier et des investigations et recoupements effectués, les forces de l’ordre savent maintenant qu’il y eut connexion avec des commanditaires résidents en France qui seraient au nombre de deux : un malgache et un étranger à l’accent italien. Les perquisitions chez les exécutants locaux ont permis, a-t-on appris lors de cette rencontre d’Ankadilalana, de découvrir la somme de un million six cent mille ariary (ou huit millions fmg).
Par ailleurs, selon toujours les forces de l’ordre qui n’ont pas présenté les suspects comme elles le font d’habitude en pareille prise, les suspects ont admis qu’ils ne voulaient pas tuer mais seulement provoquer des troubles. Et c’est la raison pour laquelle ils ont hésité ce mardi 20 heures car l’affluence chez Gastro Pizza était encore assez importante. Aussi ils ont attendu que la clientèle se raréfie. Les raisons qui les ont poussé à verser dans ce genre d’actions terroristes, selon les forces de l’ordre qui rapportent les aveux sont qu’ils ne digèrent pas qu’ils soient privés de leur gagne-pain, de leur travail d’une part et d’autre part parce que « c’est trop calme » ou que la lutte est trop pacifique si l’on peut dire ainsi.
Recueilli par Bill








