Feuille de route ou pas, on croit comprendre depuis ce mois de juin 2011 que la décision du président de la HAT penche pour l’organisation des élections. Il a compris que ce qui est primordial est la reconnaissance nationale, et que la légitimité des structures ne s’obtient que par la voie des urnes. Des chefs politiques dans le camp de la HAT s’en réjouissent. Alain Rakotomavo, SG du Leader Fanilo ne s’en cache pas car l’idée des législatives était celle que ce parti avait rendu publique en septembre 2009, alors que la HAT, après avoir renié les accords de Maputo et d’Addis-Abeba, était en pleine recherche de la voie malgache de sortie de crise.
Mais Alain Rakotomavo émet le 22 juin 2011 des doutes. Il n’a pas confiance en ces directives données par le président de la HAT aux ministres qui doivent faire des tournées jusque dans les districts pour aider à la préparation de ces élections. Les ministres candidats ou supporters d’un candidat feraient alors indirectement de la propagande aux frais de l’État et de l’argent du contribuable en somme. L’égalité de chances des candidats à ces futures élections se trouve ainsi compromise. Il n’a pas non plus confiance en la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui cumule les fonctions de conseil d’administration et de directeur exécutif, donc de juge et de partie en quelque sorte. Le Leader Fanilo propose alors que la CENI ait un secrétaire exécutif qui soit issu d’un véritable appel d’offres qui réponde aux normes des marchés publics.
On ne sait si les intentions du Leader Fanilo rejoignent celles de la secrétaire général (SG) du ministère des Finances mais le même jour, le 22 juin 2011, la SG des Finances se voulait rassurante quant aux moyens financiers pour mettre en oeuvre ces élections. Le budget national a prévu 40 milliards d’ariary, souligne-t-elle, pour trois échéances électorales, à raison de 10 milliards d’ariary par scrutin. Par la même occasion elle a remis la CENI à sa place car cette dernière avait réclamé devant le Congrès de la transition son indépendance financière, en soulignant que la CENI est déjà autonome et indépendante financièrement mais qu’en tant qu’utilisateur de l’argent public, la même CENI est soumise aux règles de la comptabilité publique. Il lui faut un ordonnateur, un comptable, et procéder pour toutes dépenses ou achats à des appels d’offres. Surtout, la CENI est redevable devant la Cour des comptes.
Mais au-delà de ces perceptions, les événements de ces derniers jours font penser à des élections qui seront conditionnées et supervisées par la feuille de route et la communauté internationale. L’émissaire Leonardo Simão fait pression sur les autorités de la HAT pour que la feuille de route amendée soit adoptée et signée. Il a mis dans la balance le sort de Marc Ravalomanana qui ne dépendrait plus que de la HAT voire du Congrès de la transition. Il a même fait part des différentes étapes jusqu’aux Nations unies, en échange des aides humanitaires internationales, des appuis logistiques et aides financières pour les élections. En d’autres termes, des élections pour la légitimité et pour la reconnaissance nationale devraient être liées à la reconnaissance internationale ou du moins ne pas être dissociées des considérations internationales. Or, personne n’est sans savoir que ce sont des experts des Nations unies qui avaient annoncé qu’il fallait onze (11) mois pour préparer des élections transparentes, répondant aux normes internationale et crédibles. Qu’en sera-t-il demain ?




