Je comprends Poiuyt votre amour immense pour votre « dada » mais cela ne doit pas aller jusqu’à la désinformation, ou à la reprise sans réfléchir d’une désinformation publiée ailleurs (je vous accorde le bénéfice du doute d’une citation car vous mettez un guillemet dans votre réaction, sans le fermer). En effet, la Cour internationale de Justice ne se prononce jamais sur des faits qui ne sont pas liés à des affaires pendantes devant elle. Le cas du procès de Ravalomanana n’est pas devant la CIJ et ne le sera jamais parce qu’il ne s’agit pas là d’un différend interétatique, et il est simplement impensable qu’un organe d’une organisation internationale autorisée demande un avis consultatif sur la légalité de la poursuite de Ravalomanana (l’Union africaine et la SADC ne font pas partie de ces organisations autorisées). Sur le plan du principe, une réaction de la CIJ sur ce procès est donc impossible. Mais si vous ne me croyez pas, il suffit de vérifier sur le site de la Cour (www.icj-cij.org) et vous n’y verrez rien qui vous fera plaisir.
Pourrait-il s’agir d’une erreur de juridiction, en confondant la CIJ et la CPI (Cour pénale internationale) ? Mais là non plus, rien sur le procès ne peut être trouvé sur le site de la Cour pénale (www.icc-cpi.int) et celle-ci ne pourrait d’ailleurs pas être saisie des évènements du 7 février ni d’aucun autre évènement récent à Madagascar car, si graves soient-ils, ceux-ci ne constituent pas un génocide, des crimes contre l’humanité ou de crimes de guerre, les seuls crimes internationaux qui sont actuellement de la compétence de la CPI (voir le Statut de Rome de la CPI, adopté en 1998 et entré en vigueur en 2002 ; Madagascar n’a ratifié le Statut que depuis le 14 mars 2008, ce qui signifie que la CPI ne pourra connaître des crimes commis à Madagascar avant cette date, en vertu du principe de non-retroactivité).
Bref, avant de poster n’importe quoi, par fanatisme, vérifier au moins votre information. Cela étant, cela m’intéresserait de lire, si elle existe, la version officielle du pseudo-réaction de la CIJ sur le procès et sur la condamnation de Ravalomanana.
Sur le fond, la question à mon avis est de savoir si, durant le procès, des preuves irréfutables ont été apportées que votre « Dada » a donné l’ordre de tirer sur les manifestants non-armés. Si oui, il est donc coupable et la sanction qui lui a été infligée est tout à fait proportionelle au crime commis, et ce n’est pas parce qu’il était Président de la République à l’époque qu’il peut faire tuer ses compatriotes impunément. D’ailleurs, pour honorer l’obligation de Madagascar de protéger le droit à la vie, en vertu des textes internationaux sur les droits de l’homme auxquels l’Etat est partie, les autorités malgaches - de facto ou de jure - doivent faire la lumière sur l’évènement du 7 février et d’autres évènements similaires et d’en punir les responsables. C’est donc une bonne chose de fait, et il reste à faire la lumière sur d’autres évènements dans lesquels des individus ont perdu la vie pour mettre fin à la culture de l’impunité qui semble s’installer chez nous. Cela étant, la condamnation pénale n’est pas la seule voie pour lutter contre l’impunité et guérir les plaies du passé, mais toutes les voies d’une « justice transitionnelle », selon l’expression consacrée, ont en commun la connaissance de la vérité et la reconnaissance de culpabilité, seules les conséquences de cette constatation diffèrent. Commençons donc par établir cette vérité et désigner tous les coupables, quel que soit sa « mouvance », et laissons le peuple décider s’il veut que de telles personnes les représentent encore dans les différentes sphères de l’administration. C’est le vrai sens de « vérité et réconciliation », mais de nombreux politiciens malgaches semblent insister sur la réconciliation et comprend le processus comme « impunité et réconciliation ».
Vive la lutte contre l’impunité à Madagascar, sans fanatisme ni position partisane !
Tsimanavaka