Le colonel Richard Ravalomanana, commandant de l’Emmo Régionale, a convoqué la presse hier Mardi 20 avril pour rendre compte de l’enquête à la suite des arrestations effectuées dimanche dernier sur fonds de rumeurs de coup d’État.
Selon le colonel, l’enquête est encore en cours, mais il entendait avant tout démontrer que, contrairement à ce qu’une partie de l’opinion pense, cette découverte d’une tentative de coup d’État n’était pas une machination médiatique. « Ce n’était pas du cinéma. Si cela en était, comment les instigateurs d’une mise en scène auraient obtenu la complicité de 5 personnes connues pour ayant travaillé avec des personnes opposées au régime actuel ? Si c’était du cinéma, il n’y aurait pas eu opposition physique et les visages de certaines personnes arrêtées ne porteraient pas des signes de tuméfaction ».
Et le chef de l’EmmoReg de profiter de l’occasion pour revenir sur les doutes similaires exprimés il y a quelques mois sur la réalité des bombes artisanales. « Si cette affaire de bombes était du cinéma, il n’y aurait pas eu 4 morts, des engins n’auraient pas explosé dans les mains de ceux qui les manipulaient. Si c’était du cinéma, les malgaches auraient un souci du réalisme qui dépasserait largement Hollywood. J’espère seulement que les personnes qui accusent les forces de l’ordre de se prêter à des mises en scène ne seront jamais victimes d’une explosion ». Le colonel restait toutefois prudent sur qui pourraient être les instigateurs de ces actes, se contentant d’évoquer « sans doute des hommes politiques ».
Évoquant le climat général de la sécurité, Richard Ravalomanana a rappelé l’arrestation de bandits de grand chemin sur la route nationale 7 à Beronono, à proximité d’Ambositra. Huit personnes ont été arrêtées, des armes de guerre et des uniformes militaires ont été découverts et des liens étroits avec la bande de Solovelo Régis et les affaires de kidnapping de karana ont été mis à jour.
Un militaire et un gendarme ont été arrêtés dans le cadre de cette enquête. Pour ce qui est du gendarme, il avait déjà été arrêté dans le cadre d’une affaire antérieure, mais il a apparemment bénéficié d’une sortie sous la forme de mise à disposition de main d’oeuvre pénale.
Le responsable de la Gendarmerie devait donc attirer l’attention de tous les échelons sur la nécessité de renforcer la sécurité publique et révéler que d’autres cas d’attaques par des coupeurs de route existaient, mais qu’elles n’étaient pas toutes publiées. Ainsi, une haute personnalité aurait été victime de faux gendarmes sur cette route nationale 7.
Il lançait par la même occasion un appel à collaboration publique pour retrouver Ratsimba Harinjaka, dit « Njaka Commando », 45 ans, suspecté dans ces affaires d’attaques sur les routes nationales et d’enlèvement de Karana.
Le colonel Richard Ravalomanana reconnaissait implicitement que le climat actuel nuisait à l’image de la Gendarmerie. À preuve, le cas d’un élément de la gendarmerie grièvement blessé au cours d’une patrouille de nuit à Ambohimamory Itaosy, lundi dernier vers 18 heures 30. Alors qu’il s’agissait d’une patrouille de routine, des habitants ont cru que les gendarmes voulaient arrêter le Pasteur des lieux et s’en s’ont pris aux gendarmes qui ont préféré, dans ces circonstances, ne pas faire usage de leurs armes. Le colonel Ravalomanana devait ajouter qu’une enquête était en cours sur des allégations selon lesquelles l’un des gendarmes était en état d’ébriété.
Recueilli par Yann








