LE RENVERSEMENT DE RAVALOMANANA PAR LA FORCE N’EST PAS UNE SOLUTION
D’après les dernières nouvelles, il ne manquerait plus que le ralliement aux putschistes de l’ensemble de la gendarmerie et de la police, pour que Ravalomanana soit renversé.
Mais les putschistes savent-ils que le renversement de Ravalomanana par la force ne sera pas une solution durable, ni sur le plan local, ni vis-à-vis de la communauté internationale ?
Sur le plan local, je ferai partie de ceux qui trouveront cet acte contestable dans un Etat de droit, et mettront tout en œuvre pour le contester. Cela n’apportera donc nullement le retour au calme escompté.
La communauté internationale, par la voix de Jean Ping de l’UA a prévenu que toute prise de pouvoir par la force sera inacceptable. Et d’ailleurs, y a qu’à voir où en sont aujourd’hui la Mauritanie et la Guinée équatoriale, qui ont connu des coups d’Etat militaires. Il faudra attendre 2 ou 3 ans, pour que les bailleurs de fonds (à commencer par le FMI) consentent à redonner l’aide financière. Et ceux qui estiment que Madagascar peut se passer de l’aide financière internationale trahissent leur ignorance de la misère de ce pays devenu un des plus pauvres au monde !
Pour qu’une solution à la présente crise (y compris le renversement éventuel de Ravalomanana) soit incontestable, donc durable, il faut qu’elle soit légale et légitime.
Pour qu’elle soit légale, il faut qu’elle repose sur des dispositions de la Constitution malagasy. Et en démocratie, c’est le peuple qui confère la légitimité.
Nous sommes un Etat de droit, régi notamment par une constitution.
Que nous dit la Constitution malagasy ?
« Article 6 : La souveraineté appartient au peuple, source de tout pouvoir, qui l’exerce par ses représentants élus au suffrage universel direct ou indirect ou par la voie référendaire (...) ».
Notre constitution prévoit donc bien le recours au référendum.
C’est ce que confirme l’article 54 :« (...) Il [le Président de la République] peut, sur toute question importante à caractère national, décider en Conseil des Ministres de recourir directement à l’expression de la volonté du peuple par voie de référendum.(...) ».
Je suggère donc qu’un référendum soit organisé le dimanche 7 juin 2009 (cela laissera environ 3 mois aux protagonistes pour faire campagne).
La question posée serait la suivante :
« Mety ve ny hanohizan’i Marc Ravalomanana ny asan’ny filoham-panjakana ? » (« Marc Ravalomanana peut-il continuer son mandat de Président de la République ? »).
Si le « oui » l’emporte, on le laisse terminer son mandat, et même se représenter éventuellement une 2ème fois.
Si le « non » l’emporte, on organise une nouvelle élection présidentielle 3 mois après : 1er tour le dimanche 6 septembre 2009, et application des dispositions de l’article 47 de la Constitution relatives à l’élection présidentielle.
Le référendum se déroulerait sur toute l’île.
Et pour que les putschistes (et leur chef Andry Rajoelina) sachent ce que pense le peuple de leur action, le même jour (dimanche 7 juin 2009) un référendum serait aussi organisé uniquement à Antananarivo, avec cette fois-ci la question :
« Ankasitrahanao ve ny fomba hanatanterahan’i Andry Rajoelina ny asan’ny Ben’ny tanànan’Antananarivo ? » (« Approuvez-vous la façon dont Andry Rajoelina accomplit son mandat de Maire de Tananarive ? »).
Si le « oui » l’emporte, on le réhabilite maire, et on le laisse continuer son mandat.
Si le « non » l’emporte, on organise une nouvelle élection municipale à Antananarivo 3 mois après : 1er tour le dimanche 6 septembre 2009.
Tous ceux qui se proclament « champions de la démocratie » ne devraient pas craindre le verdict populaire !
Bien entendu, tout sera mis en œuvre, pour que ces 2 référendums se déroulent de la façon la plus libre, transparente et irréprochable qui soit.
Pour conclure, voici un article de la Constitution destiné à faire réfléchir les protagonistes : article 43 : Les fonctions au service des Institutions de l’Etat ne peuvent constituer une source d’enrichissement ni un moyen de servir des intérêts privés.