L’anniversaire du 29 mars 1947 n’a pas manqué de piquant. Journée de recueillement suivant la nature de l’événement mais en fait plutôt agitée. 63 ans après, Madagascar n’a pas encore réussi à faire du souvenir de cette journée une date de l’histoire à célébrer en tant que telle.
D’ailleurs des petites polémiques ont eu lieu avant ce jour entre les partisans de la commémoration, ceux de la célébration, ceux du recueillement et du souvenir et de la rétrospection collective. Mais la réalité a tranché. Certes il y a eu des manifestations officielles. À Moramanga dépôt de gerbes par les hautes autorités et pose de la première pierre de la future Musée du 29 Mars. À Antananarivo également dépôt de gerbes. Une chorale y était présente pour donner toute la solennité à l’événement. Un repas a été offert à nos anciens liés à cette commémoration. Il y a eu des remises de médaille.
Mais ce que l’on retiendra surtout ce sont tous les incidents qui ont émaillé cette journée. Samedi dans la soirée une voiture Peugeot sans immatriculation commençait à brûler. Les réactions ont été assez rapides pour éteindre le feu avec l’aide des pompiers. Mais on trouvera dans cette voiture des bidons contenant 25 litres d’essence, une bouteille de gaz et des torchons en quantité. Cela pouvait être un gros feu explosif avec les dégâts que l’on imagine.
La pose des gerbes à Ambohijatovo Antananarivo a été la plus spectaculaire. Cela a commencé par des applaudissements d’un côté de la foule et des huées avec banderoles et des sifflets de l’autre. Puis des échauffourées entre deux clans retransmis par la télé et faisant voir des amateurs de sport de combat exerçant leur talent. Mais surtout les gerbes, déposées précédemment par les autorités et des groupes traditionnels en pareille circonstance, ont été jetées un peu partout et piétinées pour être remplacées par d’autres gerbes apportées par cette deuxième vague. Les membres de la chorale ont été malmenés. Les forces de l’ordre ne sont intervenus que beaucoup plus bas sur l’avenue de l’Indépendance pour disperser la foule.
Bien entendu chaque camp attribuera la responsabilité des événements aux autres. Attendons la suite, si suite il y aura.







