Quoi qu’on dise, le dialogue est dans l’impasse. Andry Rajoelina ne veut plus entendre parler de dialogue tant que le président Marc Ravalomanana ne démissionne pas. Il le traite de criminel. Le Conseil œcuménique des églises (FFKM) est même accusé de complicité par les partisans du mouvement de la Place 13 mai. Malgré cela, le FFKM continue d’implorer la sérénité de la population et des parties en conflit pour trouver les voies d’apaisement à une reprise du dialogue.
Depuis le lundi 16 février dernier pourtant, le mouvement de la Place 13 mai a pris la décision de mettre davantage de pression, autant sur les bonnes volontés du FFKM que sur les partisans de la légalité. La marche pour la prise des ministères est déclenchée.
En fait, c’est le même schéma que la marche pour la prise des ministères en 2002 qui a été utilisé : les « mpiandry » au devant de la scène et la colonne des partisans derrière. Le principe est la marche non violente. Mais c’était sans compter sur les éléments incontrôlés ou les « casseurs », selon le terme que l’on préférera.
C’était aussi sans compter sur la fermeté et la loyauté des forces de l’ordre. Les portes et portails des bâtiments administratifs que les partisans de Andry Rajoelina ont voulu investir ont été cadenassés. Aucun interlocuteur de disponible. La première tentative a échoué. Elle s’est même soldée par une dérive et des pratiques hooliganesques.
Pour une crise chronique
Pris de court par la tournure des événements, Andry Rajoelina se veut rassurant et réitère sa détermination à déboulonner Marc Ravalomanana. La stratégie adoptée est le sit-in devant les locaux des ministères pour étouffer l’appareil administratif.
Mais jusqu’à quand les manifestants supporteront-ils ? Quid des partisans du régime en place ? Et des partisans de la légalité ? Et des autres qui haussent de plus en plus leur voix car ils ont toujours été laissés pour compte et pris en otages ? Les ministères sont inaccessibles et l’adhésion à l’anarchie de la rue ne fait pas l’unanimité. La déchéance du président Ravalomanana réclamée par les partisans du mouvement de la Place 13 mai, non plus. Surtout de la part d’une partie non négligeable de la population qui s’est rassemblée par deux fois au stade de Mahamasina.
Pour éviter l’usage de la force, le dialogue est décidé par le ministre de la Défense nationale, le Vice Amiral Ranaivoniarivo Mamy Solofoniaina. Il a fait le déplacement à Anosy pour rencontrer la délégation des manifestants de la Place 13 qui ont observé près de quatre heures durant, un sit-in sur les lieux dans la perspective de prendre les ministères de l’Intérieur, de l’Aménagement du Territoire et des Travaux publics.
En tout cas, au lieu de prise de ministère, il est possible d’observer la voie du dialogue, une option jusqu’ici rejetée publiquement par Andry Rajoelina tant que le président Marc Ravalomanana demeure chef de l’Etat.




