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vendredi 25 septembre 2020
Antananarivo | 23h18
 

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2 décembre 2019 à 19:14 | Zanabahoaka (#8890)

Bonjour,

J’aimerai partager ce que j’ai vécu et ce que mes entourages m’ont raconté sur cette liste électorale depuis les élections présidentielles de 2018 (et ce dont j’ai vérifié sur le site internet de la CENI où l’on pouvait vérifier en ligne si l’on y était ou pas).

Souvenez-vous avant ces présidentielles. La CENI avait déjà fermé la liste électorale en février (excusez-moi si les dates ne sont pas exactes). Mais peut-être qu’ici certains se souviendront que même si cette liste a été close fin février, la CENI a décidée de rouvrir la liste durant 15jours en début Mai pour que ceux qui n’étaient pas dans cette liste initiale puissent s’inscrire.

A l’issue des 15 jours, la CENI a publié par région le nombre de nouveaux citoyens ajoutés à la dite liste. Et bizarrement, quand j’ai décortiqué ces nouveaux entrants, il se trouvait qu’à Antananarivo, il n’y avait que 3% de de nouveaux entrants alors que dans certaines régions, le % de nouveaux entrants atteignait les 27% (La région d’Ihorombe par exemple). Bizarrement aussi, à cette période correspondait la découverte de centaines de fausses cartes d’identité dans certaines régions.

J’ai émis une hypothèse à l’époque que parmi ces nouveaux entrants existaient de faux électeurs introduits pour le compte du candidat d’Etat de l’époque. Certains d’entre vous se souviendront aussi du sondage censuré du journal Jeune Afrique qui créditait le candidat au pouvoir d’environ 4,5% des suffrages. J’ai recompté les nouveaux entrants, ils permettaient en effet de gagner 4% en plus s’ils sont tous crédités sur un seul candidat.

Et l’élection arriva. Le jour du premier tour, on notait à partir des publications sur les réseaux sociaux l’existence de nombreux doublons dans la liste électorale. Moi-même, j’étais un doublon quand j’ai vérifié en ligne sur le site de la CENI avec mon numéro de CIN alors que je n’ai reçu qu’une seule carte d’électeur (il y avait une faute sur mon nom et j’étais inscrit dans 2 bureaux de votes : l’un, avec mon vrai nom en Salle 1 et l’autre avec la faute en Salle 10, c’est la carte d’électeur de ce dernier que j’ai reçu du Fokontany). J’ai pu voter en Salle 10, et j’ai fait remarquer en Salle 1 que j’étais en doublon. Le président du bureau a immédiatement rédigé un PV sur les faits dont je lui ai fait part et effectivement, mon vrai nom était dans la liste de la Salle 1.

Pareille pour une proche amie. Elle a reçue 2 cartes d’électeurs de 2 bureaux de votes d’Ambohipo, et elle m’a raconté qu’elle n’avait aucun scrupule à voter 2 fois dans les 2 bureaux car elle a pu s’extirper tranquilou du 1er bureau sans avoir mis de l’encre sur son pouce gauche. La différence entre ses deux cartes, c’était le nom de ses parents. On dirait que certaines personnes au niveau du service de saisie de la CENI ont mis des doublons en faisant exprès de ne changer q’une lettre dans le nom de la personne ou le nom des parents avec le même numéro de CIN. Ce qui a probablement abouti à des milliers de doublons de la liste électorale de ces présidentielles.

Les résultats, on le sait tous. Le candidat du pouvoir a été crédité de 8% et quelques (ce qui correspond à ces 4% du sondage du Jeune Afrique et des 4% en plus des nouveaux entrants que j’ai calculé). Sur le coup, le candidat au pouvoir a perdu. Ils ont probablement calculé un score serré entre lui et le candidat du TIM et ont espéré accéder au second tour avec ces 4% en plus si c’était en vrai genre 18 contre 16%.

Ensuite, je n’ai pas voté aux législatives. Je ne peux rien dire sur ce qui c’était passé. Mais dernièrement aux municipales, je me suis rendu aux urnes avec la carte d’électeur de la Salle 10 qui m’a été fournie et a été tamponnée aux dernières présidentielles. Grand fut mon étonnement quand j’ai découvert que je n’étais plus inscrit dans ce bureau. Les membres de ce bureau m’ont gentiment conseillés de vérifier mon nom avec le Fokontany qui était dehors avec toutes les listes. Quand j’ai vérifié, il se trouvait que je n’était plus dans la liste de la Salle 10 mais j’étais quand même inscrit dans la Salle 1, avec mon vrai nom, sans fautes. Je me suis rendu à la Salle 1 et j’ai pu voter.

En rentrant chez moi, je découvre sur les réseaux sociaux l’existence d’une liste de milliers de doublons des 6 Districts de Tanà. Un Pdf qui de 100pages avec des noms écorchés mais le même CIN comme le mien auparavant. Et le président adjoint de la CENI qui feint d’expliquer aux membres des bureaux de vote qu’il faudrait que le nom sur la CIN et la liste matchent complètement sinon "niet".

En analysant le truc et se basant que sur mon cas, je suppose que la CENI était au courant de l’existence des milliers de doublons avec des noms écorchés exprès depuis les Présidentielles. Ils ont probablement nettoyés certains (comme le mien car j’ai insisté auprès du président du bureau de rédiger un PV) pour qu’on ne les épinglent pas s’il y a vérification. Mais il faut le dire, il n’ont pas tout nettoyé et ont supprimé de vrais électeurs avec ces doublons alors qu’ils ont affirmé qu’ils n’ont en aucun cas retouché la liste depuis les législatives.

En conclusion, ce que j’ai raconté ne sont en aucun cas des preuves qu’il y a magouilles. Mais c’est douteux, et la CENI ne peut être super propre. En somme, on utilise les mêmes formules qui ont fonctionné depuis des lustres à Madagascar sans que la masse n’y voit que du feu. Mais force est de constater qu’ils deviennent de plus en plus rusés et s’adaptent rapidement si certains commencent à découvrir le pot aux roses. Mais ce n’est pas du tout nouveau au pays des moramora, nullement un scoop.

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