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	<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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	<description>L'actualit&#233; &#224; Madagascar. Informations politiques, &#233;conomiques, sociales, culturelles et sportives. Tourisme, m&#233;t&#233;o, guides pratiques, dossiers et reportages.</description>
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		<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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		<title>Diaspora, du devoir au d&#233;sir</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Convoqu&#233;e partout, la diaspora malagasy reste pens&#233;e comme une ressource &#224; capter : transferts, comp&#233;tences, investissements. Une question manque : pourquoi aurait-elle envie de le faire ? Une diaspora n'est pas h&#233;r&#233;ditaire ; elle se reconstruit &#224; chaque g&#233;n&#233;ration, et l'envie ne se d&#233;cr&#232;te pas. &#192; la veille des Assises Nationales de la Diplomatie Malagasy, plaidoyer pour passer du devoir au d&#233;sir : donner aux nouvelles g&#233;n&#233;rations une bonne raison de rester dans la famille. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'invitation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo-22-81001.jpg?1789158196' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Convoqu&#233;e partout, la diaspora malagasy reste pens&#233;e comme une ressource &#224; capter : transferts, comp&#233;tences, investissements. Une question manque : pourquoi aurait-elle envie de le faire ? Une diaspora n'est pas h&#233;r&#233;ditaire ; elle se reconstruit &#224; chaque g&#233;n&#233;ration, et l'envie ne se d&#233;cr&#232;te pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la veille des Assises Nationales de la Diplomatie Malagasy, plaidoyer pour passer du devoir au d&#233;sir : donner aux nouvelles g&#233;n&#233;rations une bonne raison de rester dans la famille.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20975 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH419/illustration_1-8-efad3.jpg?1789158196' width='500' height='419' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'invitation qui m'a &#233;t&#233; faite &#224; participer aux Assises Nationales de la Diplomatie Malagasy m'a remis devant un de ces sujets dont nous parlons beaucoup : la diaspora.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On la convoque partout : strat&#233;gies nationales, discours minist&#233;riels, colloques, ateliers, rapports de consultants et PowerPoint institutionnels o&#249; des fl&#232;ches relient Paris, Montr&#233;al, Bruxelles ou Washington &#224; Madagascar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les diapositives, tout circule : l'argent, les comp&#233;tences, les investissements, les r&#233;seaux, l'expertise. Il ne manque g&#233;n&#233;ralement que les gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car nous commen&#231;ons presque toujours par ce que la diaspora pourrait apporter. Combien transf&#232;re-t-elle ? Combien pourrait-elle investir ? Comment mobiliser ses comp&#233;tences, attirer ses entrepreneurs, faire revenir ses chercheurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il en manque toujours une : pourquoi aurait-elle envie de le faire ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Nous sommes devenus de remarquables plombiers&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Lettre de Politique Nationale d'Engagement de la Diaspora, la LPNED, est int&#233;ressante. Inutile de lui faire un mauvais proc&#232;s. Elle reconna&#238;t la diaspora comme acteur du d&#233;veloppement et &#233;voque confiance, jeunesse, culture, mobilit&#233;, investissement, comp&#233;tences et participation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sa logique reste classique : la diaspora poss&#232;de des ressources, organisons-nous donc pour mieux les mobiliser. Capital financier, &#233;conomique, technique, professionnel, culturel, politique : elle a manifestement beaucoup de capital. Nous voil&#224; rassur&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste &#224; trouver les bons robinets : faciliter transferts et investissements, am&#233;liorer les proc&#233;dures, identifier les comp&#233;tences, ouvrir des guichets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes devenus de remarquables plombiers de la diaspora.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement voil&#224; : un tuyau, m&#234;me bien r&#233;glement&#233;, ne produit pas l'eau. Et nous r&#233;fl&#233;chissons beaucoup moins &#224; la source.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une diaspora n'est pas h&#233;r&#233;ditaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour celui qui a quitt&#233; Madagascar &#224; trente ans, l'appartenance n'est pas abstraite. Il reste la famille, la maison, le village, les mots, les souvenirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais son fils ? Sa petite-fille ? Le jeune n&#233; &#224; Lyon qui comprend vaguement le malgache ? La jeune ing&#233;nieure de Bruxelles dont Madagascar se r&#233;sume aux vacances et aux commentaires familiaux sur la politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous faisons parfois comme si la diaspora se transmettait g&#233;n&#233;tiquement. Malheureusement, l'identit&#233; n'est pas un groupe sanguin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une diaspora doit se reconstruire &#224; chaque g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus int&#233;ressant est que la LPNED conna&#238;t presque la r&#233;ponse. Dans sa d&#233;finition apparaissent trois notions essentielles : histoire, identit&#233;, exp&#233;rience partag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lorsque la LPNED devient op&#233;rationnelle, ces mots s'effacent derri&#232;re les instruments. On sait ce qui fabrique une diaspora. Puis on organise surtout ce qu'elle pourrait produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est comme conna&#238;tre les conditions pour faire pousser un arbre et consacrer ensuite la politique agricole &#224; compter les fruits.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le retour aux sources est une curieuse id&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La LPNED parle de langue, de culture, de jeunesse, de &#171; retour aux sources &#187;. Fort bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette expression suppose qu'une identit&#233; malgache attend le jeune diasporique, rang&#233;e dans une armoire entre un lamba et quelques photos s&#233;pia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jeune Franco-Malgache n'est pas un Malgache momentan&#233;ment &#233;gar&#233; en France. Il est aussi fran&#231;ais. Cette pluralit&#233; constitue pr&#233;cis&#233;ment la richesse d'une diaspora.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son identit&#233; n'est pas &#224; restaurer. Elle est &#224; construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut donc pas seulement emp&#234;cher qu'il &#171; perde &#187; Madagascar, mais faire en sorte que le pays soit assez vivant et familier pour qu'il veuille le garder.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et l'Histoire, dans tout cela ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On parle volontiers de culture, de langue, de musique, de gastronomie. Mais que transmettons-nous de notre histoire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que conna&#238;t un jeune diasporique des royaumes, des r&#233;sistances, de la colonisation, de 1947, de l'ind&#233;pendance, des choix politiques, des r&#233;ussites et des impasses ? Que sait-il de ceux qui ont pens&#233;, combattu, enseign&#233;, cr&#233;&#233;, soign&#233;, entrepris ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On appartient pourtant difficilement &#224; une histoire dont on ne conna&#238;t aucun personnage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de fabriquer un roman national bien repass&#233; o&#249; tous auraient &#233;t&#233; h&#233;ro&#239;ques depuis quatre si&#232;cles. Entre propagande patriotique et amn&#233;sie, une place existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons besoin de h&#233;ros. M&#234;me imparfaits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot provoque chez l'intellectuel correctement form&#233; une crispation. Il imagine statues, hymnes, moustaches militaires et quelques d&#233;tournements commis au nom de la Patrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut simplement des figures montrant ce qu'un Malgache a pu faire : chercheur, &#233;crivain, m&#233;decin, entrepreneur, artiste, enseignant, sportif, inventeur, responsable associatif, b&#226;tisseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des femmes et des hommes qui disent : &#171; Quelqu'un issu de cette histoire a essay&#233;. &#192; toi de voir ce que tu peux en faire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nation transmet aussi r&#233;cits, blessures, victoires, contradictions. C'est ainsi que l'on fabrique une m&#233;moire habitable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du devoir au d&#233;sir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le discours adress&#233; aux diasporas repose encore sur une vieille m&#233;canique morale : vous &#234;tes partis, vous avez &#233;tudi&#233;, vous avez r&#233;ussi, vous devez maintenant rendre quelque chose au pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette injonction peut fonctionner avec la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration. Deux g&#233;n&#233;rations plus tard, elle devient fragile : difficile de demander &#224; quelqu'un de rembourser une dette qu'il n'a jamais contract&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc passer du devoir au d&#233;sir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar doit aussi leur apporter quelque chose : une exp&#233;rience, un r&#233;seau, une opportunit&#233;, un projet, une rencontre, une possibilit&#233; d'&#234;tre utile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas du mat&#233;rialisme. C'est la base d'une relation &#233;quilibr&#233;e. Les histoires d'amour finissent mal, en g&#233;n&#233;ral, lorsqu'un seul des partenaires demande constamment de l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Il faut fabriquer des exp&#233;riences&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La LPNED pr&#233;voit mobilit&#233;, volontariat et &#233;changes de jeunes. C'est une piste majeure. Mais attention &#224; notre passion administrative pour les indicateurs : combien de jeunes, de missions, d'accords, de s&#233;jours ? Nous en ferons de beaux tableaux Excel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien veulent revenir ? Combien ont gard&#233; leurs contacts ? Combien ont d&#233;couvert un domaine d'action &#224; Madagascar ? Combien ont cr&#233;&#233; un projet ? Combien int&#232;grent d&#233;sormais le pays dans leur horizon professionnel, culturel ou civique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un s&#233;jour de trois semaines o&#249; un jeune travaille avec des Malgaches de son &#226;ge sur un projet r&#233;el peut faire davantage pour l'engagement diasporique que vingt conf&#233;rences sur &#171; la mobilisation des comp&#233;tences de la diaspora &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Parce que l'appartenance ne se proclame pas. Elle s'exp&#233;rimente.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous avons quelques talents : dossier incomplet, tampon manquant, signature du monsieur absent, petits pouvoirs, susceptibilit&#233;s, m&#233;fiance envers celui qui revient de l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jeune qui agit et voit un r&#233;sultat reviendra probablement. Celui qui rencontre surtout bureaucratie et soup&#231;on apprendra quelque chose sur Madagascar, mais pas n&#233;cessairement ce que nous avions pr&#233;vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une diaspora ne veut pas seulement &#234;tre utile&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle veut aussi &#234;tre reconnue. Pas uniquement lorsqu'on cherche un investisseur, qu'il faut financer une &#233;cole ou qu'un minist&#232;re souhaite un expert gratuitement mercredi prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle veut pouvoir r&#233;fl&#233;chir, proposer, construire, critiquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui peut &#234;tre le signe qu'elle commence r&#233;ellement &#224; se sentir chez elle : l'appartenance familiale commence lorsque l'on vous reconna&#238;t enfin le droit d'&#234;tre p&#233;nible.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Peut-&#234;tre faut-il maintenant un acte II&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de jeter la LPNED aux orties. Ce serait facile et injuste. Elle a pos&#233; des bases. Elle a construit une infrastructure de mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Assises Nationales de la Diplomatie Malagasy pourraient imaginer la suite : l'infrastructure de l'appartenance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transmettre l'histoire. Faire conna&#238;tre les grandes figures malgaches. Faire vivre langue et culture contemporaine. Organiser des immersions. D&#233;velopper le mentorat. Relier les jeunes du pays et ceux de la diaspora. Construire des communaut&#233;s professionnelles transnationales. Favoriser les projets communs. Donner &#224; la diaspora une place r&#233;elle dans les politiques qui la concernent. Cesser de commencer par ce que nous voulons obtenir d'elle et commencer par ce que nous voulons construire avec elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de demander : &#171; Que peut apporter la diaspora &#224; Madagascar ? &#187;, demandons : &#171; Quel Madagascar voulons-nous transmettre &#224; nos enfants &lt;strong&gt;pour qu'ils aient envie d'en &#233;crire la suite ?&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car avant de demander &#224; une diaspora son argent, ses comp&#233;tences, ses r&#233;seaux et ses investissements, il faudrait peut-&#234;tre lui offrir quelque chose de plus difficile &#224; produire : une histoire &#224; conna&#238;tre, des h&#233;ros &#224; discuter, une culture &#224; habiter, une place o&#249; agir et, &lt;strong&gt;surtout, une bonne raison d'avoir encore envie de rester dans la famille.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) - Septembre 2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Rafetsy&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript17659551306aa4890bddb119.08686107&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le lieu o&#249; tenir &#8211; Chapitre 3. Le raccourci qui ne devrait pas exister</title>
		<link>https://www.madagascar-tribune.com/Le-lieu-ou-tenir-Chapitre-3-Le-raccourci-qui-ne-devrait-pas-exister.html</link>
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		<dc:date>2026-09-08T05:17:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce travail de r&#233;flexion en quatre volets est n&#233; d'un basculement : le rapprochement acc&#233;l&#233;r&#233; de Madagascar avec la Russie &#8212; reconnaissance diplomatique, accords &#233;conomiques, formateurs militaires &#8212; pr&#233;sent&#233; comme un changement d'&#232;re. Beaucoup y lisent une rupture g&#233;opolitique. J'y ai vu autre chose : la r&#233;p&#233;tition d'un geste ancien, celui d'un pouvoir qui va chercher au-dehors la l&#233;gitimit&#233; et les moyens qu'il ne trouve plus au-dedans. C'est ce geste, davantage que le partenaire du moment, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo-21-136a0.jpg?1789158196' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce travail de r&#233;flexion en quatre volets est n&#233; d'un basculement : le rapprochement acc&#233;l&#233;r&#233; de Madagascar avec la Russie &#8212; reconnaissance diplomatique, accords &#233;conomiques, formateurs militaires &#8212; pr&#233;sent&#233; comme un changement d'&#232;re. Beaucoup y lisent une rupture g&#233;opolitique. J'y ai vu autre chose : la r&#233;p&#233;tition d'un geste ancien, celui d'un pouvoir qui va chercher au-dehors la l&#233;gitimit&#233; et les moyens qu'il ne trouve plus au-dedans. C'est ce geste, davantage que le partenaire du moment, que ce t&#233;traptyque entreprend d'interroger : d'o&#249; vient-il, que co&#251;te-t-il, comment en sortir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier volet montrait comment la structure d'incitation du pouvoir r&#233;compense le survivant contre le b&#226;tisseur ; le deuxi&#232;me, que les visions n'ont jamais manqu&#233;, mais bien l'architecture &#8212; fiscale d'abord &#8212; capable de les faire survivre &#224; leur auteur. Ce troisi&#232;me volet offre une lecture d'autres racines du mal : l'extraversion, la bascule coloniale, et ce raccourci que les &#201;tats devenus autonomes, eux, n'ont jamais eu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar n'a pas souffert d'avoir trop peu de ressources. Le pays a souffert d'avoir toujours trouv&#233;, dans les moments critiques, quelqu'un pour lui &#233;viter de construire les siennes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III. Le raccourci qui ne devrait pas exister&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_20970 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH282/illustration_1-7-92a88.jpg?1789158196' width='500' height='282' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le pi&#232;ge du faux argument de la &#171; mentalit&#233; &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; &#224; ce point de la d&#233;monstration, une tentation nous guette. Elle est ancienne, confortable et surtout tr&#232;s &#233;conomique en mati&#232;re grise : tout expliquer par la &#171; mentalit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lites malgaches auraient donc une mentalit&#233; du court terme. Elles manqueraient de responsabilit&#233;, de sens de l'&#201;tat, de vision. Il suffirait alors de dater l'apparition de cette &#233;trange disposition d'esprit et, hop, nous tiendrions l'explication&#8230; La mentalit&#233; a bon dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les m&#234;mes raisons que nous refusions, dans le volet pr&#233;c&#233;dent, de tout expliquer par la corruption, il faut r&#233;sister ici &#224; cette facilit&#233;. Invoquer une &#171; mentalit&#233; &#187; n'explique pas grand-chose. Cela d&#233;place simplement le probl&#232;me vers le terrain culturaliste, o&#249; chacun peut apporter son anecdote, son proverbe et son Malgache id&#233;al. La discussion est alors rapidement close, pr&#233;cis&#233;ment au moment o&#249; elle devrait commencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le politiste Jean-Fran&#231;ois Bayart&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Afrique dans le monde : une histoire d'extraversion [article] (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; nous fournit un outil autrement plus exigeant : l'extraversion.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'extraversion, mode d'emploi&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; rebours des th&#233;ories de la d&#233;pendance qui d&#233;crivaient volontiers nos pays comme les victimes passives d'un syst&#232;me mondial, Bayart propose dans &lt;i&gt;L'&#201;tat en Afrique&lt;/i&gt; une autre grille de lecture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lites africaines ne feraient pas que subir leur relation avec l'ext&#233;rieur. Elles sauraient aussi fort bien s'en servir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconnaissance internationale, aide &#233;conomique, financements, alliances politiques, appuis militaires : autant de ressources ext&#233;rieures susceptibles d'&#234;tre converties en pouvoir int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;pendance cesse alors d'&#234;tre seulement le joug infernal impos&#233; par des puissances &#233;trang&#232;res n&#233;cessairement avides et malveillantes. Elle peut &#233;galement devenir une strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e, au fond, est assez simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand un pouvoir peine &#224; obtenir de sa propre soci&#233;t&#233; l'autorit&#233;, les ressources ou l'adh&#233;sion dont il a besoin, il peut aller les chercher ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La reconnaissance d'une grande puissance, l'argent d'un bailleur, les armes d'un alli&#233; viennent alors remplacer ce que l'imp&#244;t, l'adh&#233;sion des citoyens ou des institutions solides ne fournissent pas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ext&#233;rieur devient la b&#233;quille du dedans.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et une b&#233;quille, chacun le sait, a ceci de pratique qu'elle permet de marcher sans avoir tout &#224; fait r&#233;par&#233; la jambe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un pouvoir extraverti n'est donc pas n&#233;cessairement un pouvoir faible condamn&#233; &#224; subir. C'est aussi un pouvoir qui a d&#233;couvert qu'il pouvait &#234;tre plus commode de se financer, de se prot&#233;ger ou de se l&#233;gitimer ailleurs que chez lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette grille de lecture a un autre m&#233;rite : elle r&#233;siste aux datations trop faciles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'extraversion n'est pas n&#233;e avec la colonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Radama Ier en offre m&#234;me, dans le Madagascar pr&#233;colonial, une illustration particuli&#232;rement aboutie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; son p&#232;re Andrianampoinimerina avait b&#226;ti l'essentiel de sa puissance sur des ressources int&#233;rieures &#8212; notamment ce fanompoana mobilis&#233; pour les rizi&#232;res que nous avons rencontr&#233; dans le volet pr&#233;c&#233;dent &#8212; Radama va chercher au-dehors une partie des moyens qui lui manquent pour dominer l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trait&#233; de 1817 avec les Britanniques lui apporte trois ressources d&#233;cisives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, une reconnaissance diplomatique : Londres le consacre &#171; roi de Madagascar &#187;, alors qu'il ne contr&#244;le encore gu&#232;re que l'Imerina.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, une compensation annuelle en armes, munitions et &#233;quipements en &#233;change de l'abandon de la traite des esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, des instructeurs capables de former son arm&#233;e &#224; l'europ&#233;enne, bient&#244;t suivis par les missionnaires et leurs &#233;coles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconnaissance, argent, armes, savoir-faire : le paquet est d&#233;j&#224; bien garni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est avec ces ressources venues de l'ext&#233;rieur que Radama conquiert l'essentiel de l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sch&#233;ma extraverti para&#238;t donc complet : &lt;strong&gt;un appui ext&#233;rieur converti en domination int&#233;rieure.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; une diff&#233;rence pr&#232;s&#8230;Et elle change beaucoup de choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; Radama tient-il son droit de r&#233;gner ? Pas de Londres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa l&#233;gitimit&#233; vient du dedans : de la lign&#233;e d'Andrianampoinimerina, du caract&#232;re sacr&#233; attach&#233; &#224; la souverainet&#233;, des rituels qui relient le souverain &#224; ses anc&#234;tres, des kabary o&#249; le pouvoir se met en sc&#232;ne face au peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alliance britannique lui donne des moyens. Elle ne lui donne pas son tr&#244;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait le dire ainsi : &lt;strong&gt;qu'il perde Londres, il reste roi.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec la colonisation, entre 1896 et 1960, que le rapport se renverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le changement n'est pas l'apparition de l'extraversion. Celle-ci existait d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui change, c'est la source m&#234;me du droit de commander.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouverneur g&#233;n&#233;ral tient d&#233;sormais son pouvoir de Paris. Il est nomm&#233; &#224; Paris. Il rend compte &#224; Paris&#8230; Le dehors ne fournit plus seulement les moyens du pouvoir : il fonde le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette inversion survit largement &#224; l'ind&#233;pendance&#8230; Les chefs d'&#201;tat se font et se d&#233;font d&#233;sormais davantage dans la reconnaissance des chancelleries, la certification des bailleurs ou l'appui d'un protecteur que dans l'adh&#233;sion de leurs citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;S'il perd le dehors, il tombe.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; la question fondamentale &#8212; &lt;i&gt;&#224; qui le pouvoir doit-il des comptes ?&lt;/i&gt; &#8212; la r&#233;ponse a ainsi chang&#233; en 1896.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, pour l'essentiel, elle n'a jamais vraiment rechang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni 1960, ni 1972-1975 n'ont rompu le fil. L'ind&#233;pendance reconduit largement l'extraversion vers la France plut&#244;t qu'elle ne l'interrompt. Ratsiraka change de patron sans v&#233;ritablement changer de logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, &#224; chaque g&#233;n&#233;ration, le parrain change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France hier&#8230; Les bailleurs multilat&#233;raux ensuite&#8230;La Russie demain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Changer de parrain n'est pas n&#233;cessairement changer de famille.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Trois pr&#233;cisions &#8212; et une r&#233;serve&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut toutefois &#233;viter de faire dire &#224; l'extraversion davantage qu'elle ne dit. Trois pr&#233;cisions et une r&#233;serve sont ici n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un : les &#233;lites choisissent.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extraversion n'est pas seulement subie par des acteurs d&#233;munis, accul&#233;s par des forces qui les d&#233;passeraient enti&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dominants peuvent la choisir activement parce qu'elle sert leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela interdit une repr&#233;sentation particuli&#232;rement commode de nos dirigeants successifs : celle de simples marionnettes dont les ficelles seraient toujours tir&#233;es depuis Paris, Washington, Moscou ou ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ficelles existent parfois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la marionnette peut aussi avoir lu le mode d'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux : l'extraversion se joue sur plusieurs registres &#224; la fois.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle peut &#234;tre politique, par la reconnaissance diplomatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Financi&#232;re, par l'aide et les pr&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;conomique, par le commerce et l'investissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Culturelle, par la langue et la formation des &#233;lites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Militaire, enfin, par les armes, les instructeurs et les dispositifs de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le partenariat russe qui se dessine actuellement active pr&#233;cis&#233;ment plusieurs de ces registres. Mais, sous cet angle, il ne constitue pas une invention particuli&#232;rement exotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tutelle fran&#231;aise les mobilisait hier. L'&#232;re des bailleurs les a mobilis&#233;s ensuite. Le paquet change d'&#233;tiquette. Sa composition g&#233;n&#233;rale demeure famili&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui change davantage, c'est peut-&#234;tre &lt;strong&gt;le prix demand&#233;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appui occidental se payait, au moins officiellement, en conditionnalit&#233;s, normes et r&#233;formes de gouvernance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appui russe se paie plut&#244;t en alignement g&#233;opolitique, avec beaucoup moins de curiosit&#233; pour la mani&#232;re dont le pouvoir traite ses propres citoyens&#8230; Et surtout, son destinataire semble moins &#234;tre l'&#201;tat dans la dur&#233;e que le r&#233;gime dans son besoin imm&#233;diat de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nuance importante : aider un &#201;tat &#224; tenir n'est pas exactement la m&#234;me chose qu'aider ceux qui le dirigent &#224; rester assis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois : l'extraversion finit par pr&#233;senter la facture.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un pouvoir qui construit sa l&#233;gitimit&#233; vers l'ext&#233;rieur plut&#244;t que dans sa relation avec sa population s'expose n&#233;cessairement &#224; un d&#233;ficit d'int&#233;gration sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement populaire d'octobre 2025 en a fourni une illustration spectaculaire : une jeunesse, la Gen Z, puis une partie du peuple finissent par se soulever contre un pouvoir qui avait cherch&#233; &#224; &#234;tre reconnu, certifi&#233; et fr&#233;quentable partout&#8230; sauf peut-&#234;tre aupr&#232;s d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste maintenant la r&#233;serve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; trop insister sur le choix des &#233;lites, nous risquerions de faire dispara&#238;tre une violence ext&#233;rieure qui, elle, est parfaitement r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire que les dirigeants malgaches choisissent l'extraversion ne signifie pas qu'ils choisissent dans un monde neutre, autour d'une table o&#249; chacun disposerait des m&#234;mes cartes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de forces a &#233;t&#233; largement fa&#231;onn&#233; depuis l'ext&#233;rieur : colonial hier, financier aujourd'hui. Il faut donc tenir ensemble deux id&#233;es qui s'accommodent mal des slogans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas d'excuse g&#233;n&#233;rale par la structure&#8230; Mais pas davantage de proc&#232;s unilat&#233;ral faisant comme si les dirigeants avaient toujours dispos&#233; d'une souverainet&#233; intacte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur marge de man&#339;uvre &#233;tait r&#233;elle&#8230; Elle &#233;tait aussi contrainte. Les programmes d'ajustement structurel l'ont suffisamment montr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1897 : un dommage pr&#233;cis, pas une abstraction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Reste une question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi cette bascule de 1896 &#8212; ce moment o&#249; la l&#233;gitimit&#233; du pouvoir commence &#224; se r&#233;f&#233;rer davantage &#224; l'ext&#233;rieur &#8212; a-t-elle &#233;t&#233; si profonde et si durable &#224; Madagascar, alors que d'autres soci&#233;t&#233;s colonis&#233;es ont conserv&#233; davantage de leurs institutions ant&#233;rieures ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inutile, l&#224; encore, de convoquer quelque mal&#233;diction malgache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de la r&#233;ponse tient &#224; la m&#233;thode coloniale elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'administration fran&#231;aise gouvernait directement. Elle rempla&#231;ait les institutions existantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse, l'&lt;i&gt;indirect rule&lt;/i&gt; britannique cherchait, avec toutes ses ambigu&#239;t&#233;s et toutes ses violences, &#224; gouverner par l'interm&#233;diaire des chefferies et des royaumes pr&#233;existants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar n'a donc pas seulement subi &#171; la colonisation fran&#231;aise &#187; comme une grande abstraction commode pour les dissertations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'est produit quelque chose de beaucoup plus pr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1897, une institution pr&#233;coloniale centralis&#233;e, ancienne et sophistiqu&#233;e &#8212; le royaume merina &#8212; est purement et simplement supprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or c'&#233;tait pr&#233;cis&#233;ment le genre de structure qu'un syst&#232;me d'administration indirecte aurait pu absorber, d&#233;tourner, contr&#244;ler peut-&#234;tre, mais conserver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dommage institutionnel malgache a donc une forme particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit pas de dire : &lt;i&gt;nous avons &#233;t&#233; colonis&#233;s&lt;/i&gt;. Il faut encore regarder &lt;strong&gt;ce qui a &#233;t&#233; d&#233;truit, comment, et par quoi cela a &#233;t&#233; remplac&#233;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment les autres ont fait&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Reste alors la question la plus instructive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment certains &#201;tats, ailleurs, ont-ils r&#233;ussi &#224; construire une autonomie que Madagascar n'a jamais v&#233;ritablement atteinte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sociologie historique de l'&#201;tat, qu'elle observe l'Europe moderne, l'Am&#233;rique latine ou le Japon, fait appara&#238;tre une variable int&#233;ressante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est ni la culture&#8230; Ni la g&#233;ographie&#8230;Ni quelque myst&#233;rieux g&#233;nie national distribu&#233; avec parcimonie par l'Histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette variable tient plut&#244;t &#224; &lt;strong&gt;l'absence de raccourci ext&#233;rieur au moment pr&#233;cis o&#249; survient l'obligation de b&#226;tir&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Europe, Am&#233;rique latine, Japon : dans des circonstances &#233;videmment diff&#233;rentes, des &#201;tats se sont trouv&#233;s confront&#233;s &#224; une pression telle qu'ils ne pouvaient plus simplement demander &#224; quelqu'un d'autre de r&#233;gler le probl&#232;me &#224; leur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression peut &#234;tre une guerre&#8230; Une dette&#8230;Une menace existentielle&#8230;Le risque d'une mise sous tutelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, ce moment d&#233;sagr&#233;able o&#249; l'&#201;tat doit trouver beaucoup de ressources, tr&#232;s vite, sous peine de dispara&#238;tre ou de perdre son autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le raccourci ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment la solution ext&#233;rieure qui permet d'&#233;viter d'aller chercher ces ressources dans sa propre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un protecteur&#8230; Un pr&#234;teur&#8230; Une rente&#8230; Un soutien militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelqu'un qui, pour des raisons qui lui appartiennent, vient opportun&#233;ment remplacer l'effort int&#233;rieur devenu urgent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ce raccourci existe, la tentation de le prendre est immense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi imposer, administrer, n&#233;gocier, convaincre, rendre des comptes &#8212; toutes activit&#233;s fatigantes et parfois &#233;lectoralement contrariantes &#8212; si un guichet ext&#233;rieur reste ouvert ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quand le raccourci dispara&#238;t, il ne reste plus grand monde vers qui se tourner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sinon les siens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut alors recenser, lever l'imp&#244;t, organiser&#8230; Et surtout : convaincre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puisqu'une soci&#233;t&#233; accepte rarement avec enthousiasme de donner davantage sans demander quelque chose en retour, il faut n&#233;gocier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que la contrainte devient politiquement f&#233;conde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car de cette n&#233;gociation forc&#233;e peuvent na&#238;tre une administration fiscale efficiente, des institutions v&#233;ritablement repr&#233;sentatives et cette architecture durable dont le volet pr&#233;c&#233;dent constatait pr&#233;cis&#233;ment l'absence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe est rude : ce que l'on croyait &#234;tre un secours peut aussi devenir ce qui dispense de construire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le raccourci toujours pris&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Madagascar, lui, n'a pas manqu&#233; de moments de pression : La dette coloniale&#8230; Les ajustements structurels des ann&#233;es 1980-1990&#8230; La crise sociale et &#233;nerg&#233;tique actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; chaque &#233;poque, la pression a chang&#233; de visage. Ce qui a manqu&#233;, peut-&#234;tre, c'est le mur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car chaque fois qu'il devenait indispensable de construire des ressources internes, un raccourci ext&#233;rieur restait disponible&#8230; Et chaque fois, ou presque, il a &#233;t&#233; pris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce m&#234;me r&#233;flexe que l'on voit aujourd'hui se rejouer dans le rapprochement avec Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; une conclusion apparemment logique &#8212; et franchement inqui&#233;tante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le raccourci emp&#234;che de b&#226;tir, ne faudrait-il pas supprimer le raccourci ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fermer la porte ? Se couper du dehors ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;er volontairement la contrainte qui obligerait enfin l'&#201;tat &#224; vivre de ses propres ressources ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit : puisque la b&#233;quille emp&#234;che la jambe de travailler, cassons la b&#233;quille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proposition poss&#232;de une certaine coh&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle poss&#232;de &#233;galement quelques petits ant&#233;c&#233;dents historiques qui invitent &#224; ne pas se pr&#233;cipiter vers la menuiserie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Guin&#233;e de S&#233;kou Tour&#233; a montr&#233; ce que peut produire une rupture avec l'ext&#233;rieur lorsqu'aucune architecture int&#233;rieure solide ne vient prendre le relais : un &#201;tat qui collecte moins qu'&#224; l'&#233;poque coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse, le Japon de Meiji, pourtant extr&#234;mement m&#233;fiant envers le cr&#233;dit &#233;tranger, &#233;tait tout sauf ferm&#233; au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il envoyait des missions d'&#233;tude, il recrutait des experts, il commer&#231;ait, il observait, il apprenait&#8230; Il refusait la b&#233;quille.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Il ne refusait pas l'&#233;change.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est peut-&#234;tre l&#224; que l'histoire compar&#233;e nous livre son enseignement le plus int&#233;ressant &#8212; et le plus d&#233;rangeant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut probablement un mur pour construire un &#201;tat&#8230; Mais pas n&#233;cessairement celui auquel on pense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mur utile n'est pas celui qui enferme une soci&#233;t&#233; derri&#232;re ses fronti&#232;res. Ce serait seulement transformer une d&#233;pendance en solitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mur &#224; construire est celui qui emp&#234;che le pouvoir de disposer ind&#233;finiment de ressources ext&#233;rieures lui permettant de se dispenser de n&#233;gocier avec sa propre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qui complique l&#233;g&#232;rement les slogans sur la souverainet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est tant mieux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du quatri&#232;me et dernier volet ne sera donc pas de savoir si Moscou vaut mieux que Paris, si P&#233;kin serait plus g&#233;n&#233;reux que Bruxelles ou si le prochain protecteur aurait enfin la d&#233;licatesse de nous prot&#233;ger gratuitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les parrains gratuits sont une esp&#232;ce assez rare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vraie question sera autrement difficile : &lt;strong&gt;quel sevrage &#8212; s&#233;lectif, impos&#233; par qui, tenu comment et &#224; quel co&#251;t &#8212; pourrait rendre un jour ce raccourci indisponible ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou, &#224; d&#233;faut, rendre enfin intenable le cercle qu'il perp&#233;tue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) - Ao&#251;t 2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript17064715706aa48a982ea1a3.43920447&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Afrique dans le monde : une histoire d'extraversion [article] Jean-Fran&#231;ois Bayart &#8211; &lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/criti_1290-7839_1999_num_5_1_1505&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/criti_1290-7839_1999_num_5_1_1505&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le dictateur non &#233;clair&#233;</title>
		<link>https://www.madagascar-tribune.com/Le-dictateur-non-eclaire.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.madagascar-tribune.com/Le-dictateur-non-eclaire.html</guid>
		<dc:date>2026-09-05T08:26:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andy M.</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Bienvenue, ami du samedi. Pour sa cinqui&#232;me consultation, notre cabinet ausculte aujourd'hui un patient increvable, contagieux depuis des si&#232;cles, et qui refuse obstin&#233;ment toute gu&#233;rison : le dictateur non &#233;clair&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour commencer et pour savoir de quoi l'on parle, int&#233;ressons-nous aux d&#233;finitions pertinentes du Larousse. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dictateur : Personne autoritaire qui impose son point de vue et sa mani&#232;re de vivre aux autres. &#202;tre &#233;clair&#233; : Avoir des connaissances et du discernement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un esprit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bienvenue, ami du samedi. Pour sa cinqui&#232;me consultation, notre cabinet ausculte aujourd'hui un patient increvable, contagieux depuis des si&#232;cles, et qui refuse obstin&#233;ment toute gu&#233;rison : le dictateur non &#233;clair&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer et pour savoir de quoi l'on parle, int&#233;ressons-nous aux d&#233;finitions pertinentes du Larousse.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Dictateur : Personne autoritaire qui impose son point de vue et sa mani&#232;re de vivre aux autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#202;tre &#233;clair&#233; : Avoir des connaissances et du discernement.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Un esprit non &#233;clair&#233; est donc un esprit guid&#233; &#224; la lueur des d&#233;lestages de la Jirama. Cela ne l'emp&#234;che toutefois pas d'&#234;tre illumin&#233;, m&#234;me dans l'obscurit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question pour un champion, et on ne parle pas d'Andry Rajoelina : Qu'est-ce qui importe vraiment aux citoyens dans leur vie quotidienne ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce le bien-&#234;tre &#233;conomique : pouvoir manger, se soigner, se v&#234;tir et &#233;duquer les enfants, avoir un travail d&#233;cent ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Ou est-ce le bien-&#234;tre politique : pouvoir s'exprimer librement, avoir droit &#224; des &#233;lections propres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce genre de questions anime la flamme de ceux qui s'appr&#234;tent &#224; l&#233;cher les bottes en peau d'ours ou les espadrilles de &lt;i&gt;kung-fu&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a en effet quelques exemples de dictatures qui ont permis de d&#233;velopper leurs pays, au d&#233;triment des droits politiques et des libert&#233;s civiles. Les exemples les plus c&#233;l&#232;bres souvent cit&#233;s sont sans doute le r&#233;gime de Lee Kuan Yew &#224; Singapour ou les r&#233;gimes autoritaires successifs &#224; Taiwan. Toutefois, ils ne sont pas les seuls.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela qu'&#224; Madagascar, de nombreux dirigeants ont &#233;t&#233; inspir&#233;s par l'id&#233;e de dictature &#233;clair&#233;e, mais ont toujours &#233;t&#233; incapables d'aller au-del&#224; du premier mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait se dire que, contrairement &#224; dictateur non &#233;clair&#233;, dictateur &#233;clair&#233; est &lt;i&gt;a priori &lt;/i&gt; un oxymore, une association de deux mots contradictoires, comme une prostitu&#233;e vierge ou un politicien honn&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a finalement eu les versions &lt;i&gt;des boutiques de Behoririka&lt;/i&gt;, les dictatures non &#233;clair&#233;es, qui pr&#233;sentent toutes les tares du &lt;i&gt;jadona&lt;/i&gt; sans offrir les avantages du &lt;i&gt;fandrosoana&lt;/i&gt;. Elles produisent toutefois un effet pervers et in&#233;vitable : l'enrichissement sans cause du clan au pouvoir, prot&#233;g&#233; par un &#233;tat de droit tordu o&#249; la loi est utilis&#233;e comme un outil politique contre les opposants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dictateur non &#233;clair&#233; va donc chercher &#224; &#233;viter d'&#234;tre victime de ce dont il a &#233;t&#233; coupable. &lt;br class='autobr' /&gt;
S'il a b&#233;n&#233;fici&#233; du soutien d'une faction de l'arm&#233;e pour renverser le dirigeant pr&#233;c&#233;dent, il va amadouer les bidasses &#224; coups d'avantages et de promotions. &lt;br class='autobr' /&gt;
S'il a profit&#233; des r&#233;seaux sociaux pour acc&#233;der au pouvoir sans passer par les urnes, il en conna&#238;t les risques. L'exp&#233;rience vaut science : il va donc s'&#233;vertuer &#224; placer ces m&#234;mes r&#233;seaux sous contr&#244;le. Au nom de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons toutefois que la l&#233;galit&#233; n'est pas la justice. &#192; un moment de l'histoire et &#224; divers endroits de la plan&#232;te, l'apartheid &#233;tait l&#233;gal, tout comme le colonialisme, l'esclavage ou certains g&#233;nocides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au nom de la loi &#187; n'est donc certainement pas un principe infaillible et syst&#233;matiquement respectable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelquefois, il s'agit juste d'une injonction pour invoquer ou fabriquer des lois sc&#233;l&#233;rates, les perquisitions machiav&#233;liques, les accusations imaginaires d'atteintes &#224; la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat, tout ceci pour pr&#233;server la s&#233;r&#233;nit&#233; de l'&#233;tat mental du dirigeant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelquefois, derri&#232;re le noble principe de lutte contre la cybercriminalit&#233; se cachent des cybercriminels &#224; la t&#234;te de r&#233;seaux de comptes &lt;i&gt;fake&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en politique, le criminel est juste celui qui est du mauvais c&#244;t&#233; de la barri&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand on est du &#171; bon c&#244;t&#233; &#187;, l'objectif est d'aider &#224; obtenir le silence sur les sujets qui f&#226;chent. Le patrimoine automobile florissant. Le patrimoine immobilier miraculeux. Les comptes bancaires grassouillets, de pr&#233;f&#233;rence &#224; l'&#233;tranger. Les dipl&#244;mes bidons escamot&#233;s par des dipl&#244;mes de complaisance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ils &#233;taient opposants, beaucoup insultaient le pouvoir. Une fois qu'ils arrivent au pouvoir, les insulter devient un crime de l&#232;se-majest&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insolente r&#233;ussite du dictateur non &#233;clair&#233; dans l'enrichissement personnel inspire d'autres aspirants dictateurs. Depuis la crise de 1972 jusqu'&#224; celle de 2025, tous les opposants ont revendiqu&#233; le changement, mais ils ne veulent souvent changer qu'une chose : l'identit&#233; des membres du clan qui profitent du syst&#232;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pouvoir et le &#171; S &#187; qui va avec. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; S &#187; pour sosy, au cas o&#249; les esprits tordus imagineraient autre chose. Quoique... Quand on entend certaines histoires de moeurs au sein de la classe politique, ce n'est pas d'un &lt;i&gt;mpiandry&lt;/i&gt; au pouvoir dont on aurait besoin, mais d'un exorciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les poissonneries, chaque arrivage renouvelle les crabes du panier, mais les crabes restent des crabes. Ils ont le m&#234;me comportement, pincent ceux qui les menacent et d&#233;gagent la m&#234;me odeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dictateur non &#233;clair&#233; qui remplace un dictateur non &#233;clair&#233; sera donc tout aussi incomp&#233;tent, tout aussi arrogant, et tout aussi peu d&#233;mocrate. Une raison simple &#224; cela : si le syst&#232;me judiciaire est aux ordres et le Parlement au garde-&#224;-vous, il n'y aura pas de garde-fous. Et pourtant, ce ne sont pas les fous &#224; garder qui manquent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le clan du dictateur non &#233;clair&#233; aura toutefois appris par l'observation des erreurs de ses pr&#233;d&#233;cesseurs : comment r&#233;primer plus efficacement, accro&#238;tre sa fortune plus rapidement, et rester au pouvoir plus solidement. Le tout avec de grands sourires le jour des &#233;lections vol&#233;es, dont on conna&#238;t le vainqueur le jour o&#249; il d&#233;clare sa candidature. &#171; En Afrique, on n'organise pas des &#233;lections pour les perdre &#187; disait l'ancien pr&#233;sident congolais Pascal Lissouba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fatalisme ou lucidit&#233; ? Finalement, la population s'accommode du passage d'un dictateur &#224; l'autre, et soutient m&#234;me le retour de certains, au nom d'une amn&#233;sie sotte et coupable. Ratsiraka, &#233;ject&#233; &#224; la suite de la transition 1991-1993, revient par les urnes en 1997. M&#234;me cas pour Rajoelina en 2018, malgr&#233; un bilan d&#233;sastreux de la transition 2009-2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1972, 1991, 2002, 2009, 2018 et 2025, la Place du 13-mai a &#233;t&#233; occup&#233;e au son de slogans rh&#233;toriques pour donner aux ben&#234;ts l'illusion que leur vie va changer gr&#226;ce &#224; la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; ce que la prochaine leur donne la preuve que la t&#234;te sur la nouvelle photo n'&#233;tait pas n&#233;cessairement mieux remplie que celle sur l'ancienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consultation termin&#233;e. Ordonnance d&#233;livr&#233;e gratuitement, mais sans illusion sur les maladies incurables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi parle le folisophe du &#231;a me dit. Qui vous dit &#224; samedi prochain.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20964 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.madagascar-tribune.com/IMG/png/chatgpt_image_4_sept__2026_16_58_23.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH375/chatgpt_image_4_sept__2026_16_58_23-60a9c.png?1789158200' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript8543228386aa48a9a27f4c3.96788236&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qui &#233;duque nos enfants ?</title>
		<link>https://www.madagascar-tribune.com/Qui-eduque-nos-enfants.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.madagascar-tribune.com/Qui-eduque-nos-enfants.html</guid>
		<dc:date>2026-09-04T06:12:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ndimby A., Patrick A.</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Lorsque l'on se r&#233;f&#232;re &#224; l'&#233;ducation comme mode de transmission de valeurs et de principes de vie, une question se pose avec acuit&#233; dans un contexte marqu&#233; par le r&#233;cent meurtre de St&#233;phanie et Haingotiana, jeunes filles assassin&#233;es dans des circonstances tragiques par une bande de jeunes voyous sous l'emprise de stup&#233;fiants : &#171; Qui &#233;duque nos enfants ? &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; cette question, la r&#233;ponse naturelle serait : les parents. Toutefois, ceux-ci sont loin d'&#234;tre les seuls impliqu&#233;s dans l'&#233;ducation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L453xH300/1595e65a-33e5-4e66-8425-e4e7f23a03b0-23413.png?1789158201' class='spip_logo spip_logo_right' width='453' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lorsque l'on se r&#233;f&#232;re &#224; l'&#233;ducation comme mode de transmission de valeurs et de principes de vie, une question se pose avec acuit&#233; dans un contexte marqu&#233; par le r&#233;cent meurtre de St&#233;phanie et Haingotiana, jeunes filles assassin&#233;es dans des circonstances tragiques par une bande de jeunes voyous sous l'emprise de stup&#233;fiants : &#171; &lt;i&gt;Qui &#233;duque nos enfants ?&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette question, la r&#233;ponse naturelle serait : les parents. Toutefois, ceux-ci sont loin d'&#234;tre les seuls impliqu&#233;s dans l'&#233;ducation qui forge peu &#224; peu un &#234;tre humain. Pour preuve, des enfants d'une m&#234;me fratrie peuvent prendre des chemins tout &#224; fait diff&#233;rents, que ce soit en termes de centres d'int&#233;r&#234;t ou de comportement. Enseignants, camarades, amis, famille &#233;largie, communaut&#233;, fr&#233;quentations dans les milieux sportifs, culturels et cultuels &#233;largissent l'&#233;ventail des mod&#232;les qui forgent la mentalit&#233; de chaque enfant et adolescent. Dans cet enchev&#234;trement d'influences, quelle est la part imputable aux parents ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ces gar&#231;ons en sont-ils venus &#224; essayer la drogue, jusqu'&#224; d&#233;velopper une d&#233;pendance ? Comment en sont-ils arriv&#233;s &#224; ne plus faire la distinction entre le bien et le mal, jusqu'&#224; devenir des meurtriers de sang-froid ? Ce drame invite par ailleurs &#224; s'interroger sur l'&#233;ducation des jeunes &#224; percevoir les dangers et &#224; faire des choix qui les en prot&#232;gent, sans que cette interrogation ne puisse en aucune mani&#232;re d&#233;placer la responsabilit&#233; des auteurs vers les victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esprit de r&#233;bellion et l'ouverture &#224; l'innovation et &#224; l'exp&#233;rimentation qui sont inh&#233;rentes &#224; la jeunesse accroissent la complexit&#233; du sujet. Au fil des d&#233;cennies, chaque g&#233;n&#233;ration d'adolescents a &#233;t&#233; soup&#231;onn&#233;e de d&#233;g&#233;n&#233;rescence et chaque g&#233;n&#233;ration de parents a regard&#233; avec suspicion les engouements de ses enfants : musique jazz, rock ou rap, bande dessin&#233;e, t&#233;l&#233;vision, jeux vid&#233;os (&#233;num&#233;ration non exhaustive) ont tour &#224; tour &#233;t&#233; accus&#233;s de d&#233;voyer la jeunesse. Il faut donc savoir prendre un peu de recul et ne pas c&#233;der &#224; la panique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, il est ind&#233;niable que l'explosion des r&#233;seaux sociaux entra&#238;ne &#224; la fois une mondialisation et une d&#233;multiplication des mod&#232;les et normes, pas toujours de fa&#231;on heureuse. Des &lt;i&gt;tiktokers&lt;/i&gt; deviennent des prescripteurs d'opinion, les groupes de K-Pop cor&#233;en deviennent des idoles, les grands sportifs ou artistes inspirent des carri&#232;res. Mais dans le m&#234;me temps, les gangs des rues am&#233;ricaines ou des banlieues fran&#231;aises s'offrent &#233;galement en mod&#232;le &#224; suivre. Autant de r&#233;f&#233;rences plus ou moins souhaitables auxquelles certains jeunes malgaches peuvent vouloir s'identifier et ressembler. Rien que dans la musique &#224; Madagascar, on ne peut que tomber des nues en entendant certaines paroles de chansons, en visionnant certains clips et en voyant le comportement de certains artistes sur sc&#232;ne. Devant le ph&#233;nom&#232;ne, l'opinion publique ne peut que d&#233;plorer les d&#233;rapages verbaux et comportementaux : &lt;i&gt;&#171; tsy mifanaraka amin'ny soa toavina malagasy ! &#187;&lt;/i&gt;. Encore faudrait-il que quelqu'un nous d&#233;finisse ce fameux &lt;i&gt;soa toavina&lt;/i&gt; malagasy qu'on nous sert &#224; toutes les sauces, car l'histoire ancienne et contemporaine regorge d'exemples tr&#232;s discutables et de contradictions. Les mod&#232;les r&#233;pr&#233;hensibles ne viennent pas toujours de l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, il y a un ph&#233;nom&#232;ne qui s'est d&#233;velopp&#233; &#224; Madagascar et a fini par pourrir les g&#233;n&#233;rations actuelles. Il s'agit du &lt;i&gt;werawera&lt;/i&gt;, la frime et l'exhibition de r&#233;ussite mat&#233;rielle &#224; travers des photos sur Facebook, Instagram ou Tik Tok : liasses de billets, v&#233;hicules de luxe, voyages en classe affaires ou &lt;i&gt;first&lt;/i&gt; et s&#233;jours dans des h&#244;tels cinq &#233;toiles, etc. Dans un environnement marqu&#233; par la pauvret&#233; et la faiblesse du niveau &#233;ducatif, l'effet pervers de ce &lt;i&gt;werawera&lt;/i&gt; est la promotion d'une logique favorisant la recherche de l'argent facile et de la c&#233;l&#233;brit&#233; rapide, quitte &#224; s'accommoder de petits arrangements avec la loi et la morale. La voie, longue et fastidieuse, de la r&#233;ussite m&#233;ritocratique par les &#233;tudes et le travail ne fait plus r&#234;ver. Pour ceux que les scrupules n'embarrassent gu&#232;re, l'implication en politique offre un parcours acc&#233;l&#233;r&#233;. Pour les autres, poses provocatrices, comportements outranciers et propos d'une extr&#234;me vulgarit&#233; font partie int&#233;grante de la strat&#233;gie destin&#233;e &#224; susciter le buzz et &#224; accumuler &lt;i&gt;likes&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;followers&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une jeunesse sous influence(s)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce sont donc ces &#171; influenceurs &#187;, au sens large du terme, qui contribuent &#224; l'&#233;ducation de nos enfants. Quant au sens restreint qui s'applique aux vendeurs de Tap Tap Send, on se demande avec curiosit&#233; ce qu'ils influencent vraiment et dans quelle direction, &#224; part celle de Moscou. Andry Rajoelina est le parfait exemple du mod&#232;le pernicieux pour la jeunesse : pas beaucoup d'instruction, encore moins de morale, mais un r&#233;el talent pour la communication et la propagande qui a attir&#233; vers lui des centaines de milliers de partisans, jeunes et moins jeunes. C'est cet homme incapable d'une addition simple (13 + 6) qui a tent&#233; de faire croire au monde entier qu'il &#233;tait un &#233;pid&#233;miologiste lors de la crise de la Covid-19, sous les vivats de ses laudateurs malgaches et panafricains. Quel mod&#232;le &#233;ducatif un tel homme a pu donner ? Malheureusement et jusqu'&#224; preuve du contraire, aucune figure politique d'envergure ne semble actuellement &#233;merger pour redonner espoir en l'avenir et convaincre de sa volont&#233; et capacit&#233; &#224; redresser Madagascar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut donc pas attendre de la classe politique, si classe il y a, un sinc&#232;re effort pour am&#233;liorer l'&#233;ducation des g&#233;n&#233;rations actuelles et futures, car le d&#233;plorable niveau actuel sert plut&#244;t ses int&#233;r&#234;ts : une population sans sens critique est pr&#233;dispos&#233;e &#224; la servilit&#233;. Plus particuli&#232;rement depuis 2009, l'&#233;ducation politique et citoyenne se fait &#224; coups de distribution d'argent et de cuvettes pour obtenir les &#171; bravos merci ! &#187; qui servent de barom&#232;tre, au d&#233;triment des indicateurs d&#233;mocratiques et des &#233;lections propres. Quant &#224; l'&#201;glise, il y a bien longtemps qu'elle a cess&#233; d'&#234;tre efficace dans l'&#233;ducation de ses ouailles. Lorsque l'on voit la multiplication des lieux de culte, les embouteillages autour des &#233;difices remplis &#224; ras-bord le dimanche et les paroles pleines de ferveur chr&#233;tienne des politiciens qui ne d&#233;daignent pas de s'improviser en pr&#233;dicateurs, on pourrait avoir du mal &#224; comprendre la d&#233;liquescence des m&#339;urs citoyennes et politiques dans ce pays en apparence si pieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population est donc laiss&#233;e &#224; elle-m&#234;me, et notre jeunesse surnage dans un environnement &#233;ducatif peu favorable &#224; son &#233;panouissement. Faut-il alors en conclure qu'elle serait compl&#232;tement d&#233;senchant&#233;e et n'aurait plus ni id&#233;al ni sens des valeurs ? Sans doute pas, car les contre-exemples d&#233;montrant qu'il n'y a pas que mat&#233;rialisme et individualisme chez les jeunes ne manquent pas non plus. Ce qui am&#232;ne &#224; reconna&#238;tre et saluer les efforts des enseignants &#224; tous les niveaux, des animateurs communautaires et des membres de la soci&#233;t&#233; civile qui tentent tant bien que mal de sauver les meubles. En tout cas, ceux qui ne sont pas que des beaux restes.&lt;/p&gt;
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&lt;div class=&#034;video-intrinsic-wrapper&#034; style='height:0;width:1280px;max-width:100%;padding-bottom:56.25%;position:relative;'&gt; &lt;div class=&#034;video-wrapper&#034; style=&#034;position: absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034;&gt; &lt;video class=&#034;mejs mejs-20953&#034; data-id=&#034;a0d04d8f2adc297f7ce8ef52e470df26&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;pluginPath&#034;:&#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/&#034;,&#034;loop&#034;:false,&#034;videoWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;videoHeight&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:57}' width=&#034;100%&#034; height=&#034;100%&#034; controls=&#034;controls&#034; preload=&#034;none&#034; &gt; &lt;source type=&#034;video/mp4&#034; src='https://www.madagascar-tribune.com/IMG/mp4/moussa_sene_absa.mp4' /&gt; &lt;img src='https://www.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L64xH64/mp4-d7cc4-f1e42.svg?1789158201' width='64' height='64' alt='Impossible de lire la video' /&gt; &lt;/video&gt; &lt;/div&gt;
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		<title>Le droit des tordus</title>
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		<dc:date>2026-08-31T05:31:28Z</dc:date>
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		<dc:creator>Ikala Paingotra</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les quatre pr&#233;sum&#233;s coupables du meurtre de Haingotiana et St&#233;phanie ont trouv&#233; la mort lors d'une reconstitution sur les lieux du crime. Selon la version officielle, ils auraient tent&#233; de se saisir de l'arme d'un des policiers et de r&#233;sister aux forces de l'ordre, obligeant celles-ci &#224; leur tirer dessus. Cette version officielle refl&#232;te-t-elle la r&#233;alit&#233; des faits, ou cache-t-elle une ex&#233;cution sommaire ? Si c'&#233;tait ce dernier cas, quelle en serait la raison ? Est-ce une r&#233;sultante de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L453xH300/barre_des_accuse_s-2-d35d7.jpg?1789158201' class='spip_logo spip_logo_right' width='453' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les quatre pr&#233;sum&#233;s coupables du meurtre de Haingotiana et St&#233;phanie ont trouv&#233; la mort lors d'une reconstitution sur les lieux du crime. Selon la version officielle, ils auraient tent&#233; de se saisir de l'arme d'un des policiers et de r&#233;sister aux forces de l'ordre, obligeant celles-ci &#224; leur tirer dessus. Cette version officielle refl&#232;te-t-elle la r&#233;alit&#233; des faits, ou cache-t-elle une ex&#233;cution sommaire ? Si c'&#233;tait ce dernier cas, quelle en serait la raison ? Est-ce une r&#233;sultante de la col&#232;re quelque part compr&#233;hensible des policiers devant un acte odieux, ou une strat&#233;gie pour faire taire ces voyous afin d'emp&#234;cher qu'ils ne fassent des r&#233;v&#233;lations sur des dessous encore plus graves ? Qui organise la fuite de vid&#233;os apparemment enregistr&#233;es lors d'enqu&#234;tes polici&#232;res, et dans quel but ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains observateurs &#233;voquent le caract&#232;re incongru des circonstances de ces d&#233;c&#232;s en mati&#232;re de droits de l'homme. Toutefois, il y a &#233;galement de nombreuses r&#233;actions sur les r&#233;seaux sociaux qui sont favorables aux policiers, arguant que ces criminels ont eu le sort qu'ils m&#233;ritaient, m&#234;me dans le cas d'une ex&#233;cution sommaire. Cette approbation souligne le d&#233;veloppement du peu de consid&#233;ration que les Malgaches ont envers la Justice, dont les travers corrompent aux sens propre et figur&#233; une institution cens&#233;e &#234;tre le rempart des citoyens. Le syst&#232;me judiciaire est de plus en plus indigne de confiance, permettant aux d&#233;linquants et criminels &#171; g&#233;n&#233;reux &#187; envers les magistrats et les ministres de passer entre les mailles du filet. Cela explique &#233;galement la prolif&#233;ration du ph&#233;nom&#232;ne de &lt;i&gt;fitsaram-bahoaka&lt;/i&gt;, la population pr&#233;f&#233;rant se faire justice elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corruption de la justice n'est toutefois pas un ph&#233;nom&#232;ne du temps pr&#233;sent, car &#224; l'&#233;poque de la Royaut&#233; malgache, un arrangement avec les bourreaux permettait d&#233;j&#224; de varier la dose de poison lors de l'ordalie du &lt;i&gt;tangena&lt;/i&gt;. De tous temps et en tous lieux, la corruption a toujours favoris&#233; la g&#233;om&#233;trie variable de la Justice et une application tordue du Droit. &#171; Selon que vous serez puissant ou mis&#233;rable, Les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir &#187; enseignait &lt;a href=&#034;https://www.fable-de-la-fontaine.fr/les-animaux-malades-de-la-peste.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Fontaine&lt;/a&gt; au XVIIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Madagascar, les pratiques d'injustice se constatent depuis des d&#233;cennies, comme le refl&#232;tent de nombreux indicateurs et rapports internationaux, qu'il s'agisse de la perception de la corruption par &lt;a href=&#034;https://www.transparency.org/en/countries/madagascar&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Transparency International&lt;/a&gt;, ou de la perception de la justice dans les enqu&#234;tes d'&lt;a href=&#034;https://www.afrobarometer.org/articles/les-malgaches-deplorent-lampleurde-corruption/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrobarom&#232;tre&lt;/a&gt;. Selon le &lt;a href=&#034;https://worldjusticeproject.org/sites/default/files/documents/Madagascar_FR.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rule of Law Index&lt;/a&gt; qui &#233;value le niveau de l'&#233;tat de droit, Madagascar est au 112&#232;me rang sur 143 pays avec une note de 0,43/1, loin derri&#232;re des pays comme le Danemark (0,90), le Japon (0,78), la France (0,72), mais aussi la Namibie (0,61), Maurice (0,60) ou le S&#233;n&#233;gal (0,60). Voil&#224; donc des indicateurs objectifs, afin de clouer le bec &#224; ceux qui pr&#233;tendent depuis des ann&#233;es agir pour l'assainissement du syst&#232;me judiciaire malgache, avec la m&#234;me cr&#233;dibilit&#233; qu'ils ont quand ils affirment la fin des d&#233;lestages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau du p&#233;nal, les d&#233;rives sont un secret de polichinelle depuis des dizaines d'ann&#233;es : montage de dossiers pour incriminer les innocents ; corruption lors des concours d'entr&#233;e &#224; l'&#201;cole nationale de la magistrature et des greffes (ENMG) ; sorties incongrues de prison de personnes condamn&#233;es ; impunit&#233; des d&#233;linquants qui savent rejoindre au bon moment le camp du pouvoir ou qui arrosent qui il faut pour b&#233;n&#233;ficier de tol&#233;rance etc. Des noms restent rattach&#233;s &#224; des dossiers dont le traitement, ou plut&#244;t l'absence de traitement professionnel par la Justice, laisse perplexe, pour ne citer que Raissa Razaivola, Herilaza Imbiky, Tiana Razafimahefa, ou Romy Voos. On s'interroge &#233;galement sur la nomination du d&#233;put&#233; Sylvestre Mahavitara &#224; la t&#234;te de la Commission d'enqu&#234;te parlementaire charg&#233;e d'examiner la gestion des finances publiques, quelques mois apr&#232;s la gr&#226;ce pr&#233;sidentielle qui avait permis sa sortie de prison en octobre 2025. Il avait pourtant &#233;t&#233; &#233;pingl&#233; en 2024 par le P&#244;le anti-corruption pour malversations financi&#232;res au sein du minist&#232;re de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine du Droit public, le paysage n'est gu&#232;re plus glorieux. La Haute cour constitutionnelle (HCC) se singularise par des prises de d&#233;cision quasiment toujours en faveur de l'Ex&#233;cutif, foulant aux pieds l'ind&#233;pendance du judiciaire qui est pourtant un principe fondamental de la d&#233;mocratie. Exemple typique : les fraudes &#233;lectorales cautionn&#233;es par le rejet de requ&#234;tes pourtant fond&#233;es au son des &#171; &lt;i&gt;azo raisina fa tsy mitombina&lt;/i&gt; &#187; syst&#233;matiques et scandaleux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'int&#233;grit&#233; des magistrats pose question&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De toutes mani&#232;res, quel genre d'int&#233;grit&#233; peut-on attendre d'un magistrat s'il a pay&#233; un &#171; &#233;colage &#187; faramineux pour rentrer &#224; l'ENMG, et qui se sent autoris&#233; &#224; &#171; agir &#187; pour rentabiliser son investissement une fois en fonctions. Les magistrats grouillent dans un oc&#233;an de corporatisme qui favorise l'impunit&#233; et le silence, ce qui laisse les crapules s&#233;vir en toute libert&#233;. Quelle suite &#224; l'emprisonnement d'un citoyen apr&#232;s la production d'un faux certificat m&#233;dical pour coups et blessures lors d'une &lt;a href=&#034;https://www.madagascar-tribune.com/Les-coups-de-griffes-du-samedi-22,18878.html&#034;&gt;dispute sur un parking&lt;/a&gt; ? Quelle cons&#233;quence pour la juge vex&#233;e qui a fait placer en garde &#224; vue un &lt;i&gt;mpikabary&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.koolsaina.com/video-mpikabary-emprisonne-pour-discours-prononce-devant-mpitsara/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; cause d'un proverbe sur les &lt;i&gt;tandra&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; ? Quelle sanction pour les juges et la d&#233;put&#233;e qui ont &#233;t&#233; impliqu&#233;s dans la &lt;a href=&#034;https://www.madagascar-tribune.com/Rolly-Mercia-saisit-le-PAC-une-plainte-aux-allures-de-reglement-de-comptes.html&#034;&gt;condamnation de Rolly Mercia sur la base de faux t&#233;moignages&lt;/a&gt; ? Quelle punition pour ceux qui ont fait condamner cinq paisibles citoyens proches de Marc Ravalomanana sous la transition 2009-2013, sous l'accusation fallacieuse d'avoir &lt;a href=&#034;https://www.madagascar-tribune.com/Cinq-noms-sont-cites-publiquement,12342.html&#034;&gt;commandit&#233; des bombinettes artisanales&lt;/a&gt; ? Souvent, ce sont les moins int&#232;gres qui sont les plus susceptibles : ce qu'ils veulent, c'est qu'on subisse leurs pitreries sans murmures ni discussions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, on se gardera bien de mettre les magistrats dans le m&#234;me sac. Plusieurs ont gard&#233; leur sens et leur id&#233;al de Justice, et pratiquent en silence leur m&#233;tier du mieux qu'ils peuvent dans un contexte de pressions financi&#232;res et politiques. On se rappelle de noms de grandes dames qui ont &#233;t&#233; ministres de la Justice, telles qu'Alice Rajaonah, Bakolalao Ramanandraibe ou Noro Razafimisa. Histoire de mesurer la diff&#233;rence en termes de classe, de dignit&#233; et de comp&#233;tence avec d'autres noms de petites dames. Au fait, qu'est-il arriv&#233; &#224; la ministre de la Justice qui avait br&#251;l&#233; &lt;a href=&#034;https://www.rfi.fr/fr/afrique/20180311-madagascar-scandale-concours-ecole-nationale-magistrature-greffes-copies-brulees&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les copies d'examen prouvant les magouilles&lt;/a&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu beaucoup d'espoir lors de la nomination du Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, qui a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; par son excellente r&#233;putation lorsqu'il &#233;tait au Bianco, m&#234;me s'il n'a pas &#233;t&#233; tr&#232;s visible ensuite sur les malversations de Ravatomanga lorsqu'il dirigeait le Samifin, le service de renseignement financier de Madagascar. Son silence et son manque d'action visible face aux d&#233;rapages actuels, comme les perquisitions bizarres en dehors de tout cadre l&#233;gal ou les enqu&#234;tes politiquement motiv&#233;es, laissent perplexes ceux qui le tiennent en estime. Est-il d&#233;pass&#233; par le buzz de l'effet bulldozer, dont l'agitation pose plus de questions que ne donne de r&#233;ponses ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc le paysage de la Justice malgache depuis des d&#233;cennies. La Refondation est-elle capable d'une refonte salutaire ? On s'abstiendra d'exposer un point de vue public, au risque de se voir assaisonn&#233; du refrain du monde judiciaire contre ceux qui refusent de cirer les pompes du pouvoir ou qui osent &#233;voquer les v&#233;rit&#233;s qui d&#233;rangent : l'atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il y a depuis quelques ann&#233;es une circonstance aggravante &#224; cause du comportement de certains internautes sur les r&#233;seaux sociaux, et sur lequel le professeur Umberto Eco avait d&#233;j&#224; averti : &#171; Les r&#233;seaux sociaux ont donn&#233; le droit de parole &#224; des l&#233;gions d'imb&#233;ciles qui, avant, ne parlaient qu'au bar, apr&#232;s un verre de vin et ne causaient aucun tort &#224; la collectivit&#233;. On les faisait taire tout de suite alors qu'aujourd'hui ils ont le m&#234;me droit de parole qu'un prix Nobel. C'est l'invasion des imb&#233;ciles &#187;. &#192; Madagascar, cela se traduit par des ph&#233;nom&#232;nes qui entretiennent le climat propice &#224; l'injustice et &#224; l'arbitraire : l'impunit&#233; dans la propagation de rumeurs et de diffamations, les campagnes de d&#233;nigrement orchestr&#233;es contre les rivaux politiques par des &lt;a href=&#034;https://www.france24.com/fr/&#233;missions/focus/20211005-madagascar-des-usines-&#224;-trolls-s-invitent-avec-facebook-dans-l-ar&#232;ne-politique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comptes fake g&#233;r&#233;s par des proches du pouvoir&lt;/a&gt;, comme ceux mis en place par Lalatiana Rakotondrazafy &#224; l'&#233;poque d'Andry Rajoelina. Les &lt;i&gt;tsaho&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;honohono&lt;/i&gt; accompagnent les enqu&#234;tes, et pr&#233;parent l'opinion publique &#224; des r&#233;sultats miraculeux sur le dos de boucs &#233;missaires. Ceux qui se permettent d'utiliser leur sens critique sont accus&#233;s de faire les &lt;i&gt;mpamendrofendro&lt;/i&gt;, car ils perturbent le &lt;i&gt;vulgum pecus&lt;/i&gt; &#224; qui on essaie de faire croire que tout va (presque) bien. Il faut juste un peu de &lt;i&gt;faharetana&lt;/i&gt;. Et de silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine de la Justice comme dans d'autres, refondation risque de rimer avec d&#233;sillusion.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript8543228386aa48a9a27f4c3.96788236&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#8211; ni pr&#233;lever, ni d&#233;penser, Diptyque sur le double effet ciseau de l'&#201;tat malgache</title>
		<link>https://www.madagascar-tribune.com/ni-prelever-ni-depenser-Diptyque-sur-le-double-effet-ciseau-de-l-Etat-malgache.html</link>
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		<dc:date>2026-08-31T05:30:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les chiffres de l'ex&#233;cution budg&#233;taire 2026 &#224;n Madagascar dessinent un paradoxe choquant qui devrait relever du scandale national : il y a de l'argent dans les caisses, des budgets vot&#233;s, des financements sign&#233;s &#8212; et ils ne sont pas d&#233;pens&#233;s. Deux milliards de dollars de financements ext&#233;rieurs non ex&#233;cut&#233;s, des minist&#232;res &#224; 2 ou 3 % d'engagement, une tr&#233;sorerie qui gonfle &#224; la Banque centrale pendant que les routes s'effondrent. Ce n'est pas une crise de financement : c'est une crise de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo_720-59-fcecf.jpg?1789158201' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les chiffres de l'ex&#233;cution budg&#233;taire 2026 &#224;n Madagascar dessinent un paradoxe choquant qui devrait relever du scandale national : il y a de l'argent dans les caisses, des budgets vot&#233;s, des financements sign&#233;s &#8212; et ils ne sont pas d&#233;pens&#233;s. Deux milliards de dollars de financements ext&#233;rieurs non ex&#233;cut&#233;s, des minist&#232;res &#224; 2 ou 3 % d'engagement, une tr&#233;sorerie qui gonfle &#224; la Banque centrale pendant que les routes s'effondrent. Ce n'est pas une crise de financement : c'est une crise de l'&#201;tat ex&#233;cutant. Premier volet d'un diptyque &#8212; car cette infirmit&#233; se combine &#224; une autre, plus ancienne, pour former un double effet ciseau : un &#201;tat qui ne sait ni pr&#233;lever ni d&#233;penser. Le probl&#232;me n'est pas particuli&#232;rement masqu&#233;. Il est surprenant qu'il ne soul&#232;ve pas plus d&#233;bat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Volet I &#8212; L'argent qui dort, l'&#201;tat qui ne sait plus d&#233;penser&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_20943 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/dyptique-illustration-1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH281/dyptique-illustration-1-e158c.jpg?1789158201' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Expos&#233; des faits&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au premier trimestre T1 2026, selon le compte rendu d'ex&#233;cution budg&#233;taire du minist&#232;re de l'&#201;conomie et des Finances lui-m&#234;me, les investissements sur financement interne n'ont &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;s qu'&#224; hauteur de 2,3 %. Le minist&#232;re de la Sant&#233; publique est pass&#233; d'un taux d'engagement de 40,3 % &#224; 2,9 %&#8230; C'est une quasi-paralysie caract&#233;ris&#233;e. Le minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale, le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur caract&#233;risent eux aussi des niveaux d'engagement quasi nuls&#8230; et on s'&#233;tonne apr&#232;s que les choses donnent le sentiment d'une in&#233;luctable et r&#233;guli&#232;re r&#233;gression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne remerciera pas le gouvernement pr&#233;c&#233;dent d'avoir interrompu pendant six ann&#233;es successives la revue semestrielle d'ex&#233;cution budg&#233;taire (ce qui explique que ces anomalies n'aient pas &#233;t&#233; d&#233;cel&#233;es plus t&#244;t)&#8230; On f&#233;licitera ce gouvernement-ci de l'avoir r&#233;tablie&#8230; Un peu de transparence n'est pas un luxe en la mati&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste qu'&#224; mi-parcours de l'ann&#233;e, l'&#201;tat aurait d&#251; logiquement avoir d&#233;pens&#233; la moiti&#233; de son budget d'investissement. Or il n'en a d&#233;pens&#233; que le quart : sur 2 026 milliards d'ariary pr&#233;vus, 503 milliards seulement ont &#233;t&#233; r&#233;ellement engag&#233;s dans des projets. Et qu'on ne nous dise pas que les caisses sont vides : les recettes fiscales rentrent presque au rythme pr&#233;vu, les salaires sont pay&#233;s, la dette est servie. L'argent est l&#224; pour l'essentiel&#8230; wtf ? C'est la d&#233;cision de d&#233;penser qui manque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'argent des bailleurs, le ministre des Finances lui-m&#234;me le reconnaissait en mai : pr&#232;s de 2 milliards de dollars d&#233;j&#224; accord&#233;s dorment sans &#234;tre utilis&#233;s &#8212; l'&#233;quivalent de plus d'une ann&#233;e enti&#232;re de recettes fiscales du pays. Et sur les projets de la Banque mondiale, moins d'un tiers des fonds mis &#224; disposition est effectivement d&#233;pens&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Absurdit&#233; absolue : nous courons les sommets internationaux &#224; qu&#233;mander des financements que nous sommes ensuite incapables d'absorber ! Nous n&#233;gocions &#226;prement des enveloppes qui dormiront dans des comptes d&#233;sign&#233;s. Il ne faut pas s'&#233;tonner que certains &#233;noncent qu'on peut se passer de l'aide ext&#233;rieure&#8230; La contrainte n'est plus l'argent. La contrainte est ailleurs. Mais o&#249; donc ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les goulots d'&#233;tranglement sont cependant caract&#233;ris&#233;s, qui fixent au moins ce qui freine la capacit&#233; &#224; d&#233;caisser&#8230; Encore faut-il qu'on veuille les r&#233;sorber. Quels sont-ils ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#201;tat qui recommence toujours et le spoils system&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le premier goulot est &#224; mes yeux la matrice de tout le reste : la non-continuit&#233; de l'&#201;tat&#8230; non-continuit&#233; qui se manifeste trois fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la destruction des instruments, d'abord. Le FMI le notait d&#232;s 2022 : le cadre de gestion des investissements publics adopt&#233; en 2018 n'&#233;tait d&#233;j&#224; plus utilis&#233;, et le d&#233;mant&#232;lement de l'agence d&#233;di&#233;e, l'OCSIF&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;OCSIF : Organisme de Coordination et de Suivi des Investissements et de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, avait fait d&#233;railler jusqu'&#224; la finalisation du manuel d'investissement. On a cr&#233;&#233; un outil de pilotage&#8230; et puis on l'a d&#233;mantel&#233; au gr&#233; des recompositions&#8230; Tout en promettant d'en recr&#233;er un autre. L'&#201;tat malgache, c'est connu, ne capitalise pas : il recommence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par l'interruption des routines, ensuite. La revue semestrielle d'ex&#233;cution budg&#233;taire, on l'a signal&#233; plus haut, n'avait plus eu lieu depuis six ans. Six ans ! Le ministre lui-m&#234;me en tire la conclusion qui s'impose : c'est pour cela que les anomalies n'ont pas &#233;t&#233; d&#233;cel&#233;es plus t&#244;t. Pendant six ans, personne, au sommet de l'&#201;tat, ne comparait syst&#233;matiquement ce qui &#233;tait programm&#233; et ce qui &#233;tait r&#233;alis&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la rotation des hommes, enfin. Chaque remaniement &#8212; celui de mars 2026 en est la derni&#232;re illustration &#8212; g&#232;le les d&#233;l&#233;gations de signature&#8230; remet &#224; z&#233;ro les circuits de validation&#8230; et disperse la m&#233;moire des dossiers. Le &#171; syst&#232;me des d&#233;pouilles &#187; (spoils system, qui n'existe pas que chez nous) caract&#233;rise la pratique syst&#233;matique consistant, pour chaque &#233;quipe politique qui arrive au pouvoir, &#224; redistribuer les postes de l'administration &#224; ses partisans&#8230; &#224; ses parents&#8230; &#224; ses clients&#8230; Le spoils system traite l'administration comme un butin &#224; redistribuer, jamais comme une m&#233;moire &#224; pr&#233;server.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce &#233;videmment en &#233;vin&#231;ant les titulaires nomm&#233;s par l'&#233;quipe pr&#233;c&#233;dente&#8230; et ind&#233;pendamment de toute consid&#233;ration de comp&#233;tence&#8230; ou, pire encore, de continuit&#233; du service&#8230; et on recommence &#224; chaque nouveau cycle&#8230; D'autant que l'opinion publique est l&#224; pour d&#233;noncer l'ant&#233;riorit&#233; suspicieuse&#8230; Un pour tous, tous pourris scande-t-on trop facilement sur un air de blues&#8230; Pardon de Bleu&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous avez dit &#171; tuer la comp&#233;tence &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres du premier trimestre portent la cicatrice exacte de ce remaniement : des minist&#232;res entiers &#224; l'arr&#234;t, le temps que les nouveaux titulaires reconstituent ce que leurs pr&#233;d&#233;cesseurs avaient construit&#8230; Et parfois emport&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le goulot d'Iavoloha&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me r&#233;ponse, la plus m&#233;canique : la cha&#238;ne de la d&#233;pense est hypercentralis&#233;e. Le diagnostic conduit par le PNUD et l'USAID dans le cadre du programme RINDRA&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;RINDRA &#8212; &#171; Renforcer la Gouvernance &#224; Madagascar &#187; &#8212; est un programme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; l'&#233;crivait sans d&#233;tour d&#232;s 2023 : il subsiste dans le circuit budg&#233;taire des points d'approbation qui entravent le processus de paiement &#8212; et parmi eux, le point de d&#233;cision pr&#233;sidentiel, qui &#171; ajoute du temps au traitement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;tail chiffr&#233; m&#233;rite d'&#234;tre retenu : toute d&#233;pense de projet au-del&#224; de 200 millions d'ariary &#8212; environ 50 000 dollars &#8212; requiert le visa du Pr&#233;sident et du Premier ministre&#8230; et d&#232;s le premier ariary pour un transfert en esp&#232;ces. Des partenaires de d&#233;veloppement confiaient aux enqu&#234;teurs devoir rencontrer de hauts responsables, jusqu'au pr&#233;sident, pour d&#233;bloquer des probl&#232;mes mineurs de traitement. Traduisons : pour les d&#233;cisions qui comptent, la signature remonte jusqu'&#224; Iavoloha.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un dysfonctionnement, c'est une architecture. La concentration du pouvoir de signature est, dans le pr&#233;sidentialisme malgache, un instrument de contr&#244;le politique et de distribution de la rente. Mais elle a un co&#251;t m&#233;canique implacable : un ex&#233;cutif qui veut tout viser devient le goulot d'&#233;tranglement de tout. L'&#201;tat qui veut tout contr&#244;ler ne peut rien d&#233;caisser vite. Chaque dossier attend son tour dans l'antichambre du prince &#8212; et les dossiers sont des milliers.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'incomp&#233;tence est une explication commode&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me r&#233;ponse, celle qu'on entend le plus souvent : le manque de comp&#233;tences. Elle n'est pas fausse, d'autant que ce manque de comp&#233;tences est amplifi&#233; par les m&#233;faits du spoils system.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que le montage d'un dossier conforme aux proc&#233;dures des bailleurs &#8212; &#233;tudes de faisabilit&#233;, passation de march&#233;s, gestion fiduciaire &#8212; exige une ing&#233;nierie administrative que les minist&#232;res sectoriels ne ma&#238;trisent que dans des unit&#233;s de gestion de projets (UGP) isol&#233;es, &#8230; UGP mieux pay&#233;es, qui siphonnent d'ailleurs les meilleurs cadres de l'administration ordinaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le montage d'un dossier conforme aux proc&#233;dures des bailleurs &#8212; &#233;tudes de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cercle vicieux entretenu par les bailleurs eux-m&#234;mes : pour faire avancer leurs projets, ils vident l'&#201;tat de ses comp&#233;tences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gardons-nous toutefois de cette explication trop commode&#8230; politiquement neutre, elle ne d&#233;signe personne. Parce que les m&#234;mes fonctionnaires, dans les m&#234;mes bureaux, savent ex&#233;cuter tr&#232;s vite certaines d&#233;penses &#8212; celles qui int&#233;ressent le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me n'est pas ici le stock de comp&#233;tences ; c'est leur allocation, leur rotation permanente, et surtout l'absence de toute incitation &#224; d&#233;cider. Ce qui nous am&#232;ne au point le plus d&#233;rangeant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La corruption et la peur de signer&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La corruption explique la lenteur des d&#233;caissements par deux m&#233;canismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier m&#233;canisme est classique : la lenteur cr&#233;e la rente. Chaque visa, chaque &#233;tape de la cha&#238;ne de la d&#233;pense est un p&#233;age potentiel. La complexit&#233; proc&#233;durale n'est pas un accident que la corruption exploiterait ; elle est fonctionnelle pour ceux qui la monnayent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays class&#233; 26/100 &#224; l'indice de perception de la corruption &#8212; largement sous la moyenne subsaharienne &#8212; et dont le FMI pointe &#171; les soup&#231;ons de mainmise sur l'&#201;tat par des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s &#187;, le circuit lent est avant tout un circuit rentable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second m&#233;canisme est la paralysie d&#233;fensive. Quand la lutte anticorruption frappe de fa&#231;on s&#233;lective et impr&#233;visible, au gr&#233; des recompositions politiques, l'ordonnateur rationnel ne signe plus. Signer un march&#233;, c'est s'exposer &#8212; aujourd'hui &#224; la commission d'appel d'offres, demain au BIANCO d'un pouvoir qui aura chang&#233; de mains. Ne rien engager, c'est ne rien risquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chute de la Sant&#233; publique &#224; 2,9 % d'engagement apr&#232;s le remaniement n'est pas seulement de la d&#233;sorganisation : c'est de la prudence de survie&#8230; de directeurs administratifs et financiers qui attendent de savoir qui sera prot&#233;g&#233; demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'anticorruption instrumentalis&#233;e produit ainsi exactement le m&#234;me effet que la corruption qu'elle pr&#233;tend combattre : l'immobilisme. On a l&#224; un n&#339;ud gordien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deux imp&#233;ratifs l&#233;gitimes s'&#233;tranglent mutuellement. Rel&#226;cher la r&#233;pression, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8230; et ce n'est pas avec une nouvelle task force qu'on le tranchera.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le pi&#232;ge de la basse confiance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut ajouter la boucle qui verrouille le syst&#232;me : la r&#233;ponse des bailleurs. Face au risque fiduciaire, ils multiplient les sas &#8212; comptes d&#233;sign&#233;s, avis de non-objection &#224; chaque &#233;tape, audits en cascade. Plus la gouvernance est faible, plus les proc&#233;dures se durcissent, plus l'ex&#233;cution ralentit, moins le pays absorbe&#8230; et plus les bailleurs se m&#233;fient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'y ajoute le probl&#232;me des fonds de contrepartie : l'&#201;tat, qui pr&#233;l&#232;ve &#224; peine 11 % du PIB, ne parvient pas &#224; d&#233;bloquer sa quote-part des cofinancements, ce qui bloque le d&#233;caissement de la part bailleur. L'infirmit&#233; fiscale vient ici aggraver l'infirmit&#233; ex&#233;cutante &#8212; on y reviendra pour conclure.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le budget comme th&#233;&#226;tre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Reste la question que les rapports techniques ne posent jamais : notre budget d'investissement est-il seulement fait pour &#234;tre ex&#233;cut&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une part des programmes inscrits en loi de finances rel&#232;ve de l'affichage &#8212; vis-&#224;-vis des bailleurs, &#224; qui l'on montre l'ambition ; de l'opinion, &#224; qui l'on promet ; des client&#232;les r&#233;gionales, que l'on flatte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inscrire un cr&#233;dit ne co&#251;te rien. L'ex&#233;cuter exige des &#233;tudes, du foncier, des indemnisations, des comp&#233;tences&#8230; le ministre reconnaissait lui-m&#234;me que les compensations aux familles d&#233;plac&#233;es ( dont les terrains sont travers&#233;s par les projets d'utilit&#233; publique ), retard&#233;es faute de d&#233;caissement, font &#171; patiner &#187; les projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cart chronique entre le programm&#233; et le r&#233;alis&#233; n'est alors pas une anomalie du syst&#232;me : il en est le fonctionnement normal. Un &#201;tat qui gouverne par l'annonce produit structurellement des budgets-vitrines. La tr&#233;sorerie qui dort &#224; Antaninarenina en est le r&#233;sidu comptable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;capitulons &#8212; et ouvrons le ciseau&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La non-continuit&#233; de l'&#201;tat est la matrice : elle d&#233;truit les instruments, les routines et les hommes. L'hypercentralisation pr&#233;sidentielle est le goulot m&#233;canique. La corruption et son ombre port&#233;e &#8212; la peur de signer &#8212; sont &#224; la fois le lubrifiant pervers et le frein. Le d&#233;ficit de comp&#233;tences est r&#233;el mais largement fabriqu&#233; par la rotation et le siphonnage. Et la d&#233;fiance fiduciaire des bailleurs boucle le pi&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce constat serait d&#233;j&#224; accablant s'il &#233;tait isol&#233;. Mais il ne l'est pas. Il faut le superposer &#224; une autre infirmit&#233;, plus ancienne, qu'une chronique ant&#233;rieure caract&#233;risait sous l'&#233;nonc&#233; &#171; Une fiscalit&#233; sans contrat &#187; : Madagascar mobilise p&#233;niblement 10 &#224; 11 % de son PIB en recettes fiscales, l'un des taux les plus faibles du continent, dans une &#233;conomie informelle &#224; 95 %. Un &#201;tat qui ne pr&#233;l&#232;ve pas est un &#201;tat qui ne doit rien &#224; personne&#8230; et &#224; qui &#233;videmment personne ne demande de comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici donc le ciseau&#8230; et a&#239;e&#8230; il coupe des deux c&#244;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re lame : l'&#201;tat ne sait pas mobiliser ses ressources propres&#8230; la Banque mondiale ne cesse de rappeler que l'insuffisance des recettes fiscales limite structurellement la capacit&#233; d'investissement public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seconde lame : quand l'argent lui est donn&#233; &#8212; tant par les bailleurs que par les rares recettes recouvr&#233;es &#8212; il ne sait pas le d&#233;penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#201;tat normalement d&#233;faillant &#233;choue d'un seul c&#244;t&#233; : il veut d&#233;penser plus qu'il ne collecte. Le n&#244;tre r&#233;ussit l'exploit d'&#233;chouer des deux : pauvre en amont, impotent en aval. Entre les deux lames, ce qui est cisaill&#233;, c'est le d&#233;veloppement lui-m&#234;me et la population, qui n'est ni contribuable associ&#233;e ni b&#233;n&#233;ficiaire servie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quant &#224; la premi&#232;re lame, la plus ancienne, la plus profonde il faut encore caract&#233;riser o&#249; g&#238;t donc cet argent que l'&#201;tat ne pr&#233;l&#232;ve pas, laisse fuir ou abandonne ? Il est localis&#233;, chiffr&#233;, publi&#233;. Ce sera l'objet du second volet de ce dyptique : car le pays, on va le voir, n'est pas ruin&#233; &#8212; il est saign&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Volet 2 &#8211; Qui a dit pays ruin&#233; ?&lt;/h2&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le r&#233;cit du d&#233;nuement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Le premier volet de ce diptyque montrait un &#201;tat incapable de d&#233;penser l'argent dont il dispose &#8212; goulot pr&#233;sidentiel d'Iavoloha, spoils system, peur de signer, budgets-vitrines. Celui-ci s'attaque au r&#233;cit qui excuse tout : celui d'un pays exsangue, trop pauvre pour r&#233;pondre &#224; ses responsabilit&#233;s. On a tout faux. Les chiffres officiels, publi&#233;s par l'administration malgache elle-m&#234;me, localisent, chiffrent et cartographient des sommes qui d&#233;passent les budgets sociaux du pays. Le pays n'est pas ruin&#233;. Il est saign&#233;. Et la nuance n'est pas rh&#233;torique : elle est politique.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons o&#249; la premi&#232;re lame du ciseau nous avait laiss&#233;s : un &#201;tat qui mobilise p&#233;niblement 10 &#224; 11 % de son PIB, dans une &#233;conomie informelle &#224; 95 %. Un biais cognitif nous fait croire de fait &#224; un pays financi&#232;rement exsangue, &#224; un &#201;tat incapable de r&#233;pondre, faute de moyens, &#224; ses responsabilit&#233;s sociales&#8230; ou d'engager le moindre projet d'infrastructure sans l'assistance des bailleurs ext&#233;rieurs. On a tout faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;cit du d&#233;nuement arrange tout le monde. Il arrange le pouvoir, qui transforme chaque d&#233;faillance en fatalit&#233; budg&#233;taire &#8212; certains croient encore qu'on ne demande pas de comptes &#224; un pauvre. Ce r&#233;cit arrange aussi les bailleurs, dont il justifie la tutelle perp&#233;tuelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faut ici &#233;noncer une loi que la pudeur diplomatique interdit de dire : un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il arrange enfin ceux qui prosp&#232;rent pr&#233;cis&#233;ment dans les interstices de cette pr&#233;tendue mis&#232;re publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les chiffres officiels, publi&#233;s par l'administration malgache elle-m&#234;me, racontent une tout autre histoire : celle d'un &#201;tat qui renonce, laisse fuir ou n&#233;glige de collecter, chaque ann&#233;e, des sommes qui d&#233;passent ses budgets sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; est donc l'argent ? Il g&#238;t en trois endroits parfaitement cartographi&#233;s &#8212; trois gisements que l'&#201;tat conna&#238;t, documente, et n'exploite pas.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Trois gisements cartographi&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Premier gisement : l'argent auquel l'&#201;tat renonce volontairement. Cela porte un nom technique, les d&#233;penses fiscales, &#224; savoir exon&#233;rations, r&#233;ductions, taux pr&#233;f&#233;rentiels. Le rapport officiel de l'Unit&#233; de Politique fiscale les chiffre &#224; 2 281 milliards d'ariary pour 2024, soit pr&#232;s de 27 % des recettes domestiques. L'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, le m&#234;me exercice les &#233;valuait &#224; pr&#232;s de 3 000 milliards d'ariary &#8212; 46 % des recettes fiscales, 4,2 % du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relisons lentement : pour chaque tranche de 100 ariary collect&#233;s, l'&#201;tat en abandonne entre 27 et 46 par d&#233;cision discr&#233;tionnaire. Et la Banque mondiale note que cette liste comprend de nombreuses exon&#233;rations occasionnelles en faveur de b&#233;n&#233;ficiaires privil&#233;gi&#233;s, ouvrant la voie &#224; la fraude &#8212; soci&#233;t&#233;s abusivement enregistr&#233;es comme entreprises franches, d&#233;clarations frauduleuses sur les importations de riz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'y ajoutent, selon la soci&#233;t&#233; civile, des d&#233;rogations qui ne figurent m&#234;me pas dans les textes budg&#233;taires. Le renoncement l&#233;gal a son ombre port&#233;e : le renoncement occulte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me gisement : l'argent qui fuit. Le SAMIFIN, service de renseignement financier de l'&#201;tat, a d&#233;tect&#233; 3 340 milliards d'ariary de flux financiers illicites pour la seule ann&#233;e 2023, dont plus d'un tiers des dossiers li&#233;s &#224; la fraude fiscale et aux fausses d&#233;clarations &#224; l'import-export. D&#233;tect&#233;s, disent-ils&#8230; on n'a l&#224; que la partie &#233;merg&#233;e de l'iceberg. Et que recouvre-t-on ? 6,3 milliards d'ariary d'avoirs illicites &#8212; moins de deux milli&#232;mes des flux identifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;morragie est document&#233;e par l'&#201;tat ; le garrot, lui, n'est jamais pos&#233;. L'or qui s'envole par valises enti&#232;res vers Duba&#239;, la vanille sous-factur&#233;e, le bois de rose : chacune de ces fili&#232;res a fait l'objet de rapports, de scandales, de promesses. Aucune n'a &#233;t&#233; tarie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me gisement : l'argent qu'on ne demande pas. La pression fiscale malgache stagne autour de 10-11 % du PIB, quand la moyenne d'Afrique subsaharienne d&#233;passe 15 %. Chaque point de PIB non collect&#233; repr&#233;sente environ 1 000 milliards d'ariary.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cart avec la simple moyenne continentale &#8212; pas avec la Su&#232;de, avec la moyenne africaine &#8212; &#233;quivaut donc &#224; 4 000 &#224; 5 000 milliards d'ariary par an. Non pas parce que la mati&#232;re imposable n'existe pas, mais parce que le contrat fiscal n'existe pas : une &#233;conomie informelle &#224; 95 % de l'emploi n'est pas une anomalie statistique, c'est le sympt&#244;me d'un &#201;tat qui a renonc&#233; &#224; &#233;changer l'imp&#244;t contre le service &#8212; on y reviendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En additionnant, prudemment, &#224; la louche&#8230; Exon&#233;rations, r&#233;ductions, taux pr&#233;f&#233;rentiels : 2 200 milliards&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nonobstant qu'il est concevable qu'on puisse et doive favoriser (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Flux illicites d&#233;tect&#233;s : 3 300 milliards. &#201;cart de collecte &#224; la moyenne africaine : 4 000 milliards. M&#234;me en admettant des recouvrements entre ces cat&#233;gories, l'ordre de grandeur est sans appel : entre 6 000 et 9 000 milliards d'ariary &#233;chappent chaque ann&#233;e au circuit public (sur 37 000 milliards de budget global)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit presque deux fois les budgets de la sant&#233;, de l'&#233;ducation et des travaux publics cumul&#233;s&#8230; davantage que l'aide ext&#233;rieure que le pays mendie dans le m&#234;me temps. Voil&#224; le paradoxe constitutif : Madagascar tend la s&#233;bile d'une main et laisse couler de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Saign&#233;, pas ruin&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Le pays n'est pas ruin&#233;. Il est saign&#233;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;. La nuance n'est pas rh&#233;torique, elle est politique. Un pays ruin&#233; appelle la charit&#233; ; un pays saign&#233; appelle des responsables. Le r&#233;cit de l'&#201;tat exsangue est une anesth&#233;sie : il transforme des choix &#8212; exon&#233;rer tel importateur, ne pas poursuivre tel trafiquant, ne pas fiscaliser telle rente &#8212; en contraintes naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le biais cognitif dont nous parlions n'est pas une erreur innocente de perception : c'est un r&#233;cit entretenu, parce qu'il est la condition de possibilit&#233; du syst&#232;me de pr&#233;l&#232;vement priv&#233; sur la ressource publique. La question n'est donc pas &#171; o&#249; trouver l'argent ? &#187; &#8212; il est localis&#233;, chiffr&#233;, publi&#233; au Journal officiel des renoncements. La question est : qui a int&#233;r&#234;t &#224; ce que nous continuions de croire qu'il n'existe pas ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En conclusion &#8212; refermer le diptyque&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Refermons le ciseau sur ses deux lames. D'un c&#244;t&#233;, un &#201;tat qui renonce, laisse fuir ou n&#233;glige de collecter entre 6 000 et 9 000 milliards d'ariary par an ; de l'autre, un &#201;tat qui laisse dormir jusqu'&#224; l'argent qu'on lui donne, faute de continuit&#233;, de d&#233;concentration et d'incitation &#224; d&#233;cider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement annonce une task force et le retour de la revue semestrielle. Fort bien : ce sont les sympt&#244;mes proc&#233;duraux que l'on traite. La matrice &#8212; la stabilit&#233; de l'appareil d'&#201;tat au-del&#224; des cycles politiques, et le contrat fiscal qui donne au citoyen un droit de regard &#8212; reste intouch&#233;e. C'est pourtant l&#224; que se jouera le seul test qui vaille pour la Refondation, et il tient en trois questions. Non pas : qu'inscrit-elle au budget ? Mais : qu'ex&#233;cute-t-elle ? Et surtout : que laissera-t-elle debout de l'administration quand elle partira ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car un pays qui n'arrive ni &#224; pr&#233;lever l'imp&#244;t ni &#224; d&#233;penser l'argent qu'on lui donne n'a pas un probl&#232;me de moyens. Il a un probl&#232;me d'&#201;tat. Et cet &#201;tat-l&#224;, aucun bailleur ne le d&#233;caissera &#224; notre place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) - 28/08/2026&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript20000410126aa48840279713.28200891&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;OCSIF : Organisme de Coordination et de Suivi des Investissements et de leurs Financements. Intitul&#233; donn&#233; par le d&#233;cret n&#176; 2017-094 portant sa cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;RINDRA &#8212; &#171; Renforcer la Gouvernance &#224; Madagascar &#187; &#8212; est un programme quinquennal (2021-2026), financ&#233; par l'USAID (et interrompu depuis, cf. Trump vs USAID) et mis en &#339;uvre par le PNUD Madagascar avec l'ONG malgache MSIS-Tatao. Il s'agit d'un programme financ&#233; par un bailleur pour apprendre &#224; l'&#201;tat &#224; d&#233;penser l'argent des bailleurs ! C'est donc de l'aide &#224; absorber l'aide : la mise en abyme dit tout du degr&#233; d'extraversion atteint.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le montage d'un dossier conforme aux proc&#233;dures des bailleurs &#8212; &#233;tudes de faisabilit&#233;, plans de passation de march&#233;s, rapports fiduciaires trimestriels, audits &#8212; exige un savoir-faire administratif tr&#232;s sp&#233;cifique. Or ce savoir-faire, l'administration malgache ne le poss&#232;de gu&#232;re que dans des enclaves : les unit&#233;s de gestion de projets, ces UGP que chaque bailleur exige ou tol&#232;re en marge des minist&#232;res pour piloter &#171; son &#187; projet. Structures parall&#232;les, recrut&#233;es sur contrat, pay&#233;es sur les fonds du projet &#224; des salaires qui peuvent repr&#233;senter trois, cinq, parfois dix fois le traitement d'un fonctionnaire de grade &#233;quivalent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Deux imp&#233;ratifs l&#233;gitimes s'&#233;tranglent mutuellement. Rel&#226;cher la r&#233;pression, c'est rouvrir les vannes de la pr&#233;dation&#8230; l'intensifier sans la rendre impartiale et pr&#233;visible, c'est &#233;paissir la paralysie &#8212; chaque nouvelle vague d'arrestations spectaculaires convainc un peu plus les ordonnateurs de bonne foi que la seule signature s&#251;re est celle qu'on ne donne pas.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il faut ici &#233;noncer une loi que la pudeur diplomatique interdit de dire : un bailleur existe d'abord pour lui-m&#234;me. Comme toute organisation, sa premi&#232;re mission &#8212; non &#233;crite, mais imp&#233;rieuse &#8212; est de justifier son existence et d'assurer sa p&#233;rennit&#233; : ses effectifs, ses budgets, ses repr&#233;sentations-pays, la carri&#232;re de ses agents, ses inh&#233;rents politiques ou g&#233;opolitiques. Le d&#233;veloppement du b&#233;n&#233;ficiaire vient ensuite &#8212; sinc&#232;rement poursuivi, souvent, mais structurellement second. Nul complot l&#224;-dedans, nulle mauvaise foi des individus, qui sont pour la plupart d&#233;vou&#233;s : c'est la pente de toute institution, que la sociologie nomme depuis un si&#232;cle la loi d'airain des organisations. La Banque mondiale l'a &#233;crit sur elle-m&#234;me d&#232;s 1992 : un rapport constatait que la carri&#232;re d'un charg&#233; de projet s'y jouait sur le volume de pr&#234;ts approuv&#233;s, non sur leurs r&#233;sultats &#8212; une &#171; culture de l'approbation &#187; que trente ans de r&#233;formes n'ont pas dissoute.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nonobstant qu'il est concevable qu'on puisse et doive favoriser l'investissement priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le susceptible</title>
		<link>https://www.madagascar-tribune.com/Le-susceptible-au-pouvoir.html</link>
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		<dc:date>2026-08-29T04:59:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andy M.</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Bienvenue, ami du samedi. Pour sa quatri&#232;me consultation, notre cabinet ausculte aujourd'hui un patient increvable, contagieux depuis des si&#232;cles, et qui refuse obstin&#233;ment toute gu&#233;rison : le susceptible. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais pas le susceptible de bas-&#233;tage. Que nenni. Le susceptible de classe exceptionnelle. Celui qui a du pouvoir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avertissement pour ceux qui nourrissent l'illusion : pouvoir n'est pas synonyme de cerveau. &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;cente affaire Harotsilavo Rakotoson a plac&#233; le susceptible qui a du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bienvenue, ami du samedi. Pour sa quatri&#232;me consultation, notre cabinet ausculte aujourd'hui un patient increvable, contagieux depuis des si&#232;cles, et qui refuse obstin&#233;ment toute gu&#233;rison : le susceptible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pas le susceptible de bas-&#233;tage. Que nenni. Le susceptible de classe exceptionnelle. Celui qui a du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avertissement pour ceux qui nourrissent l'illusion : pouvoir n'est pas synonyme de cerveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;cente affaire Harotsilavo Rakotoson a plac&#233; le susceptible qui a du pouvoir sous les feux des projecteurs, en tentant de faire payer au juriste de bonne famille sa parole trop libre et surtout trop vraie lors du podcast Aotra d'il y a deux semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne sait pas trop qui dans le cercle dirigeant a eu l'esprit suffisamment malsain pour se vexer contre cet homme qui a parl&#233; d'un secret de polichinelle : l'explosion de la pratique du &lt;i&gt;bizna&lt;/i&gt; dans la vie nationale. Mais le Chef de l'&#201;tat et le Premier ministre devraient s&#233;vir contre ces malfaisants qui d&#233;naturent leurs engagements de refondation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne parle pas du business, auquel tentent de s'adonner tant bien que mal les membres du GEM, Fivpama et autres groupements d'entrepreneurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on parle du &lt;i&gt;bizna&lt;/i&gt;. Le minable. Celui qui prolif&#232;re sur les ordures de la corruption. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'agent de police qui demande &#171; le kafe &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le membre de cabinet qui monnaye son entregent pour intervenir en faveur d'une demande d'audience. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le douanier qui exige un &lt;i&gt;voan-dal&#224;na&lt;/i&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le magistrat qui arrange les verdicts pour exon&#233;rer le g&#233;n&#233;reux et faire plonger l'avare et le d&#233;sargent&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;put&#233;s qui jouent &#224; la girouette sur la musique du froissement d'enveloppes ou du claquement des mallettes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le haut fonctionnaire qui cautionne sa signature n&#233;cessaire &#224; l'obtention ou au paiement d'un contrat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le ministre qui rackette un justiciable. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le &lt;i&gt;mpibizina&lt;/i&gt; qui s'improvise entrepreneur et &#171; commissionne &#187; les d&#233;cideurs pour les inviter &#224; fermer les yeux sur les incongruit&#233;s dans l'octroi de march&#233;s publics.&lt;br class='autobr' /&gt;
On s'abstiendra de parler du financement des proc&#233;d&#233;s utilis&#233;s pour arriver au pouvoir en-dehors de tout cadre &#233;lectoral. &lt;br class='autobr' /&gt;
On peut rallonger &#224; l'infini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette description de la r&#233;alit&#233; n'est offensante que pour ceux qui se savent en &#234;tre partie prenante. Et qui ont int&#233;r&#234;t &#224; emp&#234;cher des paroles trop crues de s'&#233;tendre dans l'opinion publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans toute bonne dictature, on fait taire ceux qui sifflent dans le sens contraire du vent dominant. &lt;br class='autobr' /&gt;
On r&#233;duit au silence ceux qui refusent la m&#233;diocrit&#233; du moule ambiant. &lt;br class='autobr' /&gt;
On coupe ce qui d&#233;passe, m&#234;me si ce sont les t&#234;tes. Du moins au sens figur&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Susceptible peut-&#234;tre, mais pas trop sauvage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Du moins pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis des d&#233;cennies, les autorit&#233;s usent et abusent de la formule magique : atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous portez un t-shirt avec une inscription jug&#233;e subversive ? Atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous pointez un pouce renvers&#233; en direction du cort&#232;ge pr&#233;sidentiel ? Atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous prenez en photo le talon des bagages &#233;tonnamment lourds du chef d'&#201;tat ? Atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tels furent quelques exemples document&#233;s de la d&#233;mocratie chez Rajoelina.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles courbes sinueuses tracent le caract&#232;re tortueux d'une mentalit&#233; qui s'offusque des gens qui osent parler des r&#233;alit&#233;s qui d&#233;rangent et des v&#233;rit&#233;s pas bonnes &#224; dire. De ces &lt;i&gt;salopards d'intellectuels&lt;/i&gt; pr&#234;chant de mauvaises paroles qui emp&#234;chent l'opinion publique de dormir sur ses deux oreilles en gobant les paroles des puissants. Et qui d&#233;tournent le sens critique des esprits qui devraient se contenter de la version officielle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, quand on parle d'atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat, on se demande si on parle de l'&#201;tat. Ou des tas d'&lt;i&gt;on ne sait trop quoi&lt;/i&gt; et de leur &#233;tat d'esprit de minables jaloux et arrogants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu les &lt;i&gt;solelakistes&lt;/i&gt; et leurs troupeaux de fako sur les r&#233;seaux sociaux s'empressent d'insinuer que la m&#233;saventure d'Harotsilavo Rakotoson n'a rien &#224; voir avec sa brillante prestation dans le podcast Aotra, &lt;i&gt;mais qu'il y aurait autre chose&lt;/i&gt;. Le genre de d&#233;claration qui pue l'annonce, si ce n'est la promesse. On va chercher autre chose de plus justifiable. Et si on ne trouve pas, &lt;i&gt;on trouvera&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La justice tropicale n'a jamais &#233;t&#233; &#224; court d'imagination pour envoyer &#224; l'ombre des citoyens innocents sous divers pr&#233;textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;part de Rajoelina, la refondation a-t-elle chang&#233; le style de d&#233;mocratie sous les tropiques, comme l'exigeaient les mouvements de rue de septembre - octobre 2025 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&lt;i&gt;Efa miadana ve ny Malagasy&lt;/i&gt;&#034; demanderait Ratsiraka ? La Gen-Z est-elle satisfaite des r&#233;sultats de son tolona de septembre &#8211; octobre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On laissera &#224; chacun le soin de r&#233;pondre et de prendre le risque de recevoir une invitation &#224; appr&#233;cier un s&#233;jour &#224; Fiadanana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avis aux amateurs : en fonction de votre capacit&#233; &#224; courber le dos et &#224; tenir votre langue, votre &lt;i&gt;fiadanana&lt;/i&gt; pourra prendre des directions diff&#233;rentes, comme par exemple un quartier en contre-bas du Fort-Voyron. D'ailleurs, ce lieu a un nom qui laisse perplexe, vu la fa&#231;on dont les dirigeants malgaches en font usage pour traduire en actes les paroles de l'hymne national : &#034;&lt;i&gt;hiadana sy ho finaritra&lt;/i&gt;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consultation termin&#233;e. Ordonnance d&#233;livr&#233;e gratuitement car sans illusion sur les maladies incurables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi parle le folisophe du &#231;a me dit. Qui vous dit &#224; samedi prochain.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/MQSDrAbMVB4?si=Qgb_hcmN-viifYU7&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript8834653606aa48b8a233570.85737791&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les retourneurs de palitao</title>
		<link>https://www.madagascar-tribune.com/Les-retourneurs-de-palitao.html</link>
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		<dc:date>2026-08-22T05:28:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andy M.</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Num&#233;ro 3 de la s&#233;rie hebdomadaire dans laquelle notre folisophe aborde des sujets de soci&#233;t&#233; qui peuvent effleurer la politique, et vice-versa. Mais toujours sans prise de t&#234;te, car de toutes fa&#231;ons, c'est le week-end ! &lt;br class='autobr' /&gt; Bienvenue, ami du samedi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre cabinet ausculte aujourd'hui un patient increvable, contagieux depuis des si&#232;cles, et qui refuse obstin&#233;ment toute gu&#233;rison : le mpamadika palitao. &lt;br class='autobr' /&gt;
Madagascar est une terre connue pour sa tradition du famadihana, le retournement des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Num&#233;ro 3 de la s&#233;rie hebdomadaire dans laquelle notre folisophe aborde des sujets de soci&#233;t&#233; qui peuvent effleurer la politique, et vice-versa. Mais toujours sans prise de t&#234;te, car de toutes fa&#231;ons, c'est le week-end !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bienvenue, ami du samedi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre cabinet ausculte aujourd'hui un patient increvable, contagieux depuis des si&#232;cles, et qui refuse obstin&#233;ment toute gu&#233;rison : le &lt;i&gt;mpamadika palitao&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Litt&#233;ralement, celui qui retourne sa veste.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar est une terre connue pour sa tradition du &lt;i&gt;famadihana&lt;/i&gt;, le retournement des morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans notre pays, on ne retourne pas seulement les morts. On y retourne aussi les vestes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiciens et les courtisans s'affichent sans scrupules comme &lt;i&gt;sakaizan'ny mpandresy&lt;/i&gt;. Litt&#233;ralement, les potes du vainqueur. Savoir changer d'&#233;curie au bon moment permet d'attirer la chance, ou &#233;viter les probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela entretient la transhumance cyclique des troupeaux de cam&#233;l&#233;ons, derri&#232;re le saint paravent du &lt;i&gt;fitiavan-tanindrazana&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Mpamadika palitao &lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;mpamadika&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Traitre&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; tout court.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; chaque changement au pouvoir, on assiste &#224; un &lt;i&gt;mercato&lt;/i&gt;.&lt;/strong&gt; Mais contrairement au monde du football de haut niveau, le &lt;i&gt;mercato&lt;/i&gt; politique ne concerne qu'un seul talent : celui de la conjugaison des verbes du deuxi&#232;me groupe. Trahir, se d&#233;dire, travestir, pervertir, subvertir, d&#233;sunir, avilir, salir. Sans oublier la rime avec mentir, verbe du troisi&#232;me groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela donne des parcours impressionnants pour certains sujets qui passent all&#232;grement d'un parti &#224; un autre, en fricotant sans aucun scrupule avec le maximum parmi les r&#226;teliers pr&#233;sents dans le paysage : Mfm, Arema, Mapar, Hvm, Tim, sans oublier Pisodia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; leur suite, les &lt;i&gt;bravo-merci-prezid&#224;istes&lt;/i&gt; changent aussi de poulain sans vergogne. Hier, on &lt;i&gt;solelakait&lt;/i&gt; Rakoto, aujourd'hui on &lt;i&gt;solelaka&lt;/i&gt; Ranaivo. Demain on &lt;i&gt;solelakera&lt;/i&gt; Rasoa. Dieu merci, il y a autant de jours dans le calendrier que de temps grammaticaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; force de retourner les vestes, tout ce beau monde finira par retourner leur pantalon, leurs chaussettes et m&#234;me leur cale&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dit la fameuse formule, je te l&#232;che ; je te l&#226;che ; je te lynche. Le cycle est immuable. Que ce soit la langue de la l&#232;che, les mains qui l&#226;chent ou les actes qui lynchent : tout est au plus offrant. &lt;i&gt;Politika no atao &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est de politique dont il s'agit.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : on laissera l'&#233;thique aux manuels de philosophie, aux th&#232;ses de science politique, aux communiqu&#233;s de la soci&#233;t&#233; civile, aux pr&#233;dications du FFKM, et bien entendu aux &lt;i&gt;kabary&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;velirano&lt;/i&gt; des politicards. Dans l'ordre d&#233;croissant en mati&#232;re d'honorabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;pid&#233;mies de trahison sont cycliques. Celle des Iznogoud qui veulent devenir calife &#224; la place du calife et des Dilat Larat qui les applaudissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se souvient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des anciens membres du Front national de d&#233;fense de la r&#233;volution qui ont allum&#233; la crise de 1991 contre Ratsiraka. Des proches de Ravalomanana qui ont soutenu le coup d'&#201;tat de 2009. Des artisans du coup d'&#201;tat de 2009 qui sont ensuite devenus membres du parti de Ravalomanana. Des anciens soutiens de Rajoelina qui se sont ligu&#233;s pour le faire chuter en 2025. En attendant ceux qui vont un jour savonner la planche de Randrianirina.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les m&#234;mes causes produisent les m&#234;mes effets. Et &#224; Madagascar, les causes s'appellent les &lt;i&gt;mpamadika palitao&lt;/i&gt;. Les &lt;i&gt;tsy misy hazon-damosina&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sans colonne vert&#233;brale.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les &lt;i&gt;tsy mena-mivadika toa ny andro ririnina&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Changeant comme une m&#233;t&#233;o d'hiver.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les faucons, qui sont toujours &#224; proximit&#233; des vrais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne citera pas de noms. On les reconna&#238;tra. Ils se reconna&#238;tront. Ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent, ce sont les m&#234;mes qui naviguent d'un camp &#224; l'autre, car cela leur garantit un statut : celui du glouton professionnel. En politique &#224; Madagascar, c'est la faim qui justifie les moyens. Contrairement &#224; la mis&#232;re, le ridicule ne tue pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas de ce cirque que l'on va attendre une vraie refondation, et encore moins la fin de la descente aux enfers. Ni en 2026. Ni en 2027. Ni en 2037.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait s'interroger sur le pourquoi et le comment de cette propension des politiciens malgaches &#224; changer de camp comme des girouettes. Mais finalement, est-on s&#251;r que les bonnes questions sont le pourquoi et le comment, ou bien le combien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si n&#233;cessaire, l'&#233;thique peut en effet se mettre au plus offrant, surtout &#224; l'approche des &#233;lections pr&#233;sidentielles. Par exp&#233;rience, les &lt;i&gt;mpamadika palitao &lt;/i&gt; savent que les robinets vont s'ouvrir. C'est donc la course pour r&#233;server sa place bien en dessous afin de recueillir les &#034;&lt;i&gt;indemnit&#233;s&lt;/i&gt;&#034; en &#233;change de sa dignit&#233;. En politique, enveloppes et mallettes servent souvent de &lt;i&gt;tapi-maso&lt;/i&gt;, et m&#234;me de &lt;i&gt;tapi-kenatra&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Madagascar, peu restent fid&#232;les &#224; leur parti pendant les travers&#233;es du d&#233;sert, une fois le pouvoir perdu. Quoi que l'on pense d'eux et de leurs partis politiques, la fid&#233;lit&#233; et la constance de gens comme Ange Andrianarisoa (AREMA), Julien Andriamorasata (TIM), Rivo Rakotovao (HVM), ou Sahondrarimalala Marie Michelle (TGV) m&#233;ritent le respect.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;ographiquement, le Palais des d&#233;put&#233;s &#224; Tsimbazaza jouxte celui des acad&#233;miciens et le zoo des l&#233;muriens. On d&#233;plore que le flux des inspirations ne suive pas toujours le sens id&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle de la semaine : plus de 80 d&#233;put&#233;s de l'IRMAR ont d&#233;cid&#233; de cr&#233;er un nouveau regroupement appel&#233; VFM (&lt;i&gt;Vovonan'ny Fihavaozan'i Madagasikara&lt;/i&gt;). Ils y transforment le fanatisme de leur soutien d'autrefois &#224; Andry Rajoelina en enthousiasme pour la refondation de Randrianirina. Il n'y a pourtant pas si longtemps, ces &#034;&#233;lites&#034; de la politique &#233;tudiaient les moyens de changer la Constitution pour permettre &#224; l'ancien DJ de nous faire danser sur l'air du troisi&#232;me mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quelle capacit&#233; &#224; contribuer &#224; une refondation cette nouvelle esp&#232;ce de cam&#233;l&#233;on encore inconnue du &lt;i&gt;National Geographic&lt;/i&gt; esp&#232;re-t-elle nous convaincre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute ces anciens d&#233;put&#233;s du clan orange ont d&#233;cid&#233; que l'herbe serait plus verte ailleurs. Du c&#244;t&#233; d'Ambohidahy, on ferme les yeux : la seule couleur digne d'int&#233;r&#234;t est le rose des flamants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consultation termin&#233;e. Ordonnance d&#233;livr&#233;e gratuitement car sans illusion sur les maladies incurables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi parle le folisophe du &#231;a me dit. Qui vous dit &#224; samedi prochain.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20926 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/bekzi220826.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH579/bekzi220826-a26d4.jpg?1789158201' width='500' height='579' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Litt&#233;ralement, celui qui retourne sa veste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Traitre&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est de politique dont il s'agit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sans colonne vert&#233;brale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Changeant comme une m&#233;t&#233;o d'hiver.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le parrain, la dette et le miroir</title>
		<link>https://www.madagascar-tribune.com/Le-parrain-la-dette-et-le-miroir.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.madagascar-tribune.com/Le-parrain-la-dette-et-le-miroir.html</guid>
		<dc:date>2026-08-19T05:28:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Chronique d'une inf&#233;odation qui s'annonce &#8212; et de ce que l'histoire en dit d&#233;j&#224; &lt;br class='autobr' /&gt;
Une donn&#233;e que les communiqu&#233;s taisent parce qu'ils ne nous donnent pas une vision globale &#8230; mais que le calendrier r&#233;v&#232;le : depuis octobre 2025, Madagascar franchit CHAQUE MOIS une &#233;tape nouvelle de son rapprochement avec Moscou. Cette cadence n'est pas celle d'un partenariat qui m&#251;rit&#8230; C'est celle d'une fen&#234;tre d'opportunit&#233;s que les acteurs exploitent &#224; fond avant qu'elle ne se referme. &lt;br class='autobr' /&gt;
La cadence du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo_600-395cd.jpg?1789158201' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chronique d'une inf&#233;odation qui s'annonce &#8212; et de ce que l'histoire en dit d&#233;j&#224;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20912 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH333/illustration-11-921a0.jpg?1789158201' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une donn&#233;e que les communiqu&#233;s taisent parce qu'ils ne nous donnent pas une vision globale &#8230; mais que le calendrier r&#233;v&#232;le : depuis octobre 2025, Madagascar franchit CHAQUE MOIS une &#233;tape nouvelle de son rapprochement avec Moscou. Cette cadence n'est pas celle d'un partenariat qui m&#251;rit&#8230; C'est celle d'une fen&#234;tre d'opportunit&#233;s que les acteurs exploitent &#224; fond avant qu'elle ne se referme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La cadence du printemps&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Novembre 2025 : le pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, passe cinq jours &#224; Moscou pour &#233;voquer &#233;nergie, mines et p&#234;che. Janvier 2026 : des instructeurs russes d'Africa Corps &#8212; l'h&#233;ritier institutionnalis&#233; de Wagner &#8212; viennent &#171; former &#187; l'arm&#233;e malagasy. F&#233;vrier : le colonel Randrianirina est re&#231;u deux heures au Kremlin ; un accord ratifi&#233; le 19 couvre &#171; tous les domaines &#187; &#8212; agriculture, prospection g&#233;ologique, extraction, sant&#233;, enseignement sup&#233;rieur, s&#233;curit&#233;&#8230; Ouf !!! En marge, une ambition : r&#233;habiliter les installations militaires de Diego-Suarez&#8230; pour y installer des troupes russes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mars : lancement du parti du &#171; R&#233;veil Patriotique de Madagascar Uni &#187;, c&#233;r&#233;monie complaisamment diffus&#233;e par African Initiative, l'organe d'influence du Kremlin en Afrique&#8230; Et d'un&#8230; Cr&#233;ation simultan&#233;e d'une chambre de commerce russo-malgache&#8230; Et de deux. Avril : livraison de blind&#233;s BMP-3, d'armes, de munitions, de tenues de combat&#8230; Et de trois&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai : le Premier ministre rencontre Sergue&#239; Cho&#239;gou &#224; Moscou ; on annonce une &#171; zone &#233;conomique commune &#187;, des d&#233;p&#244;ts p&#233;troliers russes, la diversification des importations de carburant. Et de quatre&#8230; et de cinq&#8230; et de six&#8230; Avec, dans l'ombre, l'implantation de la banque russe PSB &#8212; &#233;tablissement sous sanctions qui finance l'effort de guerre russe &#8212; pour r&#233;gler les achats de p&#233;trole et de mat&#233;riel militaire&#8230; et de sept&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Militaire, politique, informationnel, financier : quatre fronts ouverts en huit mois. Ceux qui ont observ&#233; Bangui reconna&#238;tront la grammaire. Et l'ordre des mots.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ce que co&#251;te un parrain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la d&#233;testation des postures imp&#233;rialistes, d'o&#249; qu'elles viennent, quels sont les dangers ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le danger patrimonial&lt;/i&gt; saute imm&#233;diatement aux yeux. La Russie ne fait pas cr&#233;dit, elle se paie sur la b&#234;te&#8230; D'autres &#8212; chinois compris &#8212; font de m&#234;me, on le sait&#8230; Mais ici, concessions mini&#232;res, potentiel gazier offshore, d&#233;p&#244;ts p&#233;troliers : chaque &#171; coop&#233;ration &#187; &#233;voqu&#233;e au Kremlin sera une hypoth&#232;que sur un actif national&#8230; n&#233;goci&#233;e dans l'opacit&#233; par des acteurs de transition qui n'ont re&#231;u mandat de personne pour engager le sous-sol des g&#233;n&#233;rations futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le danger politique&lt;/i&gt; n'est pas moindre : un parti fabriqu&#233; avec l'appui d'un appareil d'influence &#233;tranger, &#224; la veille d'&#233;ch&#233;ances &#233;lectorales, n'est ni un gag ni un folklore. C'est l'importation d'une technologie de pouvoir &#8212; celle qui a permis &#224; Bangui un r&#233;f&#233;rendum supprimant la limite des mandats. Quand le parrain organise l'&#233;lection, il choisit l'&#233;lu. On d&#233;finit m&#234;me des coop&#233;rations et transferts de technologies entre la CENI malagasy et les institutions russes &#8212; mod&#232;les bien connus de transparence et de d&#233;mocratie&#8230; Jamais l'image du renard dans le poulailler ne m'a paru plus ad&#233;quate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le danger strat&#233;gique&lt;/i&gt; s'imagine ais&#233;ment. Une pr&#233;sence militaire russe &#224; Diego-Suarez, dans un espace indianoc&#233;anique devenu carrefour des enjeux mondiaux, ferait basculer Madagascar de pays pauvre ignor&#233; &#224; pi&#232;ce sacrifi&#233;e sur l'&#233;chiquier&#8230; Peut-on faire confiance au pouvoir en place pour n&#233;gocier durablement EN FAVEUR du pays ?&#8230; En 1962, le sort de Cuba s'est r&#233;gl&#233; au t&#233;l&#233;phone entre Washington et Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le danger financier, in fine : transiter par une banque sous sanctions expose aux sanctions secondaires, &#224; la mise &#224; l'index des circuits financiers, au reflux des investissements et des bailleurs. Pour une &#233;conomie qui vit de l'aide, du textile sous AGOA et de la vanille export&#233;e vers l'Occident, on joue peut-&#234;tre la maison sur un coup de d&#233;s&#8230; D'aucuns diront qu'on se d&#233;barrasserait enfin de la tutelle des bailleurs&#8230; Quitte &#224; la remplacer par un parrain mafieux &#224; la violence av&#233;r&#233;e ???&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le palmar&#232;s du parrain : de Ratsiraka &#224; Bamako&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Or l'histoire a d&#233;j&#224; rendu son verdict&#8230; et Madagascar y figure deux fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a d&#233;j&#224; donn&#233;. La Deuxi&#232;me R&#233;publique s'est align&#233;e sur le bloc sovi&#233;tique &#8212; conseillers militaires, cadres form&#233;s &#224; Moscou, Charte de la r&#233;volution socialiste. Le bilan est dans nos m&#233;moires de baby-boomers &#8212; pas assez, peut-&#234;tre, dans celle des g&#233;n&#233;rations X, Y et Z &#8212; et dans nos statistiques : une &#233;conomie administr&#233;e effondr&#233;e, un &#201;tat militaris&#233;, et &#224; la chute de l'URSS, ni infrastructures ni institutions &#8212; des dettes et des cadres orphelins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis on a de nouveau donn&#233; : en 2018, l'op&#233;ration Prigojine finan&#231;ait simultan&#233;ment plusieurs candidats &#224; la pr&#233;sidentielle, stipendiait des journalistes, fabriquait de faux sondages &#8212; pendant que la reprise de Kraoma par Ferrum Mining laissait l'entreprise publique exsangue.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'accord c&#233;dait 80 % du capital et des concessions d'exploitation &#224; Ferrum (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Deux essais, deux le&#231;ons non retenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs, le palmar&#232;s n'est pas moins consternant. &lt;strong&gt;Cuba&lt;/strong&gt;, client le plus choy&#233; de l'histoire sovi&#233;tique, a d&#233;couvert en 1991 ce que valait une &#233;conomie construite pour d&#233;pendre : le &lt;i&gt;per&#237;odo especial&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Crise &#233;conomique, sociale et humanitaire travers&#233;e par Cuba dans les ann&#233;es (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un PIB amput&#233; d'un tiers, la famine larv&#233;e. &lt;strong&gt;Bangui&lt;/strong&gt; : les armes et les &#171; instructeurs &#187; d'abord, la garde pr&#233;sidentielle confi&#233;e &#224; Wagner, puis l'&#201;tat privatis&#233; au profit d'une milice pay&#233;e en or et en diamants, la cons&#233;cration antid&#233;mocratique de Touad&#233;ra &#8212; et un pays toujours dernier au classement du d&#233;veloppement humain. &lt;strong&gt;Bamako et le Sahel&lt;/strong&gt; : rupture avec les partenaires, massacres document&#233;s, ins&#233;curit&#233; aggrav&#233;e, isolement financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et Caracas&lt;/strong&gt; d&#233;roule la d&#233;monstration compl&#232;te, jusqu'au d&#233;nouement : dix-sept milliards de pr&#234;ts gag&#233;s sur le p&#233;trole, Rosneft pay&#233;e en participations p&#233;troli&#232;res, mercenaires pour la garde rapproch&#233;e. Bilan : le r&#233;gime a surv&#233;cu &#224; tout pendant que l'&#233;conomie s'effondrait et que huit millions de V&#233;n&#233;zu&#233;liens prenaient la route de l'exil. Et bing&#8230; le 3 janvier 2026, les forces am&#233;ricaines bombardent Caracas et cueillent Maduro dans son lit. Ce jour-l&#224;, le protecteur russe n'a pas lev&#233; le petit doigt. L'assurance-vie du Kremlin couvre la rue, l'opposition, les mutineries&#8230; pas le moment d&#233;cisif. RE bing : les actifs hypoth&#233;qu&#233;s ont chang&#233; de mains &#8212; p&#233;trole privatis&#233;, sanctions lev&#233;es. Le pays aura pay&#233; deux fois : la rente au parrain pendant vingt ans&#8230; puis la facture de la chute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La constante traverse soixante ans et trois continents : Moscou sauve des r&#233;gimes&#8230; jamais des nations (mais qui le fait ?). L'URSS, elle, offrait un projet &#8212; inad&#233;quat&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, co&#251;teux, d&#233;pendant, mais un projet. La Russie de Poutine offre la d&#233;pendance sans le projet&#8230; juste une pr&#233;dation &#224; bas co&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les rivaux t&#233;tanis&#233;s qui ne comprennent pas&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cela, la France ne commet pas une erreur mais une s&#233;rie, dont l'accumulation compose un contresens strat&#233;gique. L'exfiltration d'Andry Rajoelina &#224; bord d'un avion militaire fran&#231;ais a offert &#224; la propagande russe son meilleur argument : la preuve en images que Paris prot&#232;ge &#171; ses &#187; clients contre le peuple malgache. Le dossier des &#238;les &#201;parses, laiss&#233; pourrir depuis un demi-si&#232;cle, fournit gratuitement &#224; Moscou son vernis &#171; anticolonial &#187;. Et la coop&#233;ration fran&#231;aise &#8212; dont les volumes &#233;crasent pourtant tout ce que la Russie apportera jamais &#8212; demeure invisible : des projets d&#233;caiss&#233;s sur cinq ans ne p&#232;sent rien face &#224; des blind&#233;s livr&#233;s devant les cam&#233;ras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe, elle, oscille entre deux postures &#233;galement st&#233;riles. L'indiff&#233;rence : Madagascar n'existe dans l'agenda bruxellois qu'en cas de cyclone ou de putsch, et son principal instrument &#8212; l'aide, suspendue ou conditionn&#233;e au gr&#233; des crises &#8212; parle aux minist&#232;res, jamais aux gens. Le r&#233;flexe de camp : sommer Antananarivo de &#171; choisir &#187;, brandir la conditionnalit&#233; comme une punition &#8212; validant exactement la mise en sc&#232;ne du Kremlin, l'&#238;le comme th&#233;&#226;tre d'une rivalit&#233; entre patrons. On ne combat pas un narratif en jouant le r&#244;le qu'il vous a &#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe pourtant un terrain o&#249; Moscou ne peut structurellement pas suivre &#8212; celui que Paris et Bruxelles n&#233;gligent. La Russie n'a presque rien &#224; offrir &#224; une soci&#233;t&#233; : pas de visas, pas de march&#233; pour la vanille ou le textile, pas de diaspora malgache sur son sol. Ses imitations &#8212; Maison russe en franchise, &#233;mission sur la radio nationale, bourses pour Moscou &#8212; ne visent pas la nation mais ses futurs relais : la fraction d'&#233;lite qui parlera pour le parrain, h&#233;riti&#232;re des boursiers de l'&#232;re Ratsiraka. Son offre r&#233;elle s'adresse au pouvoir &#8212; armes, mercenaires, protection diplomatique : il lui suffit de capturer un palais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe, elle, d&#233;tient ce qui parle &#224; la nation : universit&#233;s o&#249; la jeunesse veut &#233;tudier, march&#233;s dont vivent les producteurs, financements du journalisme ind&#233;pendant, un demi-million de Malgaches sur son sol. La force russe &#8212; n'avoir besoin que du r&#233;gime &#8212; est aussi sa limite : un parrain qui n'a rien donn&#233; &#224; la soci&#233;t&#233; tombe avec le r&#233;gime qu'il prot&#232;ge. L'Europe perd faute d'utiliser ses armes ; la Russie gagne faute d'adversaire sur le seul terrain o&#249; elle est d&#233;sarm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et P&#233;kin observe&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un mot sur l'acteur dont le silence est une strat&#233;gie. La Chine ne parraine pas : elle s'ins&#232;re. Agnostique au r&#233;gime &#8212; elle a travaill&#233; avec Ravalomanana, avec Rajoelina, elle travaillera avec Randrianirina ou son successeur &#8212;, elle mise sur l'&#201;tat, jamais sur un homme. Ses leviers sont lents et lourds : dette, commerce, infrastructures, t&#233;l&#233;coms, une communaut&#233; marchande implant&#233;e depuis un si&#232;cle. L&#224; o&#249; Moscou vend de la survie &#224; trente mois, P&#233;kin ach&#232;te des positions &#224; trente ans. Le risque chinois existe &#8212; l'accord de p&#234;che de 2018, enterr&#233; sous la pression citoyenne, et les d&#233;rives mini&#232;res et aurif&#232;res du Sud l'ont montr&#233; &#8212;, mais il rel&#232;ve du contrat, donc &#8212; esp&#233;rons-le &#8212; de la comp&#233;tence &#224; n&#233;gocier. Question : un r&#233;gime captur&#233; par Moscou pourra-t-il encore n&#233;gocier librement avec P&#233;kin ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La souverainet&#233;, quel que soit le parrain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La vraie question, pourtant, n'est pas de savoir quel rival contrera Moscou, mais si nous cesserons enfin de nous chercher un parrain. Car l'inf&#233;odation n'est pas une force qui s'impose : elle s'engouffre dans nos vuln&#233;rabilit&#233;s &#8212; crise de l&#233;gitimit&#233;, pr&#233;carit&#233; &#233;nerg&#233;tique, jeunesse sans horizon. C'est l'extraversion comme mode de gouvernement : chercher au-dehors les ressources qu'on refuse de construire au-dedans, par le contrat fiscal et la reddition de comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le non-alignement fut une id&#233;e malgache avant d'&#234;tre un slogan. L'id&#233;e des &#233;quilibristes du XIXe si&#232;cle entre Londres et Paris&#8230; Celle de 1973, qui fit &#233;vacuer la baie de Diego-Suarez au nom de la souverainet&#233;&#8230; cette m&#234;me baie qu'on propose aujourd'hui &#224; un autre pavillon. Refonder le non-alignement, ce n'est pas &#233;quilibrer les parrains : c'est restaurer un &#201;tat capable de contracter en position de force parce qu'il tient debout par sa propre assiette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bangui enseigne que la capture devient irr&#233;versible quand toutes les alternatives ont &#233;t&#233; ferm&#233;es. Les n&#244;tres sont encore ouvertes. C'est maintenant qu'il faut le dire &#8212; et l'&#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) - 18/08/2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript3840523966aa488ba3a3ed9.45827411&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'accord c&#233;dait 80 % du capital et des concessions d'exploitation &#224; Ferrum Mining, ne laissant que 20 % &#224; la soci&#233;t&#233; d'&#201;tat Kraoma &#8212; contre des promesses jamais tenues d'injection de capitaux, de modernisation de l'outil de production et d'apurement des arri&#233;r&#233;s de salaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Crise &#233;conomique, sociale et humanitaire travers&#233;e par Cuba dans les ann&#233;es 1990 : l'effondrement de l'URSS fit perdre &#224; l'&#238;le 80 % de son commerce ext&#233;rieur et l'essentiel de ses subventions (p&#233;trole &#224; prix pr&#233;f&#233;rentiel contre sucre sur&#233;valu&#233;), pendant que les lois Torricelli (1992) et Helms-Burton (1996) durcissaient l'embargo am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2025/10/21/les-chroniques-de-ragidro-les-chasse-neiges-siberiens-et-les-illusions-tropicales/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://madagoravox.com/2025/10/21/les-chroniques-de-ragidro-les-chasse-neiges-siberiens-et-les-illusions-tropicales/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Ary ianao ? &#187;</title>
		<link>https://www.madagascar-tribune.com/Ary-ianao.html</link>
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		<dc:date>2026-08-15T04:27:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andy M.</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;daction continue sa nouvelle s&#233;rie hebdomadaire. Notre folisophe va aborder des sujets de soci&#233;t&#233; qui peuvent effleurer la politique, et vice-versa, mais toujours sans prise de t&#234;te. De toutes fa&#231;ons, c'est le week-end ! &lt;br class='autobr' /&gt; Bienvenue, ami du samedi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre cabinet ausculte aujourd'hui un patient increvable, contagieux depuis des si&#232;cles, et qui refuse obstin&#233;ment toute gu&#233;rison : le malade du ary-ianao-isme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ary ianao ? Et toi ? C'est la r&#233;ponse classique du Gasy qui n'a pas de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;daction continue sa nouvelle s&#233;rie hebdomadaire. Notre folisophe va aborder des sujets de soci&#233;t&#233; qui peuvent effleurer la politique, et vice-versa, mais toujours sans prise de t&#234;te. De toutes fa&#231;ons, c'est le week-end !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bienvenue, ami du samedi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre cabinet ausculte aujourd'hui un patient increvable, contagieux depuis des si&#232;cles, et qui refuse obstin&#233;ment toute gu&#233;rison : le malade du &lt;i&gt;ary-ianao-isme&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ary ianao ?&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et toi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la r&#233;ponse classique du &lt;i&gt;Gasy&lt;/i&gt; qui n'a pas de r&#233;ponse. Le &lt;i&gt;Gasy&lt;/i&gt; qui n'a pas d'arguments.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors sa meilleure d&#233;fense, c'est l'attaque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il renvoie la balle. Et si vous faites la b&#234;tise de vous en saisir, vous tombez dans son pi&#232;ge. D'accusateur, vous devenez l'accus&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pourquoi n'as-tu pas lav&#233; la voiture ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Et toi, pourquoi n'as-tu pas lav&#233; la moto ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Si vous tentez de vous justifier sur la moto, alors la voiture d&#233;gage de la circulation de la conversation. On oublie le sujet initial. Et le pervers hyst&#233;rique va en profiter pour acc&#233;l&#233;rer. Apr&#232;s la moto, il va encha&#238;ner sur la trotinette, le v&#233;lo et la brouette, que vous n'avez pas lav&#233;s. Ou oubli&#233; de r&#233;parer. Ou rang&#233; &#224; la mauvaise place. Peu importe, l'essentiel est de vous emp&#234;trer jusqu'au cou. Au moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pliquer &lt;i&gt;&#171; Ary ianao ? &#187;&lt;/i&gt; est d'abord un signe d'arrogance. Celle de ceux qui ne supportent pas d'&#234;tre pris en faute, et qui recherchent une &#233;chappatoire pour ne pas avoir &#224; s'expliquer. Ou encore pire, &#224; s'excuser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce comportement est surtout le signe de l'immaturit&#233;. Celle de ceux qui n'ont pas la capacit&#233; mentale ou morale d'admettre leurs torts. La maladie de ceux qui veulent toujours avoir le dernier mot. Celle de ceux qui ont une incapacit&#233; chronique &#224; se remettre en question. &lt;i&gt;Ary ianao&lt;/i&gt; devient alors la formule magique du &lt;i&gt;miala-p&#224;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; coups d'&#233;changes de &lt;i&gt;ary ianao&lt;/i&gt;, on s'interdit d'assumer. On s'encourage &#224; fuir les responsabilit&#233;s. En lieu et place, on renforce l'arrogance qui sert de paravent &#224; l'immaturit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;ary-ianao-istes&lt;/i&gt; remplissent les &#233;coles, les foyers, les &#201;glises, les entreprises, les minist&#232;res, les bas-quartiers et les clubs de service. La Bible a m&#234;me th&#233;ologis&#233; la pathologie : &lt;i&gt;&#171; pourquoi regardes-tu la paille dans l'&#339;il de ton voisin, et ne regardes-tu pas la poutre qui est dans ton &#339;il ? &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du colll&#232;gue au citoyen, du &lt;i&gt;sefo fokontany&lt;/i&gt; au voisin, du d&#233;put&#233; au paysan, du ministre au chauffeur de taxi : &#224; la fin de la journ&#233;e, c'est tout le pays qui trempe sa cervelle dans la boue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car les &lt;i&gt;ary-ianao-istes &lt;/i&gt; pullulent &#233;galement dans le monde de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi as-tu fait un coup d'&#201;tat ? &lt;i&gt;Ary ianao&lt;/i&gt;, pourquoi as-tu fait des exon&#233;rations fiscales au b&#233;n&#233;fice de tes entreprises ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi as-tu d&#233;tourn&#233; des fonds ? &lt;i&gt;Ary ianao&lt;/i&gt;, pourquoi as-tu d&#233;tourn&#233; des voitures ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi vends-tu le pays aux int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais ? &lt;i&gt;Ary ianao&lt;/i&gt;, pourquoi te prostitues-tu pour des troubles ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi distribues-tu des malettes aux politiciens ? &lt;i&gt;Ary ianao&lt;/i&gt;, pourquoi &#233;l&#232;ves-tu des troupeaux de &lt;i&gt;kaonty fako&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &lt;i&gt;tutti quanti&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Ary ianao&lt;/i&gt;, avez-vous cette maladie mentale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consultation termin&#233;e. Ordonnance d&#233;livr&#233;e gratuitement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi parle le folisophe du &#231;a me dit. Qui vous dit &#224; samedi prochain.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript8543228386aa48a9a27f4c3.96788236&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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