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vendredi 7 août 2026
Antananarivo | 10h51
 

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7 août à 10:01 | RATOVO (#10503)

Un regard lucide s’impose ! Antananarivo est loin d’être privilégiée. Elle est plutôt un bouc émissaire de la centralisation. La province centrale compte en effet le plus grand nombre de pauvres et de sans ?abris. Ses infrastructures s’effondrent sous le poids d’une centralisation qui siphonne sans redistribuer. À titre d’exemple, le recensement général de la population et de l’habitat en 2018 établit que la capitale et ses agglomérations immédiates concentrent le plus grand pourcentage de la population du pays (14,1%) mais elles ne possèdent que 10,4% des établissements primaires. En comparaison, la région Vatovavy Fitovinanyne compte que 5,6% de la population, alors qu’elle dispose 8,6% des établissements d’enseignement primaire.
Dans le domaine de la santé, les régions Analamanga et Vakinankaratra enregistrent respectivement 14,1% et 8,1% de la population nationale mais ne disposent respectivement que de 10,5% et de 6% des infrastructures de santé. Par contre, la région Atsinanana compte davantage d’infrastructures de santé (8,3 %) rapportées au pourcentage de sa population (5,8%). En revanche, la contribution de la région Analamanga à l’économie nationale est substantielle. Elle génère, par exemple, 48 % du PIB national et contribue pour près de 42 % des recettes budgétaires, si l’on exclut les mannes fiscales versées par les multinationales opérant dans les grands investissements miniers. De surcroit, les habitants de la capitale subventionnent le prix de l’eau et l’électricité des autres régions via la péréquation tarifaire.
Puis se profile les futurs nantis du fédéralisme : clans, baronnies et réseaux mafieux . Pour ses partisans, le fédéralisme serait la solution miracle qui reconnaîtrait les identités locales, libérerait les initiatives régionales et corrigerait les injustices territoriales. Ce discours trouve un écho particulier dans les régions périphériques qui dénoncent une trop grande emprise de l’État central. Les arguments ne manquent pas : les produits de rente (vanille, girofle, café, litchi) pourraient financer les budgets locaux ; les régions minières pourraient enfin contrôler leurs ressources ; les populations décideraient elles ?mêmes de leurs priorités. Les clans régionaux voient dans le fédéralisme une opportunité de verrouiller leur influence, de contrôler les ressources naturelles et de réduire l’ingérence du pouvoir central. Se greffent à eux les réseaux politiques marginalisés, qui espèrent affaiblir le pouvoir central pour retrouver une influence perdue.
Au final le fédéralisme est un piège à cons qui n’est autre qu’une BALKANISATION du pays !

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