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Editorial

Une lettre égarée

vendredi 15 juin 2007 | Rata

Incroyable mais vrai ! A l’approche de la fête des Pères c’est maintenant au tour de ces derniers d’écrire à leurs enfants à l’instar de ce qui se fait, à l’inverse, à Noël. Une lettre égarée par un Père, sans doute fonctionnaire, en témoigne. Voilà ce qui est écrit.

« A mes chers Enfants,

Dans quelques jours, on va célébrer la fête des Pères. Je sais qu’en étant un bon chef de famille, j’ai le droit ou la faveur de recevoir des cadeaux. Je suis persuadé qu’en ce moment, vous êtes en train de vous concerter pour discuter du cadeau que vous allez m’offrir ce dimanche à l’heure de l’apéro. Les offres alléchantes dans les journaux et les pubs sur les chaînes de télévision vous inciteront à acheter un tel ou une telle.

Des chemises griffées, des pulls pour l’hiver, l’incontournable téléphone portable, très en vogue, et bien d’autres vont vous casser ou tourner la tête. Mais voilà mes enfants ! Vous êtes assez grands maintenant pour voir ce qui se passe autour de nous : facture de la Jirama, hausse des prix des carburants, loyer exorbitant, etc…

Vous qui lisez chaque jour les journaux, d’oppositions ou d’obédience au régime en place, ne pouvez pas ignorer ce qui font ces derniers temps la une des quotidiens. Détournement d’une dizaine de milliards au préjudice du ministère de la santé, 60 milliards de nos francs soutirés dans le coffre-fort de la banque centrale à Manakara ainsi qu’une centaine de millions à Toamasina. Mêmes des maires ont été inculpés dans des malversations financières, je ne sais si c’est à tort ou à raison mais les faits, paraît-il, sont là pour les inculper. Et pourtant chacun de ces présumés fautifs a sa raison pour justifier son forfait.

Vous vous demandez peut-être où est ce je veux en venir avec ces bla-bla dignes des journalistes.

Bon voilà ! Etant un bon fonctionnaire ayant accompli des bons et loyaux services pour notre pays, avec le peu de salaire que je gagne je n’arrive tout de même pas des fois à joindre les deux bouts pour subvenir à nos besoins quotidiens. Pour la fête des Pères, je ne vous demande qu’une seule chose, simple, gratuite et à la portée de tous, mes enfants.

Demandez au bon Dieu de me donner la force nécessaire afin que je puisse vaincre toute tentative de détournement, de corruption ou de trafics d’influence.

Priez pour moi pour que j’arrive à conserver le peu de dignité et d’honnêteté qui me différencie de certains collègues. Car, vous savez comme je vous le dis souvent que je préfère mille fois vivre modestement qu’engranger des milliers ou millions d’Ariary sur le dos de mes compatriotes.

Certes, il se pourrait qu’on ne soit plus nombreux à conserver cet état d’esprit et qu’on va nous qualifier d’espèces en voie de disparition mais qu’importe mes chers enfants, j’étais, je suis et je serai fière de l’être.

Au lieu de casser votre tirelire, c’est le peu de chose que je vous demande et je vous en remercie d’avance ».

Dada.

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