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Culturel

« Ny maraina » ou l’opéra franco-malgache

Un pont entre l’île de La Réunion et la Grande île

samedi 30 juin 2007 | Daddy R.

« Maraina » est un opéra créé par le Théâtre Vollard de La Réunion réunissant une distribution internationale (dont des Malgaches) : 7 solistes, 5 chanteurs lyriques, 28 choristes et 20 musiciens d’orchestre.

Le CCAC a accueilli dans ses murs ce premier opéra franco-malgache hier et ce soir à 19h.

« Maraina » est fortement lié à l’histoire commune entre La Réunion et Madagascar puisqu’il raconte l’aventure des premiers habitants de l’île Bourbon en 1665 qui étaient des Malgaches.

Il s’agit donc d’un retour aux sources pour cet opéra dont la musique « ternaire » s’inspire de chants traditionnels malgaches ou intègre des compositions originales de Samoela « Sammy » Andriamalalaharijaona (chant funèbre « Mangina ») et de Monja Marovany (chant nuptial « Avizahay ! »).

Pour la première fois des chanteurs lyriques malgaches chantent « traditionnel » dans un opéra. Une Valiha, un accordéon intègrent un orchestre symphonique…

Dans ce spectacle figure une distribution de talents dont la soprano malgache, Landy Andriamboavonjy, le baryton, Herrick Rajaonah, ou encore, parmi les musiciens : Seta Ramaroson au saxophone et Bim aux percussions digitales.

Il était une fois les Réunionnais

1665 anse Saint Paul, île Mascarenne. Le Français Louis Payen destitue son contremaître Jean-Manang parce qu’il l’a surpris en compagnie de Marie-Maraina, qu’ils aiment tous deux. Mené par Jean le groupe des Malgaches « Antanossis » entrent en dissidence et s’enfuient dans les Hauts. Maraina sauve la vie de Louis et à l’occasion d’un mariage-vao s’unit à Jean-Manang qui se proclame Randrian (roi) de Mascarenne. Sa rivale Ravelo persuade Jean que Marie-Maraina est enceinte de Louis et qu’ils communiquent par des moyens magiques. Jean emprisonne alors Maraina qui perd la raison et se transforme en « Voron Amboa » (oiseau mythique). L’arrivée d’une flotte venue de France secoure Louis et lance une expédition punitive contre les fugitifs. Le lazariste Thomas devance les soldats et s’oppose à l’usage de la force mais le camp marron est investi et Ravelo se donne la mort. Les prisonniers sont réduits en esclavage et Jean-Manang condamné à être exécuté à Madagascar. Maraina, mariée de force à Louis devient invisible et libère Jean avant de disparaître dans la forêt.

Retour au sources

Créé en 2005, repris en 2006 à La Réunion, « Maraina » se devait d’être représenté à Madagascar en hommage à ces premiers franco-malgaches de Fort-Dauphin partis faire fortune en 1663 à l’île de La Réunion.« Nous avons d’abord connu Fort Dauphin dans les livres, ceux d’Étienne Flacourt ou des Lazaristes, ce fameux livre IX qui raconte avec tant d’émotion leur présence dans la Grande île au XVIIè siècle. « Nous sommes venus ici de nombreuses fois nous imprégner d’Histoire et de culture locale, puis recruter chanteurs et musiciens. Nous avons choisi une démarche originale, celle d’inventer une musique classique écrite de l’Océan Indien, métissée de formes occidentales et de rythmes locaux. Notre distribution a fait délibérément le choix, aux côtés de chanteurs lyriques malgaches et réunionnais de chanteurs des Antilles, du Pacifique, de l’Algérie. Les anciennes colonies françaises sont aujourd’hui une Francophonie. Faisons en sorte de la réussir. N’oublions pas que, côté français, cette colonisation du XVIIè siècle a été un échec et qu’elle a coûté la vie, côté malgache, à de nombreux habitants. Retenons les figures lumineuses de Vincent de Paul et de Dian Ramach, grand prince de l’Anosy qui tentèrent, chacun à leur façon, d’humaniser ce qu’on appelle au XXIè siècle un « choc des civilisations ».

Les auteurs

- Jean-Luc Trulès :
Compositeur et chef d’orchestre
Né en 1956 à La Réunion , compositeur, musicien, danseur et comédien, Jean Luc Trulès est professeur de mathématiques, diplômé en musicologie de l’Université et d’harmonie du conservatoire de Marseille. Esprit éclectique, inventif, infatigable, Jean Luc Trulès a écrit et orchestré les nombreuses musiques de scène du théâtre Vollard. Il travaille comme directeur artistique de groupes musicaux et crée des partitions de film. Passionné d’informatique et de musiques ethniques, il est un des pères de la musique réunionnaise contemporaine.

- Emmanuel Genvrin
Direction générale du projet, livret et mise en scène
Né à Chartres en 1952, Emmanuel Genvrin a des attaches familiales à Haïti et Madagascar. Musicien rock, il apprend la comédie au théâtre universitaire de Caen. Diplômé en psychologie à Paris, il exerce à La Réunion où il fonde le théâtre Vollard, en 1979. Trophée du meilleur spectacle Outremer avec « Séga Tremblad » en 2000, il inaugure avec Vollard le théâtre du Tampon, crée le Théâtre du Grand Marché, le Cinérama de la Possession et l’Espace Jeumon, à Saint-Denis. Il est l’auteur d’une vingtaine de pièces de théâtre dont une dizaine éditées et deux traduites en anglais, de comédies musicales, de scénarios de cinéma. Il met en scène en 1982, la première mise en scène d’opéra à La Réunion, Orféo de Monteverdi, en plein air, avec Cantare, John Elwes et Agnès Bellon, les Sacqueboutiers de Toulouse.

- Hervé Mazelin : Scénographie, image vidéo
Né à Caen en 1956, Hervé Mazelin rencontre Emmanuel Genvrin au théâtre universitaire de Caen. Depuis 1987, il collabore régulièrement avec le théâtre Vollard, avec lequel il réalise ses premières grandes aventures scénographiques : Lepervenche, Millénium, Carousel, Emeutes, Baudelaire au paradis, etc. Parallèlement, il continue à développer son travail en France en réalisant une soixantaine de décors pour le spectacle vivant, le théâtre des 2 rives, le théâtre de la Presqu ’Île, la comédie de Caen. Des événementiels, « Barbes tour » à Paris, la « Grande parade » à Caen, le festival « Transit » à Sevran…Ainsi que des créations d’expositions, « La mer », à Martigues, « Corps mémoire », à Caen, « La banlieue s’affiche », à Paris, « De Bucarest à Paris », à Bucarest. Après « L’Arlésienne » de Bizet, « Maraina » est sa deuxième scénographie d’opéra et une occasion d’explorer de nouvelles voies artistiques ; ainsi après avoir créé les images vidéo de « Maraina », il réalise trois films courts intitulés « sans commentaires » (Madagascar, Avignon 2005, Les Médiévales de Bayeux.).

Les interprètes

7 Solistes et 5 chanteurs lyriques de la grande île (chœur « Antanossi ») sont et vont encore monter sur scène.

Des choristes issus de la chorale Harmonia, de l’Ensemble Vocal de l’Océan Indien et de l’Académie musicale de Bellevue.

Quant à l’orchestre, il est formé de 20 musiciens malgaches, réunionnais et français métropolitains de l’orchestre de l’opéra de Massy, dont voici les noms :

- Violon solo : Ghislaine Rouits (Massy)
- Violons : Casimir Rakotoniaina, Joachim Rakotoniaina, Patrick Rakotoniaïna, Herintsoa Rabaritaona (Madagascar)
- Alto : Catherine A. (Massy)
- Violoncelle : Manampisoa Randriamanga
- Contrebasse : Danielson Ratovonbjanahary
- Flûte : Lalasoa Ratovonjanahary
- Clarinettes : Samuël Razafindrazaka, Michel Radavidra Andriamparany
- Saxophone baryton : Seta Ramaroson
- Saxophone ténor : Luc Joly
- Trompette : Thierry Hesler
- Trombone : Pierre Thaï Thong
- Cor : François Rascle
- Percussions digitales : Frédéric « Bim » Andrianaseheno
- Percussions clavier : Ludovic Clain
- Accordéon : Thierry Borne
- Valiha : Samoela « Sammy » Andriamalalaharijaona
- Pianiste de répétition : Hérimanitra Ranaïvo
- Scénographe : Hervé Mazelin
- Technicien lumière : Daddy
- Technicien vidéo : Tristan Boulay
- Assistante à la production : Viviane Dahan.

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