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vendredi 14 août 2020
Antananarivo | 06h06
 

Editorial

Pari risqué

vendredi 9 janvier 2009 | R. C.

Plus les vœux sont nombreux, plus ils portent bonheur. Plus ils sont répétés, plus ils se réalisent. Ce jour donc, la capitale verra deux cérémonies de vœux parallèles. L’une se déroulera, comme prévue depuis plus d’une semaine, au palais d’Etat d’Iavoloha où le président de la République et son épouse recevront quelques deux mille cinq cents invités et leurs vœux de bonne et heureuse année. Comme chaque année, tout devrait se passer sans anicroche parce que le déroulé de la cérémonie est réglé comme du papier à musique. Mais cette année, voilà qu’une fausse note vient chambouler l’ordre établi. Elle vient de Rajoelina Andry, le maire d’Antananarivo. Convaincu plus que jamais que son heure est arrivée, il décide de bousculer Ravalomanana Marc le jour même de la présentation de vœux des corps constitués et du corps diplomatique au chef de l’Etat en organisant sa propre cérémonie de vœux au stade municipal de Mahamasina. L’affront est tel qu’il est désormais permis de dire que le point de non-retour est atteint pour le maire de la capitale. Lequel compte beaucoup, sinon énormément, sur la rue pour faire pencher la balance en sa faveur. En fait, vu le rapport des forces en présence, il ne peut effectivement que s’en remettre à l’opinion tananarivienne qui l’a portée là où il est maintenant car il ne peut même pas compter sur sa propre force, encore moins sur celle de l’opposition qu’il traîne maintenant comme un boulet, dans ce combat dont l’issue ne peut être que fatale pour l’un des deux protagonistes.

Année de paix

Demain, le maire d’Antananarivo boudera ainsi les vœux d’Iavoloha où il est invité. C’est là que l’on se perd en conjectures puisque le timing de Rajoelina Andry paraît déréglé. Il croit, et certains de ses alliés le poussent à y croire, que « le fruit est mûr ». Autrement dit que le pouvoir est au bout de sa course, et qu’il suffit de quelques bousculades pour qu’il tombe. Pari risqué. On ne le répétera jamais assez que croiser le fer contre le pouvoir central pour cause de fermeture d’une station de télévision locale et qui est vue seulement par quelques milliers de téléspectateurs à Antananarivo dénote un manque de jugement. Pire, décider de se battre à mort contre ce même pouvoir pour la même raison est carrément suicidaire. Car ce faisant, il ne voit que le bout de son nez tout en prenant en otages les millions de téléspectateurs, en dehors d’Antananarivo, qui ne savent rien de cette station de télé. Car à partir de Manjakandriana à l’Est, de Behenjy au Sud, de Mahitsy à l’Ouest et de Talata Volonondry au Nord, Viva Tv est inconnue du paysage audiovisuel. Mais la politique est ainsi faite que les uns font feu de tout bois, même des bois verts tandis que les autres n’attendent que le bon moment pour sévir. Ce bras de fer connaîtra son épilogue très rapidement. Mais d’une chose, on est sûr, soit le maire d’Antananarivo terrasse ce qu’il a pris pour adversaire, soit « mamono biby tsy mahafaty ka ifoteran’ny rambony ». Notre vœu le plus cher pour le président de la République et pour le maire d’Antananarivo : que la paix soit avec vous !

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