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mercredi 11 décembre 2019
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Editorial

Où sommes-nous ?

mercredi 16 mai 2007 | RAW

Caleb Rakotoarivelo, ancien Directeur général de la Jirama s’est exprimé dans le quotidien Midi Madagasikara d’hier. À suivre ses explications, le problème de la Jirma actuelle réside dans le fait qu’elle a été abandonnée par les bailleurs de fonds qui ont changé de politique. Or les besoins en investissements nécessaires pour continuer l’électrification sont énormes. Dès lors, livrée à elle-même, la Jirama n’a pas pu assurer les services que la clientèle en nombre croissant et multipliée par l’essor des entreprises franches attendaient d’elle.

Il va sans dire que cette perception n’a pas du tout l’intention de faire fi des failles dans la gestion de la Jirama mais plutôt de recadrer le problème. Aujourd’hui, Madagascar n’est pas le seul pays africain qui souffre de cette carence des services des eaux et de l’électricité.

C’est en prenant conscience de ces problèmes qu’ils ont eux-mêmes provoqué que les initiateurs du néo-libéralisme de la Banque mondiale revoient leurs copies et pensent davantage au soutien à l’Etat, aux services publics et surtout au domaine agricole. C’est aujourd’hui qu’il se rendent compte que leur lutte contre la pauvreté a été mal orientée et qu’il ne fallait pas insister sur le « tout privé » ou la privatisation à outrance. « La Banque mondiale, lit-on dans le Monde.fr du 20/4/07, est en passe de réhabiliter le rôle de l’Etat... et s’apprête à sceller la fin du Consensus de Washington ».

En attendant de nombreux pays africains et sous-développés sont encore aux prises avec la pauvreté, le Sida, la démocratie, la liberté d’expression et la souveraineté nationale. La mondialisation et la globalisation aidant, les puissances économiques ne lâchent pas leur prise. Au contraire, c’est de plus en plus les offensives sur tous les fronts et sous toutes les coutures. Ces dernières années on invoque la lutte contre le terrorisme pour justifier le déploiement de telle stratégie ou telle politique d’immigration. Un motif ou un prétexte qui vient s’ajouter au pouvoir discrétionnaire de tout gouvernement de tout Etat qui ne souhaite pas héberger tel ou tel individu ou groupe de personnes. L’immigration choisie en est un exemple. Le besoin de stabilité politique en est un autre. Mais jusqu’à présent, aucun motif de rendu public.

Que puis-je faire ?

Le cas du père Urfer est d’actualité. D’ailleurs ce prêtre, ancien professeur d’histoire au Collège Saint Michel Amparibe n’a pas du tout la langue dans sa poche. Ses élèves, ses collègues, voire les parents d’élèves en savent quelque chose. Profitant aujourd’hui du fait qu’il est hors de portée du pouvoir malgache en place, il a livré à la presse française ses réactions et sa perception de l’expulsion. « C’est une décision qui remonte très haut et qui émane du président de la République comme me l’ont confirmé l’ambassade de France et le nonce apostolique. Personne ne s’attendait à ce qu’on me jette dehors », a déclaré Sylvain Urfer. Le père Urfer estime qu’étant le maillon faible de l’observatoire Sefafi auquel il fait partie, il a été expulsé.

En tout cas, beaucoup d’intellectuels trouvent que cet observatoire gêne car il met le pouvoir en contradiction avec lui-même entre son langage affiché, sa législation soi-disant libérale et ses pratiques réelles. Les autres membres du Sefafi sont-ils donc à l’abri de mesures de représailles de la sorte ?

Le cas de la Supérieure des Carmélites de Belemboka à Toliara s’explique-t-il de la sorte ? Une bonne soeur de 85 ans dont 55 ans passés dans le pays ; et qui au mois de juin prochain, doit aussi rentrer définitivement en France est exaspérant. Motif : visa non renouvelé et non motivé. « Où vais-je aller en France se plaint-elle auprès de ses sœurs et des religieux ? Que puis-je faire ? », répond chacun de ses connaissances. Le pays est si pauvre que l’on s’entretue, on saccage et on brûle des magasins pour prendre possession d’une planche de 2 mètres à revendre par la suite, déplore Emmanuel Rakotovahiny, ancien Premier ministre, impuissant, écoutant les récits des derniers évènements de Toliara.

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