Depuis le début de l’année 2026, le marché des changes malgache est marqué par une évolution notable : l’ariary s’apprécie face aux principales devises internationales, notamment l’euro et le dollar américain. Les derniers chiffres publiés par la Banky Foiben’i Madagasikara (BFM) illustrent cette tendance. Au 6 mars 2026, le cours de référence s’établit à 4 803,46 ariary pour 1 euro et 4 150,29 ariary pour 1 dollar.
Ces niveaux sont nettement inférieurs à ceux observés à la fin de l’année 2025. En décembre dernier, l’euro évoluait encore au-dessus de 5 200 ariary, avec des cotations pouvant atteindre près de 5 300 ariary selon les données de change de la Banque centrale. En quelques mois seulement, la monnaie européenne a donc reculé d’environ 500 ariary face à l’ariary, signe d’un renforcement notable de la devise malgache.
La tendance est également visible du côté du dollar américain. Alors qu’il se situait autour de 4 400 ariary en début d’année, le billet vert est aujourd’hui descendu aux alentours de 4 150 ariary, ce qui confirme la progression de la monnaie nationale face aux grandes devises.
Cette appréciation de l’ariary s’explique par plusieurs facteurs économiques. L’un des éléments souvent avancés concerne le niveau relativement élevé des réserves en devises détenues par Madagascar, qui permettent à la Banque centrale de stabiliser le marché des changes et de soutenir la monnaie nationale lorsque cela est nécessaire. La mission de la Banky Foiben’i Madagasikara est justement de veiller à la stabilité interne et externe de la monnaie malgache.
Le contexte international joue également un rôle. L’euro traverse une période de fragilité sur les marchés financiers, dans un climat marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques mondiales. Dans certains cas, ces facteurs peuvent contribuer à affaiblir la monnaie européenne face à d’autres devises.
Pour l’économie malgache, cette évolution peut présenter plusieurs avantages. Un ariary plus fort permet notamment de réduire le coût des importations, qu’il s’agisse de carburants, de produits alimentaires ou d’équipements. Dans un pays fortement dépendant des importations, cela peut contribuer à atténuer certaines pressions inflationnistes.
Cependant, les économistes appellent à la prudence. Une appréciation trop rapide de la monnaie nationale pourrait également réduire la compétitivité des exportations malgaches, notamment dans des secteurs clés comme la vanille, le textile ou les produits halieutiques.
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Vos commentaires
Aslm alkm
C’est tout à fait normal vu le contexte d’instabilité du dernier trimestre 2025 : réduction des importations donc moins de sortie des devises pour les payer. En parallèle les rapatriements des devises liés à l’exportation(letchi, vanille, etc...). Donc l’amélioration relève de la loi de l’offre et de la demande de devises sur le MID et non pas de l’intervention de la BFM, qui n’a jamais fait d’intervention digne de ce nom pour soutenir l’Ariary (quid de notre stock d’or détenue par notre BFM et de son rôle pour l’Ariary ?). Avec beaucoup d’offres de devises et peu de demande sur le MID d’où cette tendance saisonnière à la baisse. La comparaison doit se faire entre la même période donc Mars 2025 et 2026 pour apprécier le glissement annuel et dégager la part éventuelle des rentrées de devises dues aux aides reçues lors de fytia et Gezani.
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Lire :...d’où cette tendance saisonnière à la baisse du cours des devises de référence voire à l’appréciation de l’Ariary en sus la conséquence de ce qui se passe sur l’international ( perte de part de marché de l’Euro et de l’USD à cause des sanctions).
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