Facebook Twitter Google+ Les dernières actualités
samedi 19 octobre 2019
Antananarivo | 17h49
 

Culturel

Éducation musicale

Le solfège, une norme bafouée

jeudi 6 décembre 2012 | Andrianjohary Noroelisoa

La musique prend une ample place dans la vie quotidienne de l’humanité. Elle met en valeur de manière artistique l’expression. Son application ne suit plus, cependant, les normes et entraîne la détérioration de l’art en lui-même.

Un art toujours fascinant. « La musique rend l’homme créatif dans tous ce qu’il entreprend, quel que soit l’activité qu’il pratique » déclare Haja Rajaonarivelo, un enseignant de musique à Ambatomitsangana. « C’est la coordination des mains, des oreilles et du cerveau qui favorise la créativité, puisqu’il y a ouverture des hémisphères gauche et droit du cerveau » démontre Rakotoarisoa Roland, un autre enseignant de musique au Centre national d’enseignement de musique et de danse (CNEMD). Cette créativité est, pourtant, compromise par le fait que la plupart des compositions et arrangements musicaux actuels ne suivent plus les normes d’après les dires de Rajaonarivelo Haja.

L’utilisation du solfège, pour la création de morceaux et chansons, définit la norme musicale, alors que peu de gens savent aujourd’hui le lire. Le solfège rassemble plusieurs sons que l’on appelle « note » et d’autres conventions, comme le rythme et la durée du son, qui permettent d’apprendre, de lire et d’écrire de la musique. Rakotoarisoa Roland confirme le caractère indispensable du solfège dans le domaine musical. « Les chants écrits sous solfège sont bien arrangés et peuvent être gardés » souligne-t-il. Ceux qui connaissent le solfège ont le privilège de transcrire des chants, afin de pouvoir les conserver. « La musique classique, le jazz et toutes autres variétés doivent passer par le solfège pour un arrangement digne de ce nom » affirme Rajaonarivelo Haja.

Méconnaissance du solfège

« Les jeunes connaissent l’existence du solfège, mais ils ne veulent rien savoir de l’application de celui-ci, parce qu’ils ne savent pas exactement ce que le solfège apporte » affirme l’enseignant de musique du CNEMD. L’enseignant de musique à Ambatomitsangana confirme ce fait. « L’influence de la télévision est le premier obstacle qui tue la vraie musique » déclare-t-il. Ses dires ajoutent que les jeunes regardent juste la manière dont les artistes tiennent leurs instruments et imitent, sans avoir la moindre connaissance en ce qui concerne la vraie musique. « Apprendre à lire le solfège implique beaucoup de patience et de motivation. Ces dernières manquent en particulier chez les jeunes talents qui ne pensent qu’à promouvoir très vite leur talent. Le savoir adéquat à cet art de la musique n’est, pourtant, pas en leur possession » affirme Rakotoarisoa Roland.

La guitare et le piano, instruments les plus prisés

La guitare et le piano éclatent comme des instruments de stars. « Les étudiants en musique choisissent, la plupart, d’apprendre à maîtriser la guitare et le piano » déclare Rakotoarison Roland. L’enseignant certifie la passion et la vocation comme étant les meilleurs atouts qui étoffent la réussite des étudiants dans le domaine musical. « La guitare, le piano ou l’orgue sont les instruments qu’on utilise le plus souvent lorsqu’il s’agit de composer et d’écrire une chanson. Ces derniers sont les objectifs que la plupart de nos étudiants veulent atteindre » souligne Rakotoarisoa Roland.

Le choix de la guitare, du piano ou de l’orgue découle de l’accessibilité des instruments par la majorité des étudiants, affirme l’enseignant du CNEMD. « Mais c’est surtout l’influence des médias et des fréquentations qui alimente ce choix » ajoute-t-il.

La guitare et le piano ont, tous les deux, vu le jour en Europe. La guitare, faite à partir de bois de palissandre, voit le jour au XIe siècle. Issue de l’Espagne, cet instrument vit ses premières heures de gloire dans les palais des rois.

Le piano, un instrument de musique à clavier et à cordes frappées, apparaît à peu près au XVIIIème siècle. Celui-ci doit son existence à l’Italie, d’où il est originaire. Cet instrument est fait à partir de plaque de cuivre et de fer. Il exécute tous types de musiques. « Sa célébrité ne s’est jamais détériorée depuis son apparition à nos jours. » confirme Rakotoarisoa Roland.

La « Valiha » déplait

« Si dans les années 90, vingt personnes s’attachaient à la Valiha, il n’en reste plus que trois qui décident d’apprendre à se servir de cet instrument actuellement » déclare Randrianasolo Hobiarivony Joany, enseignant de Valiha au CNEMD. Ce dernier déclare l’instrument soumis actuellement à la norme. La Valiha s’apprend et s’utilise donc en suivant la gamme et les notes universelles.

« L’instrument est actuellement méconnu de la majorité de la population à cause de la mondialisation et de l’avènement des nouvelles technologies. C’est l’une des raisons pour laquelle la Valiha devient un instrument en voie de disparition » annonce Randrianasolo Hobiarivony Joany. Il amplifie ses dires en affirmant que le Valiha passe du statut d’instrument de musique à celui de produit purement artisanal. Vient s’ajouter à cela l’aspect démodé qu’on attribue à tort à l’outil musical. « Les jeunes ont honte de porter la valiha dans les rues. Les instruments populaires ont pris trop de place dans la culture, et les jeunes se sentent plus à l’aise dans leur peau s’ils portent une guitare au lieu d’une Valiha » déclare l’enseignant de l’instrument du CNEMD.

L’influence des médias passe partout. « La libido se marie facilement avec les instruments populaires. Ce qui n’est pas le cas de la Valiha qui est un instrument typiquement malagasy. La culture et les valeurs nobles que la population de la Grande Ile lui a données ne peuvent en aucun cas épouser la prolifération de la libido » déclare Randrianasolo Hobiarivony Joany.


Un centre remobilise à la musique

La musique prime. Le Centre national d’enseignement de musique et de danse (CNEMD) emploie 30 enseignants en son sein. 1000 étudiants y sont inscrits pour suivre des cours de musique. « 750 étudiants sur ces 1000 sont actifs aux activités du centre. Ils suivent les cours et font assidument des exercices chez eux » déclare Rakotoarisoa Roland, un enseignant. Tous types d’instruments musicaux font l’objet d’enseignement au CNEMD. Des instruments à cordes en passant par le clavier, jusqu’aux instruments à vent ; tous ont le mérite d’être connus par les étudiants. Ces derniers font seulement le choix de ce qui les intéresse.

Publicité




Publicité

Newsletter

Les actus du jour directement dans votre boîte email

Suivez-nous

Madagascar-Tribune sur FACEBOOK  Madagascar-Tribune sur TWITTER  Madagascar-Tribune sur GOOGLE +  Madagascar-Tribune RSS