Avec une puissance installée annoncée de 127 MW et une production moyenne estimée à 750 GWh par an, Volobe Amont pourrait devenir l’une des principales sources de production électrique de Madagascar. La future centrale hydroélectrique devrait fournir l’équivalent d’environ 35 % de l’électricité actuellement produite dans le pays et permettre d’accroître d’environ 20 % la capacité nationale de production. Environ 60 MW seraient destinés à Toamasina, tandis que plus de 60 MW alimenteraient le Réseau interconnecté d’Antananarivo.
Le projet vient de franchir une nouvelle étape. L’État malgache et la Compagnie générale d’hydroélectricité de Volobe (CGHV) ont signé, mercredi 30 septembre au palais d’État d’Iavoloha, un protocole d’accord ouvrant la voie à la poursuite des démarches nécessaires au bouclage financier, préalable au démarrage des travaux.
Le document a été signé par le ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures, Radonirina Lucas Rabearimanga, et Rémy Huber, directeur général de la CGHV. La cérémonie s’est déroulée en présence du colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation de la République de Madagascar, de Roland Kobia, ambassadeur de l’Union européenne, et d’Arnaud Guillois, ambassadeur de France.
Situé sur la rivière Ivondro, à environ 35 kilomètres de Toamasina, dans le district de Toamasina II, Volobe Amont est présenté comme un projet stratégique pour renforcer l’approvisionnement électrique du pays. Il doit notamment fournir une énergie supplémentaire aux ménages, mais aussi aux commerces, aux services et aux entreprises dont l’activité dépend de la disponibilité de l’électricité.
Cette avancée intervient après l’annonce par le colonel Michaël Randrianirina de la relance du projet à son retour d’Europe. Elle fait également suite à trois jours de consultations conduites par la CGHV auprès des communautés de Fanandrana, Ambodilazana et Toamasina.
Plus de 1 000 milliards d’ariary annoncés par l’Union européenne
Le financement international constitue l’un des piliers de Volobe Amont. L’Union européenne annonce une contribution de 212 millions d’euros, soit plus de 1 000 milliards d’ariary. La Banque européenne d’investissement et la Banque mondiale figurent également parmi les partenaires associés au projet, tandis que la France lui apporte son soutien.
Une partie des investissements doit concerner le transport de l’électricité produite. L’Union européenne participera notamment au financement de la ligne Toamasina-Antananarivo de 220 kV, prévue sur environ 267 kilomètres et comprenant quatre sous-stations. Cette infrastructure doit permettre d’acheminer vers le réseau interconnecté de la capitale une partie de l’énergie produite à Volobe.
Le protocole conclu à Iavoloha intègre plusieurs leviers issus des négociations menées entre les parties, notamment la participation de l’État au capital, la fiscalité, les engagements de la CGHV en matière d’achats, le financement et les infrastructures associées. Ces discussions ont notamment été approfondies lors de la table ronde organisée du 23 au 28 août 2026.
Un projet préparé depuis plusieurs années
La question de la durée de la concession avait notamment alimenté les négociations. Les accords conclus en 2023 prévoyaient une concession de 25 ans à compter de la mise en service commerciale, tandis que le consortium souhaitait la porter à une période comprise entre 30 et 35 ans. Le ministère de l’Énergie avait conditionné cette éventuelle prolongation à une diminution du prix d’achat de l’électricité par l’État.
Le développement de Volobe Amont remonte à plusieurs années. La CGHV a été créée en 2016. En 2019, Africa50, Colas, Jovena et SN Power avaient conclu un pacte d’actionnaires pour développer la centrale. Le 26 mai 2023, le contrat de concession et le contrat d’achat d’électricité avaient ensuite été signés entre l’État et la Compagnie générale d’hydroélectricité de Volobe (CGHV).
Inscrit dans la stratégie Global Gateway de l’Union européenne, Volobe Amont relève d’un partenariat public-privé et conserve ses engagements environnementaux et sociaux. Après plusieurs années de préparation et de négociations, le bouclage financier constitue désormais l’une des étapes déterminantes à franchir avant que le projet puisse entrer dans sa phase de travaux.
-----




