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Economie

Commerce

La vanille va mal

mercredi 23 septembre 2009 | MFI

(MFI) Ils le contestent, ils rechignent à l’appliquer et pourtant c’est à la demande d’une partie des exportateurs de vanille qu’un prix de soutien a été mis en place. Tous ceux qui travaillent de près ou de loin dans ce secteur savent en effet que quand les paysans sont mal rémunérés, ils abandonnent la vanille.

La faiblesse des prix est en train de tuer la production de l’Ouganda. C’est ce qui menace aujourd’hui Madagascar. C’est pourquoi cette année, avant le début de la campagne, un groupe d’exportateurs a demandé au gouvernement d’introduire un prix minimum. Il a été fixé en juillet, sur la base d’études très sérieuses menées au préalable et d’intenses discussions au sein de la filière. Les prix sont les suivants : 2 dollars le kilo de la vanille verte récoltée en juin et 17 dollars le kilo de la vanille en vrac disponible une fois qu’elle a été préparée à partir de septembre.

Les opérateurs hostiles à cette réforme ont pris la tangente : ils se sont dépêchés d’acheter de la vanille verte à prix cassé avant la publication du décret : 200 tonnes seraient parties à moins de un dollar le kilo. Résultat : plus personne ne veut vendre ou acheter aujourd’hui. Les paysans qui espèrent bien être payés au juste prix refusent de céder les gousses en dessous des prix officiels. En face, de toute façon, il n’y a quasiment personne : soit les exportateurs sont déjà couverts, soit ils refusent d’acheter à 2 dollars quand leurs concurrents ont payé deux fois moins. Ceux-là sont en colère, ils ont le sentiment d’avoir été floués par le nouveau système. « Le prix de la vanille, c’est devenu n’importe quoi », déplore un négociant européen que la situation désespère.

Le scénario catastrophe du début des années 2000 pourrait se reproduire. La flambée des prix – 500 dollars le kilo à l’export (on est en dessous de 20 aujourd’hui) – avait divisé par deux la demande. Depuis deux ans, les confiseurs, les pâtissiers reviennent à la vanille naturelle, mais l’offre décline à vive allure : elle a diminué de 30 % en deux ans. Ces tensions ne sont pas encore reflétées par les prix parce qu’il y a beaucoup de vanille en stock. Mais d’ici un an, le déséquilibre pourrait devenir explosif. Les Malgaches le savent. En contrôlant 70 % de la production mondiale, ils ont dans leur main l’avenir de la filière.

Dominique Baillard

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