Le secteur minier malgache entre dans une nouvelle phase après une longue période de paralysie administrative. Le ministère des Mines et le Bureau du Cadastre Minier de Madagascar (BCMM) ont officiellement rouvert, jeudi 21 mai 2026, la réception des demandes de nouveaux permis miniers. Cette décision met fin à seize années de suspension qui avaient profondément freiné les investissements et favorisé l’expansion des activités informelles dans plusieurs régions du pays.
Le lancement officiel s’est déroulé au Mining Business Center de Mamory Ivato sous la supervision du ministre des Mines, Carl Andriamparany, accompagné du directeur général du BCMM et de plusieurs responsables du secteur. Pour les autorités, cette reprise constitue une étape majeure dans le processus de restructuration du domaine minier.
Afin d’éviter toute contestation, le gouvernement a instauré un principe strict de traitement des dossiers basé sur l’ordre chronologique de dépôt. Les demandes sont ainsi enregistrées selon la règle du « premier arrivé, premier servi ». Une mesure destinée à limiter les soupçons de favoritisme dans un secteur régulièrement critiqué pour son manque de transparence par le passé.
Depuis la suspension des permis en 2010 — hormis certaines autorisations liées à l’exploitation aurifère — plusieurs opérateurs dénonçaient l’absence de visibilité juridique et les difficultés d’accès aux titres miniers. Cette situation avait contribué à l’augmentation de l’exploitation illégale dans certaines zones riches en ressources naturelles.
Le ministère des Mines estime aujourd’hui que la relance du système permettra de restaurer un cadre réglementaire plus stable tout en renforçant les recettes publiques. Les autorités souhaitent également envoyer un signal positif aux investisseurs étrangers et aux partenaires techniques et financiers en démontrant leur volonté d’assainir le secteur.
Avant la réouverture officielle, des campagnes d’information ont été organisées depuis le 18 mai dans les directions régionales afin d’accompagner les opérateurs dans leurs démarches administratives. Les responsables rappellent que l’obtention d’un titre minier demeure obligatoire pour toute activité d’exploration ou d’exploitation.
Près de 3 000 dossiers en attente devraient désormais être examinés en priorité, notamment les renouvellements et transformations de permis. Deux catégories sont particulièrement concernées : le Permis Réservé aux Exploitations Artisanales (PREA) et le Permis d’exploitation (PE), destiné aux projets de moyenne et grande envergure.
Le gouvernement exige également l’intégration d’un Fonds Minier Social et d’un programme de responsabilité sociétale élaboré avec les communautés locales. Une manière d’imposer aux futurs exploitants une participation plus directe au développement des territoires concernés par les activités minières.
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