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mercredi 11 décembre 2019
Antananarivo | 12h08
 

Société

Nouvelle variété d’écrevisse

La Révolution Verte est menacée

vendredi 16 novembre 2007 | Volana R.

Invasion alarmante d’une espèce d’écrevisse du genre Procambarus (orana maramara). Introduite, il y a à peu près trois ans, à Madagascar, cette écrevisse constitue « un danger imminent », comme l’ont souligné les trois enseignants chercheurs, Mmes Olga Ramilijaona, Noromalala Raminosoa et Jeanne Rasamy. Originaire de l’Amérique du Nord et de l’Amérique centrale, l’espèce a immigré en Europe, en Asie et, accidentellement ou non, à Madagascar, pourtant de climat tropical.

En fait, comme en Espagne, « une espèce similaire au Procambarus cause des dommages dans les rizières. Les terriers creusés par ces écrevisses provoquent l’effondrement d’une grande partie des parcelles de rizières, empêchant ainsi le bon développement des plants de riz ». Elles arrivent à creuser une galerie de 2 mètres, travaillant en queue leu leu.

La riziculture en péril

D’autre part, une enquête menée auprès des populations dans les périphéries de la ville d’Antananarivo a montré que cette espèce introduite consommerait les racines des plants de riz dans leurs rizières. Les mêmes personnes ont également noté une diminution des « trondro gasy » dans leurs terroirs.
Au moment où le gouvernement lance à pleine vitesse la politique de la Révolution Verte, cette dernière court au-devant des obstacles, quelque peu insurmontables. En effet, au-delà de la sensibilisation et de la lutte contre la prolifération de cette espèce d’écrevisses, les dégâts ne seraient pas des moindres. À preuve, cette écrevisse exotique se propage actuellement dans les communes d’Antananarivo et des environs. Des paysans les élèvent dans des étangs ou dans leurs rizières. L’arrivée de la saison de pluies peut entraîner le débordement et provoquer la dispersion dans des zones humides, riches en biodiversité aquatique (parcs nationaux, réserves spéciales…). Ce qui rendrait difficile le contrôle de leur prolifération. La riziculture peut être dévastée.

Pas seulement le riz

Les populations de cette écrevisse sont constituées uniquement de femelles qui se multiplient par parthénogenèse. L’œuf se multiplie sans avoir été fécondé par un gamète mâle.

Plusieurs études scientifiques ont démontré qu’elles sont fortement infectées par un champignon provoquant ce qu’on appelle « la peste des écrevisses » et qui s’attaque au système nerveux des crustacés. Les sept espèces d’écrevisse endémiques malgaches (genre Astacoïdes) se trouvent au tournant de leur attaque. Or, les habitats de nos écrevisses sont déjà soumis à de fortes pressions, comme la déforestation et les cultures sur brûlis, et elles ne peuvent survivre que dans les eaux non polluées des forêts de Madagascar. Et enfin, ces Procambarus constituent une menace pour nos ressources halieutiques d’eau douce. C’est un prédateur vorace de têtards d’amphibiens et de larves, voire de poissons de petite taille. Ces écrevisses introduites, particulièrement invasives, évoluent dans tout milieu, tant humide que sec, jusqu’aux égouts et autres systèmes d’évacuation des eaux usées.

Écrevisse marbrée, une espèce qui pourrait réduire à néant la politique de la Révolution Verte. Et cela, à terme imminent.

- Cycle de reproduction rapide et court

Le kapoaka se vend d’Ariary 200 à Ariary 500. Fort peu, de prime abord, mais devant la prolifération de l’espèce, le « orana maramara » rapporte plus de par sa reproduction, de sa quasi pérennité et surtout de sa durée de vie hors de son milieu naturel. A 45 mm de sa taille, la femelle arrive à sa première ponte, sans l’aide d’un gamète mâle. Une femelle donne 200 à 400 œufs en hiver, jusqu’à 800 œufs en été. La vitesse de croissance est ainsi rapide et un cycle de fécondité très court. Or, un peu plus de 600 individus observés à la loupe par des enseignants chercheurs sont tous des femelles. Quelques-uns portent des petits, fixés sur leur abdomen. C’était au mois de juin 2007.Omnivore, l’« orana maramara » est très vorace. Elle vit d’œufs de poissons, de larves, de poissons adultes de petite taille, de têtards. Elle consomme également des plantes aquatiques, surtout les semis et plants de riz. « Trondro gasy » et « tilapia » sont menacés par cette espèce introduite à Madagascar. Jusqu’à présent, cette espèce d’envahisseurs sévit dans les communes d’Antananarivo, dans un rayon de 15 à 20 kilomètres. Ils peuvent survivre jusqu’à 3 ou 4 jours, hors de leur milieu naturel, sans aliments. Ce qui explique la crainte des chercheurs. Même transportés à bord d’un bocal vide, ils peuvent très bien arriver à bon port, c’est-à-dire dans les autres régions de Madagascar.

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