« Le peuple malgache attend des changements et des résultats concrets dans le domaine de la sécurité. » Les mots du colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation de la République, résonnent particulièrement dans le contexte actuel. L’insécurité reste en effet une préoccupation majeure à Madagascar, aussi bien dans la capitale que dans les zones rurales.
Dans la capitale, où se concentrent les principaux centres de décision politique, administrative et économique du pays, le sentiment d’insécurité est notamment alimenté par la succession de faits divers graves. Depuis juillet, plusieurs disparitions suivies de meurtres ont particulièrement marqué l’opinion publique. À cela s’ajoutent des agressions mortelles, des attaques à main armée, parfois commises en pleine journée, et des crimes violents signalés notamment du côté d’Isotry et dans d’autres quartiers de la capitale.
Autant de faits qui nourrissent les inquiétudes d’une grande partie de la population et placent la question de la sécurité au premier rang des attentes adressées aux autorités.
Dans les campagnes et les zones les plus isolées, le problème prend une autre dimension. Le phénomène des « dahalo », généralement associé au banditisme rural et aux vols de zébus, continue de peser sur certaines communautés. À ces attaques s’ajoutent les enlèvements, qui entretiennent un climat d’inquiétude dans les zones concernées.
C’est dans ce contexte que se sont achevées, samedi 26 septembre à Ivato, les assises nationales de l’Armée. Selon la présidence de la République, les travaux ont permis d’examiner les problèmes de fond, d’élaborer des solutions et de définir les réformes nécessaires afin de disposer de Forces armées professionnelles, efficaces et davantage proches de la population.
Le colonel Michaël Randrianirina a lui-même placé la barre sur les résultats. « C’est dans la mise en œuvre des conclusions que la vigilance, la volonté et le don de soi sont requis. Le peuple attend des changements et des résultats concrets dans le domaine de la sécurité, et cela relève de la responsabilité des Forces de Défense et de Sécurité », a-t-il déclaré lors de la clôture.
La question revêt une dimension politique particulière puisque la Refondation de la République est aujourd’hui conduite par des responsables issus de l’institution militaire. Le colonel Michaël Randrianirina était entouré lors de la cérémonie des quatre Hauts Conseillers de la Refondation. Dans ce contexte, la persistance de l’insécurité expose nécessairement les nouvelles autorités à une attente accrue sur leur capacité à obtenir des résultats tangibles dans ce domaine.
Le président de la Refondation a d’ailleurs lié directement la réussite du processus engagé à l’établissement d’une sécurité durable. « La Refondation sur laquelle nous nous appuyons est solide et porteuse de bienfaits pour la Nation et le Peuple, à condition qu’elle soit précédée et accompagnée d’une sécurité durable », a-t-il affirmé.
Il a également appelé l’Armée à renforcer sa proximité avec la population, à participer au développement du pays et à montrer l’exemple dans la lutte contre la corruption.
Après plusieurs mois de travaux, l’enjeu se déplace donc désormais des résolutions vers leur application. Pour une population confrontée aux violences urbaines, au banditisme rural, aux enlèvements et aux crimes qui alimentent régulièrement l’actualité, les conclusions des assises seront surtout jugées à leurs effets sur le terrain. Une exigence que le colonel Michaël Randrianirina a lui-même résumée : des changements et des résultats concrets dans le domaine de la sécurité.
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