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Culturel

La valeur de l’art

Il est encore temps de se rattraper

mercredi 16 juillet 2008 | Daddy R.
Njakatiana a fait du chemin en gérant
sa carrière artistique durant ces 15 ans.

Face au comportement de certains qui veulent ternir l’image de l’art, et de la musique en particulier, à Madagascar, Njakatiana, cet artiste de renommée internationale, ne veut pas rester inerte et fait appel à la conscience de chacun afin de redonner la vraie valeur et sa place à l’art, tant sur le marché local qu’international.

« Le showbiz se porte mal, tout le monde le sait, mais personne n’a proposé un remède pour sauver la situation, jusqu’à maintenant » a réitéré Njakatiana.

En effet, beaucoup a été dit concernant l’état déplorable du showbiz actuel et qui ne cesse de se dégrader. Le système est brouillé et on dirait que chacun se débrouille de son côté pour s’en sortir. Aucune structure n’a été mise en place pour uniformiser les conditions de travail et ceux qui ont eu la chance de trouver une issue sont en train de monopoliser le marché. C’est pourquoi on ne doit pas s’étonner quand la lutte contre le piratage devient une affaire personnelle pour ceux qui veulent protéger la valeur de leurs produits.
« Si notre objectif est de donner notre meilleur au public, d’autres ne se gênent pas pour dévaloriser le fruit de notre long travail » s’est plaint Njakatiana. En connaissance de cause, vu ses expériences en la matière, qui dure 15 ans maintenant, l’artiste n’est pas encore prêt à baisser les bras. « Les artistes se sentent seuls, sans savoir à qui se fier, et se débrouillent comme des grands ».

C’est vrai que ce n’est pas maintenant qu’on trouvera une solution pour y remédier. Par contre, il est encore temps pour tout remettre en ordre. Plus, la technologie avance, plus le showbiz à Madagascar se dégrade, alors que la mondialisation serait une occasion pour chaque nation de s’ouvrir au monde entier et de prouver sa force.

Un pouvoir d’achat très faible

L’inflation reste toujours une excuse valable désignée comme étant le premier responsable de cette situation malheureuse.

Pour la production audio et vidéo, entre le prix d’un album d’il y a dix ans et le prix d’un album de nos jours, le tarif a été revu à la baisse à plusieurs reprises. On constate une différence allant jusqu’à 70%, alors que la qualité ne cesse d’évoluer avec l’arrivée de la nouvelle technologie. Cette situation n’est-elle pas contradictoire ? Plus, le produit a de la qualité, moins, on l’achète à son prix réel.

Pour ne citer que les charges fixes pour la production d’un album ou juste pour l’enregistrement d’un titre, le public se rend-il compte des dépenses engagées par ces artistes ? La location de studio qui n’est pas des moindres, entre autres frais auxquels ils doivent faire face. Sans parler du talent et la matière grise non quantifiable, par rapport à la valeur de ces œuvres, une fois sur le marché. Pire, la réalisation d’un clip est une autre paire de manche.

Appel au secours !

Quelques éléments qui poussent Njakatiana à lancer un appel à l’endroit de ceux qui veulent encore faire de ce métier une source de revenu. « Les « artistes » sont obligés de protéger la valeur de leurs œuvres avant qu’il ne soit trop tard. S’ils prennent conscience des efforts fournis dans ce qu’ils ont entrepris, il est trop évident de proposer un produit de qualité, selon les cibles bien évidemment, au lieu d’inonder le marché de produits minables, qui ridiculisent le statut des artistes » a-t-il martelé.

Un appel qui est valable également pour les producteurs ne cherchant qu’à se faire de l’argent et ne regardant que leurs intérêts personnels. Un des éléments qui a envenimé la situation. Prions que l’art, la musique, soient encore des éléments de loisirs pour la population, en train de se battre pour vivre tous les jours.

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