Six mois après sa nomination à la tête du gouvernement, Mamitiana Rajaonarison a présenté le bilan de l’action de son équipe lors d’une intervention sur la TVM. Le Premier ministre a détaillé les mesures prises depuis mars dans plusieurs secteurs, notamment l’eau, l’électricité, l’éducation, la santé et l’économie, en mettant l’accent sur les réalisations destinées à répondre aux besoins immédiats de la population.
Le chef du gouvernement a rappelé que son équipe avait reçu trois missions principales : gérer les situations urgentes, appliquer la Politique générale de l’État dans le cadre de la Refondation et favoriser le rassemblement des différentes composantes de la société malgache. Il estime que ces objectifs ont été poursuivis dans un environnement particulièrement contraignant, marqué notamment par le passage de deux cyclones et par les répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient sur les prix du pétrole.
Dans le domaine de l’eau, le gouvernement revendique la réalisation de plus de 1 200 infrastructures depuis le mois de mars. L’Androy concentre à elle seule une partie importante de ces interventions. Le projet de pipeline reliant Mandrare à Andranongoa figure parmi les principales réalisations citées par le Premier ministre. Selon lui, cette infrastructure devrait permettre de répondre à environ un tiers des besoins identifiés dans la zone. Un projet de dessalement est également prévu à Ambovombe.
À Antananarivo, l’exécutif affirme avoir rétabli l’accès à l’eau pour plus de 700 000 habitants. Cette intervention intervient alors que l’approvisionnement en eau potable constitue depuis plusieurs années l’un des principaux enjeux des services urbains de la capitale.
Électricité : des capacités supplémentaires annoncées
La situation énergétique occupe également une place importante dans le bilan présenté par le Premier ministre. L’État a notamment procédé à l’achat de carburant destiné à la Jirama et à l’acquisition de groupes de production. À Antananarivo, une capacité additionnelle de 35 MW est annoncée.
Mamitiana Rajaonarison estime que ces mesures ont contribué à réduire les périodes de délestage dans la capitale. Le gouvernement mise également sur des projets structurants pour renforcer durablement la production électrique. À Toamasina, le projet hydroélectrique de Volobe doit ainsi apporter à terme une capacité de 115 MW. Le Premier ministre a par ailleurs fait état d’une amélioration de l’approvisionnement électrique à Antsiranana.
Dans l’éducation, le gouvernement met en avant le recrutement de 4 200 enseignants. Plus de 4 000 établissements scolaires bénéficient également de cantines scolaires. À cela s’ajoutent 300 infrastructures achevées et 800 autres actuellement en cours de réalisation.
Le volet social de la politique éducative comprend également une revalorisation de certaines indemnités. L’État annonce des subventions destinées à 35 000 enseignants du secteur privé ainsi que le versement d’indemnités à 32 000 enseignants Fram.
Santé : équipements et infrastructures renforcés
Le secteur sanitaire figure lui aussi parmi les priorités avancées par l’exécutif. Cinquante appareils de radiographie numérique doivent être déployés dans les établissements concernés. Le gouvernement annonce également la mise à disposition de 81 ambulances dans les 24 régions.
Chaque province doit par ailleurs disposer d’un scanner, tandis que 38 districts doivent être équipés de camions frigorifiques destinés notamment à assurer la conservation des vaccins. Selon le bilan présenté par le Premier ministre, 90 Centres de santé de base ont également été mis aux normes.
Pour Mamitiana Rajaonarison, ces différentes actions traduisent la volonté de la Refondation de privilégier des mesures dont les effets peuvent être directement constatés par les citoyens.
Une croissance révisée à 3,8 %, mais estimée à 4,1 %
Sur le plan économique, le Premier ministre a indiqué que les prévisions avaient été revues à la baisse. L’objectif initial de croissance avait été établi à 5,2 %, avant d’être ramené à 3,8 % en raison de la conjoncture. Selon les chiffres avancés par le chef du gouvernement, le niveau de croissance se situerait actuellement à 4,1 %.
L’exécutif met également en avant la stabilisation du prix des carburants et l’évolution favorable de l’ariary. Les réserves en devises auraient progressé, passant d’un niveau correspondant à cinq mois d’importations il y a un an à sept mois actuellement.
Le gouvernement affirme par ailleurs continuer à honorer ses obligations financières. Mamitiana Rajaonarison assure que le paiement de la dette est effectué normalement. Parmi les mesures économiques citées figure également la suppression de la TVA de 20 % appliquée aux crédits, présentée comme un moyen de soutenir l’investissement.
La stabilité politique comme prochaine étape
Sur le terrain politique, le Premier ministre considère que la situation s’est stabilisée. Il attribue notamment cette évolution aux consultations menées dans le cadre du dernier dialogue politique, censées contribuer à réduire les tensions.
Interrogé sur les facteurs expliquant les résultats obtenus dans un contexte marqué par plusieurs crises, Mamitiana Rajaonarison renvoie à la ligne politique défendue par le président de la Refondation, Michaël Randrianirina. Celle-ci repose, selon lui, sur la priorité accordée aux intérêts de la population, la participation des jeunes à la vie nationale, la lutte contre la corruption et la construction d’une République fondée sur la justice, la transparence et la solidarité.
Après ces six premiers mois, le gouvernement entend ainsi poursuivre les chantiers engagés tout en maintenant le cap fixé par la Refondation. Pour le Premier ministre, l’enjeu est désormais de transformer les mesures d’urgence et les premières réalisations en résultats durables, tout en consolidant l’apaisement politique.
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