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dimanche 25 août 2019
Antananarivo | 09h40
 

Editorial

Garder la tête froide

mercredi 25 juin 2014 | Benandro

Après 4 ans d’isolement du régime de transition par rapport à la communauté des États, la joie naturelle de retrouver la reconnaissance internationale du gouvernement Hery Rajaonarimampianina ne doit pas néanmoins donner le vertige aux Malgaches et à leurs dirigeants pour occulter les intérêts nationaux. Les investisseurs et les émissaires des États occidentaux frappent à nos portes si d’autres sont impatients de le faire. Aujourd’hui, il est plus important pour les représentants du nouveau pouvoir de garder la tête froide dans les relations avec les Occidentaux dont les États-Unis et la France pour apprécier sainement les avantages possibles ainsi que les risques du développement de la coopération bilatérale dans les divers domaines.

On soupçonne que Washington peut essayer de profiter de l’occasion et contraindre Madagascar à payer le prix non proportionnel pour devenir éligible à l’AGOA. Les dirigeants américains ont déjà commencé à exercer une pression sur le nouveau gouvernement de Hery Rajaonarimampianina ; le 6 juin 2014, le conseiller de l’ambassade américaine, Luc Zanher, a déclaré que Washington préconise la réalisation complète de la « feuille de route », notamment l’article 20 ; une proposition ou un point de vue qui vaut son pesant d’or. Cela signifie d’une part que les États-Unis cherchent le retour de Marc Ravalomanana au pays ; ce que la France officielle n’encourage pas bien qu’elle ne le dise pas directement, se défendant de l’ingérence dans les affaires intérieures. Un retour souhaité des Américains de Marc Ravalomanana est d’autre part perçu comme la continuation du cours d’américanisation et d’anglosaxonisation de l’ancienne colonie française.

Madagascar doit se garder de soutenir ou d’admettre tacitement ou implicitement aux actions agressives du Pentagone sur le continent africain, que les Américains appellent maintien de la sécurité ; une éventuelle participation malgache à ce programme de maintien de la paix constituerait la plus grande menace pour le pays. La coopération militaire sera un objectif pivot du sommet États-Unis-Afrique qui aura lieu les 5-6 août prochain.

La coïncidence de cet événement avec la crise ukrainienne, et avec la détérioration de la situation en Afrique de l’Ouest, au Proche Orient et au Moyen Orient, laisse à penser que Washington tente d’utiliser les leaders africains pour approuver ses actions dans ces régions.

Il ne faut cependant pas oublier que la guerre en Irak et en Afghanistan n’est finie que pour Washington mais non pour les peuples de ces pays ruinés, où il y a des dizaines de morts par jour. Le conflit en Libye, provoqué par Washington, se poursuit. Les livraisons d’armes américaines pour l’opposition armée en Syrie ont introduit ce pays dans une guerre intestine qui se prolonge. Les assassinats de civils par les drones américains au Pakistan ne renforcent que la position des terroristes dans ce pays. Comment peut-il en être autrement quand le sénateur McCain, qui participait aux bombardements des civils à l’époque de la guerre du Vietnam, joue le rôle pivot dans la politique extérieure des Etats-Unis ?

À cet égard, les participants au prochain sommet Etat-Unis-Afrique, y compris Madagascar, ne doivent pas laisser substituer un ordre du jour économique par celui politique. Ils ne doivent surtout pas laisser les Américains utiliser les leaders africains comme moyen de la critique envers la Russie et la Chine, qui sont les principaux concurrents des États-Unis dans le monde.

Il ne faut pas oublier que les États-Unis aussi bien que l’Occident, sont dépendants de l’Afrique et c’est la raison pour laquelle, ils maintiennent le continent dans leur giron. En 50 ans et plus d’indépendance, le continent africain et Madagascar n’ont pas échappé à la pauvreté et au sous-développement malgré l’AGOA et malgré les autres programmes occidentaux de coopération bien ficelés.

24 commentaires

Vos commentaires

  • 25 juin 2014 à 09:29 | diego (#531)

    Bonjour,

    Les élections de 2013 ont été des élections piège à C....

    Essentiellement pour deux raisons :

    - Un, elles n’ont pas été organisées par les institutions du pays.

    Deux conséquences :

    - les partis politiques n’ont pas eu le temps de se préparer pour mieux affronter les élections ;

    - il était alors plus qu’évident que le pays n’aura jamais de majorité pour le gouverner.

    L’Armée, la Justice, la Société Civile et j’en passe, n’ont pas pu voulu ou n’ont pas pu peser sur ces élections. On a mis en place une espèce des comités à la va vite pour organiser une élection dont on sait bien l’importance pour le pays.

    - Deux, l’absence d’une majorité pour gouverner ne permettra pas d’instaurer la stabilité politique dans le pays.

    Vous tournez tout cela comme vous le voulez, le résultat est le même :

    - le pouvoir Malgache, les gouvernants ne pèseront pas lourds, pire, ils n’ont aucun pouvoir.

    Tout le monde semble oublier déjà que Mr R. Hery a été élu avec moins de 2 millions des électeurs :

    - on s’en foute peut-être à Madagascar, mais pas à Paris ni à Washington.

    Si les politiciens GASY se sont prie en mains, ont su mettre en place une Transition neutre, se sont armés de patience avant d’entraîner le pays vers des élections dont ils ont pu constater longtemps à l’avance qu’ils ne maîtriseraient pas, nous ne serons pas là aujourd’hui......

    Il faut savoir poser les bonnes questions pour mieux apprécier la situation dans laquelle nous nous trouvons. Et peut-être pour ne plus faire les mêmes erreurs dans les années à venir, le jour ou nous devons encore retourner dans les urnes.

    Madagascar n’a plus des grands partis politiques, il faut se poser la question pourquoi ? Les partis politiques forment les prochains Leaders. Nous n’en avons plus :

    - Qui vont donc vous diriger demain TOMPOKO ! C’est maintenant qu’il faut commencer à poser cette question......

    • 28 juin 2014 à 11:25 | rakotoson (#8023) répond à diego

      @ diego

      Tout ce que vous dites ,là , ainsi que le texto point de départ de vos commentaires , je les approuve. Permettez - moi toutefois d’ ajouter quelques lignes pour ne pas fatiguer les esprits par trop d’ analyse.

      Le mal profond de notre pays , depuis le coup d’ état du 17 mars 2009 d’ un DJ dénommé Andry Rajoelina dit TGV , est celui de vouloir faire croire aux Malgaches et au monde entier , qu’ il existe après le régime de Marc Ravalomanana qu’ il vient de faire tomber une " véritable démocratie " . Qu’ on en juge !

      - On change la Constitution où le point d’ orgue en sera de porter de 40 ans ( comme stipulé dans le III ème République ) à 35 ans ( l’âge du DJ ) et quelques passages comme de bien entendu incompréhensibles pour le commun des Malgaches

      - Aux élections présidentielles de décembre 2013 , il y eut une ... soixantaine de candidats . N’ oublions pas que Madagascar compte comme ils aiment à le dire à toutes les sauces 22 millions de Malgaches ( non 300 millions d’ habitants comme aux USA , ni 70 millions comme en France

      - Pour nommer un Premier ministre , il a fallu dans les salons de l’ Hôtel Colbert trier sur " 600 premiers ministrables " . Un véritable casting de mannequinat dont la quasi - totalité des concernés n’ a même pas le profil de l’ emploi malgré l’excellente tenue vestimentaire pour la circonstance .

      - Une "démocratie " où les députés - ils ont plus de 200 têtes de pipe - ont droit à des avantages et autres indemnités logement et autres jetons e présence exorbitants : véhicules 4X 4 , chèques - carburants , téléphone portables peut - être crédit téléphone , assistants parlementaires ,

      - Citez - moi un seul pays au monde où une opposition doit être structurée officiellement aux termes de la loi , telle une véritable institution avec un président , un bureau , pour pouvoir fonctionner . Et, on va se tirer entre les pattes .

      J’ arrête là mon énumération de peur de paraitre fastidieuse . J’ y ajouterais seulement qu’ en plus de cette démocratie - sauvage qui donne le tournis - et la tentation du donnant aux plus offrants - aux gens des médias , les pays Occidentaux ( France , USA ... ) dont vous dites ne sont pas les seuls à nous exploiter ; alors que vous oubliez de citer les pays Asiatiques ( Chine , Pakistan d’ où est ce cher Abdoul Filatex ... ) qui se bousculent aux portions . Un pays comme Madagascar qui sort d’ une crise - comme d’ autres qui sortent d’ une guerre - sont particulièrement attractifs pour les multinationaux et autres investisseurs les vrais comme ce que l’on appelle les " investisseurs - bidons ".

      Alors , avis aux dirigeants . Beaucoup croient en ce gouvernement une réplique de celui de la Transition . Pire même , avec en plus , de nombreuses erreurs de parcours dont les retombées seront dramatiques si , dès maintenant , ces Princes qui nous gouvernent continuer à conduire le pays dans l’ abîme .

  • 25 juin 2014 à 09:35 | harmelle (#5862)

    Je pense que le gouvernement Hery tant sur le plan politique intérieure que sur le plan politique extérieure au niveau du dossier Ravalomanana devrait reprendre la main en gérant ce dossier souverainement . Cette interdiction de territoire politique est une honte pour Madagascar et il faut que cette administration qui n’a rien à voir là dedans s’ôte cette énorme épine du pied : cela ne peut lui être que bénéfique elle qui n’a que le mot réconciliation nationale dans le sourire ! Des actes seraient bien venus !

  • 25 juin 2014 à 09:37 | jansi (#6474)

    Madagascar est l’ennemi de personne et n’a aucun ennemi. Tel semble être le positionnement diplomatique choisi par notre pays, ce qui a engendré cette compétition occident-orient pour la possession de nos richesses offshore et on shore.

    Seules nos lois sont nos meilleurs remparts contre les abus pouvant venir des investisseurs. Nos lois seront respectées grâce a la force et a la fermeté de nos institutions (justice indépendante, sécurité sur tout le territoire, lois sur les investissements gérées avec fermeté....).

    • 25 juin 2014 à 21:12 | iarivo (#5822) répond à jansi

      Vive Madagascar, Une et Indivisible !!!

      Pour des Institutions républicaines, démocratiques et laïques fortes, respectées par tous !!!

      La lutte continue ...

  • 25 juin 2014 à 10:07 | Isandra (#7070)

    Dans cet époque de la mondialisation,...nous devrions opter une diplomatie tous azimuts,...et ouverte à n’importe quel pays quelque soit leur position politique et géographique,...Cela nous permettra d’élargir le centre de gravité de notre diplomatie,...démonopoliser les partenariats internationaux,...les aides et les financements,...

    De ce fait, nous devrions abandonner cette diplomatie convenue,...en fonction des intérêts du régime en place,...

    • 25 juin 2014 à 11:24 | Jipo (#4988) répond à Isandra

      Vous devriez vous acoquiner de suite , avec la Corée du Nord, la Chine, la lybie, le quatar, l’ irak et le Pakistan !
      Quant aux intérêts du régime , ils n’ ont pas besoin de vous pour y penser , les représentant de l’ assemblée ne vous l’ ont-ils pas suffisamment démontré ?
      Tant qu’ ils ne penseront qu’ au leur et non celui de la nation , le seul & unique intérêt , c ’est de virer ce panier de crabes, juste capable de faire des inaugurations , pavaner aux fais de la princesse, et vite disparaitre leurs forfaitures accomplies .
      Dans cette époque de mondialisation , vous devriez privilégier, éducation et santé pour tous avant d ’ imaginer quoi que ce soit d’ autre , en bons derniers, on ne prétend pas jouer dans la cour des grands, mais juste commencer à grandir . /

    • 25 juin 2014 à 11:56 | Isandra (#7070) répond à Jipo

      Justement,...pour nous permettre de mettre en place de véritable politique de développement : Sociale(éducation, santé,...etc), économique,...il nous fallait des partenaires internationaux,...ceux-ci ne devraient plus se limiter à nos partenaires traditionnels tels que la France, les Etats unis,...etc,...il faudrait les élargir vers les autres pays dont les relations pourraient être plus intéressants et moins contraignant qu’eux,... Cela s’appelle diplomatie "intelligente",...

    • 25 juin 2014 à 12:22 | Jipo (#4988) répond à Isandra

      Ce que vous appelez " démocratie intelligente " n’ est rien d’ autre que de la prostitution, la mariée a encore de beaux restes, dommage que vous ayez besoin des autres pour vous occuper d’ elle ...
      Pour répondre à Benandro, je ne peux que l’ inviter à consulter cet article, et quelques autres qu’elle trouvera sur le sujet depuis la crise en Ukraine assurément subventionnée par qui vous devinerez ...
      http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/l-effondrement-du-dollar-est-il-152939
      Un combat à mort est mené contre la suprématie totalitaire du billet vert , qui est assurément au crépuscule de sa vie .

    • 25 juin 2014 à 12:39 | Isandra (#7070) répond à Jipo

      Bon,...là je comprend qu’il ne sert à rien de parler de chose importante au touriste sac à dos,...car la discussion risque à tout moment finir par,...le c...u,...

    • 28 juin 2014 à 13:07 | rakotoson (#8023) répond à Jipo

      Quand j’ entends L’ Amiral Rouge - Président Didier Ratsiraka ( dixit le journal le Monde en 1991 , dans un article sur les massacres d’ Iavoloha du 10 août 1991 . " Qui a dit " Mora manadino ny Malagasy " ?! , blattiferer, dérailler , dans Midi Madagascar de ce samedi 28 juin , comme quoi Madagascar a besoin de se doter de " navire de guerre " .

      Décidément , c’ est une idée fixe chez lui , les Orgues de Staline , la trentaine de Migs 16,17,18,21 nord - coréens et soviétiques dont certaines sont au rebu ... à Ambatolampy , les blindés teuf-teuf dont les derniers exemplaires ont servi à l’ assaut d’ Iavoloha et d’ Ambohitsorhitra les 16 et 17 mars 2009 par Andry TGV , les généraux kapsily Dolin récompensé pour ses bons et loyaux services en CST/ CT , Ranto , l’ adjudant chef Etienne l’ homme au complet travesti en Cst ou Ct gris Ndremanjary , les colonels Fidy & Co ne lui suffisent donc pas .

      Bateau de guerre ?! Qu’ en a fait l’ Amiral Ratsiraka et le contre - amiral Hypolite de " leur " bon vieux garde côte " Malaky " ? Pas si vieux que ça dans le cadre de la Révolution Socialista Malagasy de Didier Ratsiraka l’
      Mais , des ferailles avec la Révoluton Orange de TGV

  • 25 juin 2014 à 10:44 | alamady (#6775)

    "Le conflit en Libye, provoqué par Washington, se poursuit."(Benandro)

    Ary dia efa voasasan´i Lafrantsa mihintsy ny atidohan´intony Benandro intony, koa dia lazainy fa i Washington indray fa tsy i Paris no nanankorontana tany Lybia sy nampamono an´i Khadafi.

    Ary ny momba an´i Madagasikara dia modian´ireo Malagasy Andevon´ny Lafrantsa tsy fantatra, fa i Sarkozy no naka (nasainy natsimpy teo an-tongony) ny Satroboninahitr´i Ranavalomanjanka mba hanehoana fa manaiky ny fifehezany izay mitondra eto Madagasikara.

  • 25 juin 2014 à 12:19 | sorajavona (#1134)

    C’est un éditorial ?

  • 25 juin 2014 à 12:38 | racynt (#1557)

    Je ne suis pas pour l’extreme droite mais je suis totalement d’accord avec Marine LePen quand elle clame haut et fort que la banque mondiale et le FMI sont des affameurs de peuple car derriere leur soit disant aide financiere il y a toujours des calculs politiques et economiques. Il faut simplement se poser la question pourquoi tous les pays qui sont finances par la BM et la FMI sont de plus en plus pauvres ? Est ce vraiment le developpement des pays pauvres que cherchent ces structures ou veulent t ils maintenir la pauvrete dans ces pays afin d’en tirer profits ?

    • 25 juin 2014 à 15:40 | Jipo (#4988) répond à racynt

      A votre dernière suggestion je répondrai : affirmatif !
      Ils vivent bien sur le dos des PMA, car ceux avancés n’ ont pas besoin d’ eux !

  • 26 juin 2014 à 13:55 | Rakotomenatra (#6912)

    Merci Benandro, pour cet éditorial très pertinent !

    Il faut très bien analyser chaque pays ou grand investisseur qui cherche la "coopération" : A-t-il vraiment qc à offrir au pays ? pour le développement ? pour les défavorisés ?

    Il y a des cadeaux qui reviennent très cher ou qui sont même empoisonnés :
    Ce qui intéresse plus qu’un - surtout en ces temps de guerre en Iraq et autres pays, où l’accès au pétrole est menacé - c’est les réserves en pétrole, gaz et autres matières premières très recherchées !

    Le pétrole n’a jamais servi à la population d’un pays - c’est une grande chance pour les gouvernants de s’enrichir à grande échelle, et c’est un très, très grand risque que subitement une guerre s’enflamme - et là où elle a lieu, on se demande comment on a fait, parce que personne ne l’a voulue ! Dans ce contexte il faut se demander pourquoi le PM s’est rendu en Israel pour...se renseigner sur un évtl. achat d’armes ! Si on parle d’Israel, on parle aussi des Etats-Unis !

    Iraq, Afghanistan, Syrie, Angola et autres - est-ce qu’ils avaient jamais le choix ?

    L’indépendance est précieuse - il faudrait peut-être s’inspirer auprès du Cuba, du Venezuela, à l’Equateur... ils ont réussi à résister.

    Le faible maillon dans cette chaîne est toujours la cupidité des dirigeants - c’est pourquoi c’est tellement important que tout le monde ici se solidarise et lutte contre la corruption. Maintenant ou - il sera trop tard !

    • 26 juin 2014 à 18:29 | el che (#344) répond à Rakotomenatra

      "Le pétrole n’a jamais servi à la population d’un pays " (Rakotomenatra)
      ----------------------------------------
      Bonjour Rakotomenatra,
      Il existe pourtant des exceptions, comme l’Algérie où le prix de l’essence à la pompe avoisine les 5000 fmg le litre. Cela a permi au pays se développer en un temps record. Exemple à suivre : que les citoyens jouissent directement des fruits des les ressources naturelles.
      Cordialement

  • 26 juin 2014 à 16:31 | Isambilo (#4541)

    Lesiens des Etats Unis n’ont jamais briller par la profondeur de leurs analyses de la situation mondiale. C’est toujours la politique du police/voleur, du western, les "civilisés" blancs contre les peaux rouges. Les "purs" dontre la puissance du mal, etc.
    Ils ont une armée redoutable dont la seule victoire éclatante a été celle menée contra la petite île de Grenade.
    S’ils comptent sur Ravalomanana pour gagner du terrain à Dago, ils se fourrent le doigt dans l’oeil, parce que Ravalomanana n’est plus le seul à avoir les moyens de peser sur la politique du pays. Il y a aussi Hiridjee et le reste.
    En attendant de savoir sur qui le discours de Rajaonarimampianina a été compé cette fois-ci.
    Après 54 ans, Ralala a démontré que les textes de loi malgaches sont d’abord pensés et rédigés en français avant d’être traduits en malgache si on a le temps.Il est vrai que nous fêtons aussi aujourd’hui le 54e anniverssaire des Accords de coopération avec Renimalala.

  • 26 juin 2014 à 23:01 | Rahasimbery (#8396)

    Turping,
    Je n’ai aucun doute sur le fait que quelques uns, parmi nos compatriotes, nourrissent le vœu pieux de restaurer un régime monarchique. Encore faut-il qu’ils aient le moyen de leur rêve. Certes, le "royaume de Madagascar", l’appellation de l’époque, eut une reconnaissance officielle. Il est cependant un constat qui mérite amplement d’être mentionné : L’unification du pays, initiée par la monarchie Merina, incarnée par la personne de Ramboasalama, n’est jamais arrivée à son terme. Le 19ème siècle s’avérait être insuffisant pour l’achever. Loin s’en faut, une double menace pesait sur ce processus : pendant que des luttes intestines l’affaiblissaient épisodiquement de l’intérieur ; l’appétit colonial des grandes puissances européennes n’ayant aucune limite finît par l’abattre. Madagascar en paya le prix fort. Et nous connaissons la suite. Vous aimez répéter le rôle décisif des colons lors de l’indépendance, pour aussitôt les dédouaner d’une totale responsabilité quant à notre situation actuelle. « Plateau d’argent » dites-vous.
    - Oui, Madagascar a été « peu décolonisé », la formule est de Françoise Raison-Jourde. Tout a été mis en œuvre pour occulter au maximum les événements de 47. En ligne de fond, nous retrouvons l’éviction du MDRM de l’échiquier politique et la promotion de Tsiranana, PADESM, pour assoir la première république et de facto, la présence française. La « politique des races » entamée par Gallieni, une cinquantaine d’années plus tôt, hantait toujours l’esprit des stratèges coloniaux à la veille de la décolonisation : réduction de l’opposition MDRM/PADESM en 2 pôles ethniques, voire même raciaux pour les plus zélés (Merina-côtiers ; Asiatiques-Africains) ; ce qui implicitement, légitimait la république (la France) comme une force indispensable, unificatrice ; et inversement, envoyait l’aspiration nationaliste des groupes tels le PANAMA, le MDRM au tapis. La force du ressentiment l’a emporté sur celle du rassemblement. Est républicain celui qui non seulement adhère aux principes fondamentaux (liberté-égalité-fraternité) de la république mais aussi, celui qui y croit, et ceci, envers et contre ses adversaires, y compris le colonialisme. Tsiranana n’a jamais cru en Madagascar, il a cru en la France (civilisation supérieure). Une politique « souveraine » digne de ce nom assume sa part de responsabilité en priorisant ce qui est de son ressort (sa légitimité) et ce qui n’est pas, le reste du monde.
    (- Les considérer revenait à remettre en cause l’entreprise coloniale dans son ensemble. Ce qui, compte tenu de la situation française de l’époque, un pays tout juste sorti d’une guerre ravageuse, signifiait une perte significative de ses ressources propres. Outre le plan Marshall, la reconstruction avait un prix. Les colonies. Et le génie de De Gaulle, c’est d’avoir contenté les Américains sur la forme, la décolonisation, et d’avoir su au fond maintenir le pré carré français vaille que vaille. Et dois-je souligner que celle-ci n’est pas notre Histoire)

    - Cette Histoire est bel et bien écrite mais hélas, elle est en passe d’être oubliée. Son caractère « politique » la rend indicible, inaudible pour un peuple aussi dépolitisé que les Malagasy. Pour moi, un avis personnel donc, le colonialisme a gagné à Madagascar. Sa réussite politique est proportionnelle à son implantation durable dans l’idéologie du pouvoir national : la ligne de fracture susdite. (Le pacte républicain n’y existe pas) Historiquement, il s’est rendu indispensable en imposant sa périodicité : précoloniale, coloniale, postcoloniale. Au regard de 2000 ans d’Histoire, 60 années nous paraissent insurmontable. Ce faisant, il a réduit l’imaginaire historique des Malagasy à des formes réactionnaires et vindicatives. Quand nous pensons Histoire ; nous souffrons, nous nous accusons les uns des autres et ensuite, nous nous représentons un Tribunal. L’Histoire du crime est-elle un crime historique ? Il faut faire preuve d’un grand discernement pour arriver à bout de cette question. Cette perception causant en partie le brouillage de nos perspectives conditionne notre réel. Ailleurs, j’ai évoqué notre« passé trouble. » Sans doute, il est plus que nécessaire d’établir une connexion (virtuelle, car c’est toujours le présent qui imagine son passé) entre le passé et le présent mais elle ne devrait pas se faire au détriment de l’actualité : nous sommes dans une situation d’impouvoir. Il n’y a rien de pire que la fuite dans l’Histoire. Si elle nous aide à comprendre le présent, elle ne nous sera d’aucune utilité dans nos actes militants. Comprendre n’est pas militer. En d’autres termes, vouloir la monarchie, c’est aussi « pouvoir » vivre comme un monarque. Est-ce le cas ? Chacun jugera de ce que bon lui semble, mais en attendant, nos ressources naturelles font l’objet d’une convoitise accrue des autres pays, nos enfants se prostituent allègrement, nous voulons coûte que coûte quitter le pays parce qu’il incarne l’enfer en personne et la liste est longue.

    - N’accordons pas trop d’importance à l’Histoire, au risque de méconnaitre les injustices présentes. Les historiens diront que l’anachronisme est un péché mortel. Cela dit, tous les patriotes Malagasy s’en réfèrent encore pour appuyer leur revendication politique : « La faute aux…, Les Malagasy d’abord ! » Cela, peu ou prou, relève de l’Histoire. Du moins, du rapport que nous entretenons avec elle. La partageons-nous ? Dans quelle mesure façonne-t-elle notre imaginaire ? Quand elle s’actualise, selon que l’on s’identifiait, s’identifie aux dominants ou aux dominés, quel est son impact réel dans nos esprits ? Peut-on avancer l’hypothèse d’une Histoire commune, partagée par tous les Malagasy ? Comment la fabrique-t-on ? Enfin, à quoi peut-elle bien nous servir ? Derechef, plus qu’elle nous donne de réponses, elle soulève de nombreuses questions auxquelles, par négligence ou volontairement, nous évitons d’aborder. Nous ne bénéficions pas encore d’un climat bienveillant pour s’attaquer à l’Histoire.

  • 27 juin 2014 à 03:21 | NY OMALY NO MIVERINA (#1059)

    Ce qui est surtout à craindre c’est que M/car ne soit l’objet de transactions qui échappent à M/car entre les grandes puissances : entre La France et les Etats Unis en particulier.
    Et les autres, à l’affût comme la Russie, la Chine et les dragons de l’Asie ...

    Ne rêvons pas que les Etats Unis acceptent facilement le contrôle exclusif de cette zone de l’Océan Indien par La France ...

    Et, ces aides de toute part ont leurs explications (pas au sens primaire !!!) et doivent interpeller nos gouvernants : F.M.I., Banque mondiale, Union européenne, AGOA, Unité africaine, de La Chine, du Japon, etc ...

    Il appartient au pouvoir de Hery Rajaonarimampianina d’être très vigilent, de "garder la tête froide" pour comprendre les relations internationales, la mondialisation de tout, les ententes tacites qui nous échappent ...

    Heureusement que M/car est une île indépendante et à part et les Malagasy unis, indivisibles à l’encontre de nos voisins de l’Afrique continental et du Moyen Orient où franchir la frontière est incontrôlable, ingérable, où les puissances peuvent parasiter et exploiter les mouvements de population au gré de leurs intérêts ...

    Pas facile nos relations diplomatiques, rien qu’avec La France, notre 1°partenaire historique, jalouse de sa relation privilégiée avec M/car ...

    Si La France peut départementaliser M/car, elle le ferait sans hésitation ...

    " Ao raha ..." !, hoy isika Malagasy.

    • 27 juin 2014 à 07:46 | RAMAHEFARISOA Basile (#6111) répond à NY OMALY NO MIVERINA

      Pour clore ce 26 juin 2014..je dis :
      - "VIVE LA COOPERATION LOYALE et FRANCHE AVEC LA FRANCE".
      =="PAIX et CO-GESTION" pour les îles éparses"==
      MAHEFA ARY SOA.
      Basile RAMAHEFARISOA-1943
      b.ramahefarisoa@gmail.com

  • 27 juin 2014 à 13:53 | alamady (#6775)

    « Le conflit en Libye, provoqué par Washington, se poursuit. »(Benandro)

    Ary dia efa voasasan´i Lafrantsa mihintsy ny atidohan´intony Benandro intony, koa dia lazainy fa i Washington indray fa tsy i Paris no nanankorontana tany Lybia sy nampamono an´i Khadafi.

    Ary ny momba an´i Madagasikara dia modian´ireo Malagasy Andevon´ny Lafrantsa tsy fantatra, fa i Sarkozy no naka (nasainy natsimpy teo an-tongony) ny Satroboninahitr´i Ranavalomanjanka mba hanehoana fa manaiky ny fifehezany ireo izay mitondra eto Madagasikara.

    Izay tsy manaiky dia mipitika (any Afrika Atsimo, ohatra), na maty vonoina ankitso-rano toa an´i Thomas Sankara.

  • 27 juin 2014 à 15:52 | Rahasimbery (#8396)

    "La réconciliation", à défaut d’être un appel fraternel puisant sa racine dans un pacte politique (national : les valeurs, les intérêts, les visées, les urgences etc.), est un aveu d’impuissance. Malgré toute la bonne volonté du discours présidentiel, l’absence de quelques anciens () éclaire singulièrement le cercle vicieux dans lequel notre "système politique" est embourbé.
    - Quiconque aurait la charge de diriger ce pays, composera avec des éléments perturbateurs. L’ampleur des forces de division est telle, que les rallier sous la même bannière ne sera pas une mince affaire. A mes heures perdues, J’ose imaginer que le clivage est d’ordre idéologique (démocratie, monarchie, république, libéralisme, communisme etc.), là au moins, les écoliers (antiquité-féodalité-renaissance, etc.) sauront sur quel pied danser, et où mettre des beaux mots dans des belles analyses. Mais au regard de notre passé, les idéologies n’ont eu que des effets lénitifs. Tsiranana était-il républicain ? Ratsiraka était-il marxiste ? Et Ravalomanana et Zafy étaient-ils libéraux ? Rajoelina n’était-il qu’un disc jockey ? L’imparfait du verbe « être » est le dénominateur commun de toutes ces questions. Dois-je rappeler que le pouvoir s’exerce au présent et que l’enjeu premier de la politique est d’organiser l’ensemble du pays en vue d’un avenir commun ? C’est ici et maintenant que le monde se façonne. C’est ici et maintenant que les forces se rapportent les unes des autres. C’est ici et maintenant que les batailles se livrent. Malheureusement, pour beaucoup d’entre nous, « l’ici et maintenant » est une pensée lancinante : la main quémandeuse, les yeux larmoyants, la haine de soi qui aboutit fatalement à celle des autres, l’auto flagellation et enfin, l’imbécilité soupçonneuse qui au fond amenuise tous les élans créatifs.
    - L’adversité, à l’échelle nationale, ne peut générer d’émulation que dans la mesure où tous les acteurs s’entendent au minimum sur un arsenal de règles. (Le monde actuel est impitoyable car force est d’observer qu’un pacte mondial n’existe pas. Il y a des alliances, des pôles de puissance mais leurs relations sont souvent conflictuelles) En effet, ce pacte politique aura le mérite de redéfinir la notion d’opposition et d’instaurer à court ou à long terme un climat bienveillant, apaisé. Pour ce faire, une bonne dose de confiance nous sera nécessaire. « Même si je ferme les yeux, ta présence m’est bienveillante. » Qui parmi nous pourra en dire autant ? Au-delà même de la politique, interrogeons notre expérience quotidienne, personnelle : comment se comportons-nous avec nos proches ? Mesurons-nous la portée de nos paroles, de nos actes ? Suis-je intègre avec mes propres principes ? Le Chrétien, le Républicain, le monarchiste, le communiste, le libéral incarnent-ils leurs idéaux ?

  • 1er juillet 2014 à 19:29 | spliff (#5871)

    Cher Rahasimbery

    Suggérez-vous que la République a fait office d’instrument de contrôle dont "l’imposition" a été réalisée au moyen de l’exacerbation (voire l’organisation) de clivages ethniques/raciaux ?

    Si tel est le cas, comment pouvez-vous honnêtement proposer ce même instrument en vue de permettre à un peuple [nous] - qui commence à comprendre la supercherie - de transcender les limites de la "réaction" dont vous remarquez à juste titre qu’il est prisonnier ? Pouquoi voulez-vous que l’on croie en la république compte tenu des moyens et des raisons qui l’on mis sur notre route ? N’est-ce pas là une contradiction ?

    Par quoi devraient être sous-tendus le sens et les raisons des actes militants sinon la défense de conceptions dont la substance est un héritage transmis - par définition - verticalement ?
    Evidement, cette chaîne de transmission étant maintenant [irrémédiablement ?] rompue, on en est réduit à jouer les pseudo virtuoses de concepts occidentaux ce qui mécaniquement "occidentalise" notre "actualité" tout en nous gardant du côté esclave de celle-ci faute de transmission des repères "naturels" donnant forme à nos conceptions et notre culture.

    En lisant un des papiers de Mme Rabenoro qui - de mémoire - se faisait l’écho d’une nécessaire parité homme femme dans les instances dirigeantes - ce au nom du sacrosaint principe d’Egalité - je ne pouvais m’empêcher de penser qu’au moment où nous avions des Reines, les femmes françaises ne pouvaient même pas voter... Et nous voilà donc aujourd’hui en train d’aller chercher des solutions "importées" à des problèmes importés desquels nos conceptions historiques nous protégeaient déjà un siècle auparavant !!

    Militer ? Ok.
    Mais pour quoi ?
    Sur quoi exactement repose "l’actualité" que vous défendez ?
    De quoi relèvent les outils qui permettraient justement de ne pas "méconnaitre les injustices présentes" ?

    "La faute aux..., Les Malagasy d’abord !"
    Cela ne relève pas de l’Histoire comme vous le dites.
    C’est de la "réaction", de laquelle une compréhension de l’Histoire et de la culture permet de s’émanciper : Se libérer du carcan par l’intelligence.
    Plus que jamais, nos "élites cognitives" ont le devoir de répandre cette intelligence.

    Bien à vous
    Feno

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