Après plusieurs reports, la concertation nationale devrait finalement entrer dans sa phase de lancement au cours de ce mois de juillet. Initialement annoncée pour le mois de mai, puis repoussée à juin, elle figure désormais parmi les priorités du calendrier de la Refondation de la République. Face aux députés réunis hier à Tsimbazaza, le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a tenu à préciser l’organisation retenue, tout en répondant aux nombreuses interrogations suscitées par les changements successifs de calendrier.
Le chef du gouvernement a expliqué que le dispositif a été revu à la suite de la rencontre du 3 juin entre l’Exécutif et le Conseil chrétien des Églises de Madagascar (FFKM). Désormais, la conduite de la concertation nationale est entièrement confiée au FFKM, tandis que le ministère chargé de la Refondation assurera un rôle d’accompagnement technique et logistique. La Primature, de son côté, conservera la responsabilité du processus global de Refondation, celui-ci relevant, selon le Premier ministre, de la politique publique de l’État.
Mamitiana Rajaonarison a également rappelé que le comité de pilotage de la Refondation, institué par décret, interviendra une fois la concertation terminée. Sa mission sera d’examiner les propositions recueillies auprès de la population afin de les traduire en projets institutionnels et constitutionnels. Le gouvernement entend ainsi montrer que les échanges ne resteront pas au stade des discussions, mais devront déboucher sur des réformes concrètes.
Le calendrier reste toutefois soumis à la validation du programme élaboré par le FFKM. Selon le Premier ministre, cette étape permettra d’engager officiellement la concertation nationale au cours du mois de juillet afin de respecter le chronogramme présenté à la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) ainsi qu’à la population malgache. Le FFKM a néanmoins indiqué récemment que les concertations organisées dans les fokontany ne débuteraient qu’au mois d’août.
Le gouvernement a également annoncé que la concertation nationale des jeunes est désormais achevée. Organisées aux niveaux communal et régional, ces consultations feront prochainement l’objet d’une restitution officielle, dont les conclusions seront intégrées au processus global de Refondation.
Malgré ces assurances, des interrogations persistent. Le KMF/CNOE a demandé, hier à Antaninarenina, davantage de précisions sur le déroulement de la concertation nationale. Son président, Robert Namearison, estime que les reports successifs et les informations parfois contradictoires entretiennent la confusion au sein de l’opinion. L’organisation considère qu’une refondation ne pourra produire des résultats durables que si le dialogue associe l’ensemble des composantes de la société et prend véritablement naissance à la base.
Le KMF/CNOE s’interroge également sur les orientations qui guideront la concertation nationale et sur les mécanismes qui permettront de transformer les propositions recueillies en décisions concrètes. Pour Robert Namearison, les attentes sont importantes et les conclusions devront se traduire par des changements perceptibles pour la population.
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