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jeudi 22 octobre 2026
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Affaire des 11 détenus chinois : 15 gardes à vue et deux responsables limogés

jeudi 22 octobre | Mandimbisoa R.

Nouveau rebondissement dans l’affaire des 11 détenus chinois portés disparus en août. Le dernier conseil des ministres a décidé de limoger deux hauts responsables de l’administration publique : le directeur de l’Administration pénitentiaire au sein du ministère de la Justice et le directeur chargé du contrôle de l’immigration auprès du ministère de la Sécurité publique. Parallèlement à cela, une quinzaine d’individus seraient placés en garde à vue dans le cadre de l’enquête.

Le limogeage des deux responsables survient au lendemain des déclarations du premier ministre Mamitiana Rajaonarison, qui avait annoncé des sanctions contre les personnes dont la responsabilité serait établie.

Selon les déclarations publiées par Jérémie Napou, directeur de l’Inspection pénitentiaire, l’enquête s’oriente vers une personnalité extérieure au ministère de la Justice. Le secrétaire général du syndicat des agents pénitentiaires, actuellement recherché, aurait indiqué aux enquêteurs avoir exécuté des instructions provenant d’un haut responsable extérieur à l’administration pénitentiaire. Cette personnalité lui aurait notamment promis sa protection et aurait exercé des pressions pour obtenir l’exécution de ses directives.

Autre élément soulevé par le responsable de l’Inspection pénitentiaire : les agents chargés de l’escorte des détenus auraient reçu chacun 200 000 ariary. Ces soupçons de corruption doivent encore être établis par les investigations judiciaires. L’enquête administrative aurait également relevé plusieurs anomalies dans les documents et les formalités ayant permis la sortie des détenus chinois.

D’après les informations rapportées par Jérémie Napou, trois responsables seulement auraient initialement eu connaissance de l’opération : le directeur de la prison d’Avaradrano, le secrétaire général du syndicat des agents pénitentiaires et le directeur de l’administration pénitentiaire. Les investigations laisseraient néanmoins apparaître l’intervention de plusieurs autres personnes, à différents niveaux.

Le SG revient à la charge

Le secrétaire général du syndicat des agents pénitentiaires, Mohamed, maintient pour sa part ses accusations et conteste la version de la ministre de la Justice. Dans une nouvelle vidéo diffusée sur les réseaux sociaux depuis sa cachette à Dubaï, il affirme avoir agi dans le cadre d’une opération destinée à préparer l’expulsion des ressortissants chinois vers leur pays d’origine. Selon ses explications, une liste devait être établie avec l’intervention de l’ambassade et du ministère de la Justice.

Mohamed rejette également toute responsabilité des agents pénitentiaires dans la délivrance des passeports ayant éventuellement facilité le départ des intéressés. Pour défendre sa version, il évoque une mission officielle effectuée en Chine du 7 au 13 septembre, à l’occasion du transfert d’un premier groupe de cinquante détenus chinois. Il affirme détenir un ordre de mission ainsi que des enregistrements vidéo de rencontres avec des responsables policiers chinois.

Le syndicaliste annonce par ailleurs son intention de rendre publics des éléments qu’il présente comme des preuves de corruption au sein du ministère de la Justice. Ces déclarations restent à vérifier et les accusations formulées contre les différentes personnes citées ne constituent pas, à ce stade, des faits judiciairement établis.

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