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Environnement

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900 tortues sur les 10 000 saisies à Toliara meurent d’un virus peu connu

lundi 30 avril | Vavah Rakotoarivonjy

Situation critique dans le Sud ! 900 tortues rayonnées, les radiatas, sur les 10 976 saisies par les autorités malgaches mi-avril dans une maison à Toliara sont déjà emportées par un virus. Selon les experts de Soptom-CRCC, une station d’observation et de protection des tortues et de leurs milieux, qui interviennent actuellement dans le Grand Sud, ces tortues sont victimes de virus inconnus, pouvant entrainer la disparition de 70 à 100% de leur population.

Les 10 976 tortues étoilées saisies par les autorités malgaches mi-avril ont toutes été apportées au village des tortues d’Ifaty. Les enclos sont surchargés d’animaux en très mauvaise santé. Le transfert de ces tortues dans ce parc s’est déroulé très vite sans que l’équipe du parc n’ait eu le temps de se préparer. Le cheptel a été affrété en pleine nuit dans six camions. L’équipe du parc a dû se démener pour éviter que les tortues qui viennent d’arriver ne croisent celles qui sont en bonne santé et destinées à la reproduction.

Une situation de guerre

Le pire s’est produit le lendemain du transfert. L’enclos de quarantaine, parce que les tortues qui viennent d’arriver devraient être placées en quarantaine, était plein à craquer. Même les enclos destinés aux tortues reproductrices sont également envahis. Les animaux commencent à tomber malades par dizaines. Le stress de la détention, de l’absence de soleil, d’eau, de nourriture, puis celui du transport et de la manipulation favorisent la maladie. La tortue radiata est une espèce fragile. Si certaines peuvent être soignées, d’autres meurent en quelques heures malgré les soins acharnés de l’équipe.

Face à cette situation, les agents du parc ont dû isoler immédiatement les enclos concernés. La clinique, vidée, purifiée autant que possible. Les cadavres placés jusqu’alors dans un grand trou sont déterrés et sortis de l’enceinte du village. L’équipe parle d’une « véritable situation de guerre, une guerre contre le temps, contre le développement d’une pandémie qui menacerait l’ensemble du cheptel ».

Menacée d’extinction

Masques, gants, combinaisons, les femmes et les hommes qui interviennent sur les lieux doivent également être protégés tout comme leurs familles qui vivent à proximité du village et qui y travaillent… La décision est prise pour stopper l’hémorragie : les tortues les plus atteintes vont être euthanasiées, leurs cadavres brûlés.

Sur les réseaux sociaux, l’équipe de SOPTOM se disent « à la fois concentrés et écœurés. Ces tortues si rares, si belles, si sauvages… quel gâchis ». Elle interpelle aussi sur la nécessité de protéger ces tortues « Il faut que le monde sache, que le braconnage s’arrête, et que les passionnés de tous les continents qui cèdent à la facilité du marché noir pour détenir telle ou telle espèce comprennent. Pour chaque tortue achetée ce sont des dizaines qui meurent, lors des collectes, du transport, dans les lieux de stockage ».

Endémique de Madagascar, la tortue étoilée est une espèce « menacée d’extinction » par l’UICN (Union internationale pour la Conservation de la Nature). Mise en péril par la déforestation, elle est victime du commerce illégal. En trente ans, la population a été divisée par quatre, passant de plusieurs millions de tortues dans les années 1980 à quelques centaines de milliers environ aujourd’hui.

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