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Une pratique courante des réseaux mafieux
Blanchiment de bovins /
mardi, 7 août 2012

L’arrêté interministériel N° 20-834-2012 sur la suspension temporaire d’exportation de zébu est sorti le 01 aout dernier. « Madagascar a décidé de suspendre l’exportation légale de zébu sans prendre de mesure concernant l’exportation illégale », relève le secrétaire général du ministère de l’Élevage, avant de poursuivre, « dans notre département, nous allons prendre des mesures afin de réduire le vol, mais pour combattre les dahalo, il faut remonter à la source ». Au niveau du ministère de l’Élevage donc, la traçabilité des bovins, la professionnalisation des éleveurs ainsi que l’incitation des éleveurs dans le Sud à entrer dans l’économie du marché, constituent les principaux axes de travail du ministère.

« Afin de combattre le vol de zébu, il faut avoir la traçabilité de ces bétails. Pour ce faire, nous allons uniformiser le fiche individuelle de bovin » a annoncé le secrétaire général du ministère de l’Élevage. Soulignons qu’auparavant, chacun émettait les fiches selon ce qui lui convenait. « À part cela, nous allons professionnaliser les éleveurs » rajoute le SG du ministère de l’Élevage.

Forme

« Le vol de zébu dans le Sud de Madagascar a 4 formes » explique le SG du ministère. Pendant l’enterrement ou encore le famadihana, les besoins en viande bovine pour nourrir le fokonolona sont énormes. Or, la plupart des familles concernées ont souvent du mal à sacrifier leurs biens. De ce fait, la famille en deuil fait échanger 20 boeufs volés contre 10 boeufs propres.

Il y a aussi les grands propriétaires de bovidés qui sont aussi des preneurs de boeufs volés et qui les blanchissent. Notons qu’il y a d’anciens dahalo parmi les grands propriétaires de zébus dans le sud. Ces personnes confondent les animaux volés aux autres animaux et font des échanges après, sur la base de 10 zébus volés contre 2 zébus propres. Ils font des contrats avec les intermédiaires (mpanao dabokandro) et préparent à l’avance toute la paperasserie nécessaire, ceci se faisant avec la corruption. À part cela, il y a aussi les intermédiaires qui achètent directement leurs boeufs auprès des dahalo. Ils achètent une partie de leurs boeufs dans le marché et une autre partie auprès des dahalo. Les papiers de transaction sont préparés à l’avance.

Trajet

Les boeufs volés à Morombe et Manja vont à Ambositra et Antsirabe, tandis que ceux de Toliara II, Sakaraha, Betioky, Benenitra ou Betroka à Fianarantsoa. Le trajet passe entre Taolagnaro et Androka, ou Belalamba et Manambo, ou encore Manombo et Morombe.

Élevage contemplatif

Selon toujours l’explication du SG du ministère de l’Elevage, la principale raison du vol de zébu réside dans le fait que les grands propriétaires qui sont majoritairement dans le Sud, ne font que de l’élevage contemplatif. La possession de plusieurs têtes de zébu donne une meilleure image sociale. De ce fait, la plupart des éleveurs dans le Sud ne vendent pas leurs boeufs alors que la demande de viande bovine existe, notamment dans les grandes villes comme Antananarivo. À part cela, il y a aussi les bateaux Bitcher qui peuvent accoster dans les ports naturels de Madagascar. « Les dahalo comme Remenabila ne sont que des contremaîtres » explique le SG du ministère de l’Elevage avant de rajouter « il y a des cerveaux de ce trafic qui est un réseau mafieux ». « Si l’on ne s’attaque pas à ces cerveaux, l’on ne pourra pas stopper le vol de zébu car ils engageront de nouveaux contremaitres » rajoute notre interlocuteur avant de conclure que « la suspension d’exportation de zébu pénalise les exportateurs légaux sans toucher aux exportateurs illégaux ».

Recueilli par Vonjy

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