Vous ne trouvez pas que cela ressemble un peu au cri d’un DJ pour chauffer l’ambiance dans une boîte de nuit ? Non ?
Pourtant, c’est bien le chemin que les tenants du pouvoir actuels ont adopté comme seule solution pour nous sortir de cette crise politique profonde. La crise est profonde, pas facile à résoudre, mais apparemment leur réflexion n’a pas été aussi profonde que la crise. La solution proposée, nommer un gouvernement dans lequel la tête (le Président et le PM) est la même, et les ministres un ramassis de bonne volonté sans projet politique commune, n’est certainement pas à la hauteur du problème posé
Aventure
Vouloir gouverner notre pays, sans l’appui des bailleurs c’est comme partir en mer mais sans pagaie ni moteur. On verra bien en fonction du vent et du courant. C’est ça l’aventure.
De toute façon, avoir voulu aller jusqu’au bout d’un putsch, avec un attelage hétéroclite, en plus avec des sous-officiers et des officiers subalternes, c’est se lancer dans une aventure. Une aventure peut-être exaltante, mais cela demande un minimum de préparation. Ce qui n’a pas du tout été et n’est toujours pas le cas.
Dans l’état actuel des choses, on voit bien qu’Andry Rajoelina n’avait et n’a aucune emprise sur quoi que ce soit. C’est la tournure des évènements qui fait qu’il est là où il est. Il n’a rien prévu, sinon la fin aurait été meilleure. Il ne peut qu’essayer d’écouter des conseillers en tous genres, dont des sortis de prison qui sont devenus aussitôt opérateurs en riz. Vous voyez le cirque ! Oui mais, dans un cirque, le spectacle est organisé et réglé comme une horloge et au moins les spectateurs s’amusent et admirent. Ici rien de tout cela, ce ne sont que misères, inquiétudes et ras le bol pour nous autres citoyens qui essayons de survivre comme nous pouvons, alors que le bateau Madagascar est déjà en pleine tempête.
Vogue la galère
Maintenant que l’on est en pleine tempête, le maître mot serait : ‘’et vogue la galère’’. Pourquoi pas, mais au moins, il faudrait savoir pour aller où ? avec quel objectif et quels moyens ? Quand on n’a aucune compétence ou expérience, que ce soit dans le domaine de la gestion publique, sans parler de politique (au sens noble du mot), c’est vraiment la galère.
Malheureusement, tout ce beau monde qui nous dirige nous y amène de force, et sans en avoir mesuré les conséquences terribles. Il faut être d’un cynisme qui dépasse tout entendement pour amener tout un pays dans une galère pareille. A moins que ce soit de la folie pure. Avec tous les dirigeants successifs de notre pays, il ne faut s’étonner de rien. L’histoire a montré que ce sont tous des fous, différents chacun dans leur genre, mais des fous quand même. On peut l’affirmer car autrement, notre pays ne serait pas dans cet état.
L’aventure et la galère, on peut l’accepter pour une promesse réelle de lendemain meilleur. Ce n’est même pas le cas car ici, c’est l’aventure pour l’aventure, sans rien au bout, sauf la misère du peuple et de la Nation.
En avant la musique
En musique, cela peut être agréable de faire une jam session de musique, et même sans partitions. Mais pour cela, il faut des musiciens talentueux et qui aime réellement la musique. Ici, ce n‘est pas du tout le cas. Les soi-disant leaders n’ont aucune connaissance musicale (compétence et expérience) et on doute fort de leur amour réel pour la musique (ici pour la Patrie). On a plutôt à faire avec une bande de joyeux drilles qui ont envie mais qui n’en ont pas les moyens. Le problème c’est qu’on ne peut pas faire de la musique (sans parler de bonne musique) sans instruments et encore moins avec un ramassis de personnes hétéroclites dont on ne sait même pas à quoi ils peuvent servir. Du coup, c’est la cacophonie totale et tout le peuple commence à avoir mal aux oreilles, sans parler des instruments (les institutions) qui sont mis en mal.
Conclusions
Pour conclure, l’équipe dirigeante précédente a considéré notre pays comme sa petite entreprise, la nouvelle équipe nous embarque pour une aventure sans lendemain et qui ne peut entraîner que la misère et le chaos. De toute façon, la perdante, in fine, c’est toujours le peuple et la Nation. Mais cela, c’est le dernier de leur souci, obnubilés tels qu’ils sont par leur pouvoir de pacotille et sans lendemain.
Avec des politiques d’un si piètre envergure, il ne faut pas s’attendre un jour voir notre pays s’envoler vers la modernité que méritent nos enfants. Mais je n’accepte pas la fatalité.
Georges RABEHEVITRA





