Après l’UDR-C ou Union des démocrates et républicains pour le changement, le « Défi 2010 », lancé par des personnes issues de la diaspora nouveaux venus dans la politique locale, puis le RPM ou Rassemblement pour Madagascar conduit par Gilbert Raharizatovo, ministre de la HAT en charge du Patrimoine, il y a aussi TAFA dirigé par le jeune Mamy Jo, un leader activiste de la jeunesse estudiantine, il se trouve donc que Pierrot Rajaonarivelo initie un mouvement ou une plateforme qui s’appelle MDM (Mouvement pour la démocratie de Madagascar). Et comme sorti de nulle part, Fetison Rakoto Andrianirina décide lui aussi d’appeler à une autre réunion indépendamment de la mouvance dont il était et est encore le chef de délégation. Parallèlement, du côté de la diaspora pro-Rajoelina, il semble également qu’un autre mouvement qui se veut plus large, s’agite en vue des élections.
En somme tout le monde s’agite depuis que le tombeur de Marc Ravalomanana n’arrive plus à se sortir seul de l’imbroglio dans lequel il s’est mis et a embourbé le pays. Il faut reconnaître que partout où il a tenté de se fourvoyer, à Bruxelles, à Addis-Abeba, à New York, il a plutôt donné une piètre image du pays. Jamais un homme d’Etat n’a fait aussi honte au peuple et à la nation en se faisant refuser la tribune d’une assemblée aussi prestigieuse que celle des Nations unies. Jamais un chef d’Etat n’a claqué la porte derrière une assemblée de personnalités internationales toutes aussi connues que celles réunies à Addis-Abeba pour trouver des solutions de sortie de crise au pays.
Aujourd’hui, après que le président de la HAT ait décidé en décembre 2009 de se lancer dans des élections législatives, c’est le branle-bas de combat pour persuader la communauté internationale de l’admettre comme seule solution. Des émissaires par-ci, des missions techniques et diplomatiques par-là et des rencontres « informelles » à l’abri des oreilles et des yeux du peuple malgache qu’ils prétendent tous préserver et défendre la souveraineté.
Dans le pays en tout cas, le ton a été donné et c’est la mobilisation sous couvert de recomposition ou de remise sur le tapis de la démocratie. L’UDR, dont la composition est connue de tous, étant dirigée par d’anciens pro-Ravalomanana et d’anciens KMMR, voire d’anciens hauts dignitaires ou valets du régime du « dictateur déchu », a cru indispensable de faire suivre leur sigle du C qui signifie qu’ils vont apporter le Changement.
Le MDM pour sa part, est encore flou bien que son initiateur n’est plus un inconnu du public et des opérateurs et de la bourgeoisie d’affaires qu’elle soit karana ou malgache. En tout cas, les technocrates le connaissent. Le MDM qui veut rassembler le plus grand nombre d’éléments de la société civile ou de la société politique, laisse présager d’une convention de style américain. Et sous cet aspect on peut dire que le MDM tente de modifier la perception et la pratique politique en mettant en avant les moyens et les idées, sans oublier les… hommes.
En tout cas, plus d’un citoyen craint que derrière toutes ces agitations des hommes politiques, il n’y ait que des trompe l’œil, des saupoudrages pour embellir son image dans la perspective des législatives et d’ores et déjà des présidentielles. Le CREM (Cercle de réflexion des économistes) qui vient de se réunir à Ankatso n’a jusqu’à présent pas réussi à sortir et à mettre en œuvre une stratégie de résorption du chômage et de la récession économique qu’aucun homme d’Etat n’a osé dénoncé. Et pourtant ils sont nombreux ces économistes qui sont dans ce gouvernement de fait. Combien sont-ils d’intellectuels qui se sont succédés pour servir nos « gouvernants » successifs ? Combien sont-ils nos juristes et experts juridiques pour que le pays tombe aujourd’hui dans cet état de non-droit, pire de non droit constitutionnel que l’association MAMIMAD met au clair dans sa « Réflexion sur la loi fondamentale en vigueur pendant la TRANSITION 2009-2010 » ? (pièce jointe) Rien qu’à parcourir le nombre de « personnalités » qui se sont soumises à la moindre des comportements traduisant l’honnêteté intellectuelle et l’esprit qui les anime en exerçant dans les structures de l’Etat ou dans les assemblées, en procédant à la déclaration des patrimoines en 2009, on est fixé sur leurs motivations profondes.






