Ces derniers temps, le ministre de la Communication est dans le collimateur d’une partie des journalistes de la capitale, du moins d’une partie des membres du Syndicat des journalistes malagasy ou SJM. Le président du SJM a en effet réclamé la démission ou le limogeage du ministre de la Communication pour non respect de la liberté de presse et non protection et non considération des desiderata des journalistes. Le secrétaire général du SJM étant Lalatiana Rakotondrazafy de la radio Free FM, l’appel à la démission ou au limogeage du ministre de la Communication a été amplifié à tel point qu’il n’est pas étonnant que les réactions n’ont pas tardé à voir le jour, donnant une autre envergure, plus grande et plus importante à la station radio Free FM qui n’attendait finalement que cet intérêt de l’opinion à son endroit. Il faut dire que cette station dont l’allure des émissions s’apparente à la ligne du « Canard enchaîné » s’est spécialisée dans les investigations et les révélations qui ont conduit les deux journalistes (Lalatiana Rakotondrazafy et Fidèle Razarapiera) au devant des enquêteurs de la Gendarmerie nationale de Betongolo et à séjourner dans leurs cellules de garde à vue.
Devant la revendication du syndicat et la ligne adoptée par cette station, des groupes de presse dont le groupe de « La Vérité », celui de « Les Nouvelles », celui de « L’Express de Madagascar », et de « La Gazette de la Grande Ile », se sont démarqués pour dénoncer la déviation prise par le syndicat et le caractère politique de la déclaration lancée à l’encontre du ministre de la Communication. Mais cela n’a pas empêché le SJM et la radio Free FM d’insister et d’imposer un ultimatum, confirmé dimanche 13 mai dernier lors de la célébration du premier anniversaire de la station Free FM. Le SJM et la station Free FM prévoient ce mardi 15 mai une manifestation devant la stèle de la liberté de presse à Soarano. Ils entendent ce jour réclamer publiquement la démission du ministre de la Communication ou le cas échéant, son limogeage.
Pris de panique en somme, le ministre de la Communication a saisi la Commission spéciale à la communication audiovisuelle (CSCA) qu’il préside pour rameuter les gens de la presse. Pour argumenter sa position, la CSCA a repris les déclarations de patrons de presse et de responsables de rédaction et l’a diffusé à tous les organes de presse, un peu comme pour dire que le SJM et Free FM sont des parias, mais aussi en guise de signal d’avertissement aux journalistes qui seraient tentés d’épouser les idées du SJM que des patrons de presse ne sont pas d’accord avec ce syndicat. C’est du moins la compréhension de cette initiative du CSCA qui se lit comme suit : « Face aux agissements du Syndicat des Journalistes de Madagascar, des Patrons de presse et Responsables de Rédaction dans la Capitale ont déjà réagi pour manifester leur position par le Communiqué conjoint de presse en date du 04 Mai 2012 ».
La CSCA ne s’est pas contenté de ce rappel ; elle a en plus diffusé à tous les organes de presse, des déclarations de dénonciation des comportements du SJM de la part des journalistes exerçant dans une douzaine de régions jusque dans des districts.
Ci-après de larges extraits de ce communiqué du CSCA en date du 14 mai 2012.
« Par ailleurs, des Journalistes publics et privés, en exercice au niveau de Districts (Mananjary, Nosy Varika, Ikongo, Ifanadiana, Antsalova, Ambatomainty, Morafenobe, Maintirano, Mahajanga, Mitsinjo, Toliary, Ambatondrazaka, Amparafaravola, Ambanja, Antsohihy, Antsiranana, Ambilobe, Anivorano Nord, Analalava, Mandritsara, Toamasina, Vavatenina, Mananara Nord, Mahanoro, Marolambo, Antanambao Manampotsy, Vatomandry, Soanierana Ivongo, Sainte Marie, Anjozorobe, Soavinandriana, Ambohidratrimo, Fenoarivo Be, Andramasina, Manjakandriana, Arivonimamo, Sambava, Antalaha, Andapa, Vohémar , Grand Sud – Est, etc), ont également emboîté le pas à ces Patrons de presse et Responsables de Rédaction pour vivement dénoncer les agissements dudit Syndicat, par le truchement de Communiqués signés et dont les auteurs se sont librement identifiés.
Ainsi, consécutivement à toutes ces déclarations et contrairement aux allégations et autres critiques formulées par ledit Syndicat, la liberté de presse, fondement de la Démocratie, fonctionne régulièrement dans le pays.
En tout cas, la Commission Spéciale à la Communication Audiovisuelle (CSCA), présidée par le Ministre de la Communication, tient encore à réitérer qu’elle défend énergiquement cette liberté de presse par l’application, contre quiconque en défaillance dans ses pratiques journalistiques, des textes régissant le métier de Journaliste, afin d’éviter à ce que cette liberté ne débouche vers l’anarchie.
Quoi qu’il en soit, la CSCA et son Président attirent l’aimable attention de tout un chacun qu’ils n’ont absolument rien à voir dans les affaires judiciaires qui touchent actuellement des Journalistes et des Organes de presse, étant entendu qu’ils n’y sont, en aucun cas, partie prenante.
Le présent Communiqué de presse s’avère utile et nécessaire pour rétablir la vérité, face à la manipulation de l’opinion publique perpétrée par certains » (fin de citation).
En lisant les communiqués des journalistes des régions, on est étonné de cette réaction soudaine et comme un seul homme de tous ces personnels de la RNM et de la TVM et des radios privées de différentes régions et de districts aussi éloignés les uns que les autres ; et ce alors même que la station radio Free Fm n’émet que sur une toute petite partie du territoire de la République. Par ailleurs, il faut avouer que le SJM ne prétend pas depuis sa naissance réunir et représenter tous les journalistes car il n’a pas vocation à prendre la place de l’Ordre des journalistes ; il ne rassemble que les journalistes qui y adhèrent de leur propre gré.
Personne n’est sans savoir les manières de faire des gouvernants qui se sont succédés en matière de presse et de communication sinon de propagande. Chaque « journaliste » y trouve son compte et il est rare que l’employé qu’il est, choisisse de couper la main à celui qui lui offre la « stabilité et la sécurité » de l’emploi, surtout s’il exerce dans les régions et districts autres que ceux de la capitale. D’ailleurs, les communiqués sont identiques à quelque tournure près, même si certains donnent l’impression de vouloir isoler les journalistes de la capitale de leurs collègues des régions. En tout cas, à l’annonce d’une prochaine réunion de la Commission de délivrance de carte professionnelle de journaliste, on peut comprendre ce comportement des journalistes des régions.







