Une délégation du « gouvernement de fait » conduit par le président de la Haute Autorité de Transition (HAT), Andry Rajoelina s’est rendue, sur invitation de la Commission européenne, à Bruxelles depuis la nuit du vendredi 3 juillet 2009. L’objet de cette mission composée de neuf (9) membres est la poursuite du « dialogue politique », le processus convenu entre les parties prenantes des Accords de Cotonou, en l’occurrence l’Union européenne et ses partenaires du groupe Afrique, Caraïbes et Pacifique (UE-ACP). Lors de ce « dialogue politique », Madagascar, gouverné depuis le mois de mars 2009 par « un groupe de putschistes », devra s’expliquer sur la situation et présenter une feuille de route qui devra cheminer vers la légalité ou le retour à un ordre constitutionnel respectueux de la loi.
Les termes de référence de ce retour à la légalité sont connus : le respect des droits de l’homme, la liberté d’expression, le respect des institutions et de la démocratie. Ce sont des sujets sur lesquels les deux parties – l’UE et Madagascar, devront se pencher et se mettre d’accord. De l’issue de cette rencontre, dépendra la reconnaissance internationale du régime.
Font ainsi partie de cette délégation de la présidence de la HAT pour Bruxelles, le chef de la diplomatie de la HAT, le ministre de la Justice, celui de la Décentralisation et, on s’interroge sur les raisons de sa présence, celui de la Communication et de la Culture. Aux ministres et au staff technique de la présidence de la HAT, s’ajoutent le vice amiral Hyppolite Ramaroson et le conseiller spécial auprès de la présidence de la HAT, Norbert Lala Ratsirahonana. En tout c’est une délégation de plus d’une dizaine de personnes qui est partie avec la conviction qu’avec les résolutions des assises régionales et la bénédiction de l’évêque catholique du diocèse du Vakinankaratra, elles vont persuader l’Union européenne et décrocher la première reconnaissance internationale de taille du régime de transition.
La communication en branle
Les femmes de communication et de presse vont vraisemblablement (Annick Rajaona et Onitiana Realy) présenter leur perception de la situation qui a conduit à l’événement du régime et de la suite. Elles seront aidées par un autre ancien journaliste, Gilbert Raharizatovo qui ne manquera pas de prendre conseil auprès du président du mouvement Force de changement pour la Démocratie (FCD), Alain Ramaroson, et auprès du président de la HAT, lui aussi ancien patron d’entreprise de publicité. En somme, toute une équipe de communication qui déploiera tous les talents afin de tenter d’épater l’Union européenne.
Norbert Lala Ratsirahonana, l’homme de tous les « coups » Dans cette équipe, il faut aussi souligner les capacités de Norbert Lala Ratsirahonana. Juriste, tout comme le ministre de la Justice, il est expert en droit constitutionnel. C’est lui qui a rédigé ou du moins aidé à la confection des premières ordonnances qui instaurent et légalisent la HAT et la prise de fonction de son président.
On sait que Norbert Lala Ratsirahonana a été ancien président de la Haute cour constitutionnelle. Il a été ancien chef d’Etat et de gouvernement de manière transitoire. Il est qualifié par ses détracteurs comme « le spécialiste de la transition et des coups extra-constitutionnels pour parvenir au pouvoir ». Ancien conseiller spécial du président Marc Ravalomanana, il fait partie des anciens membres du Comité de soutien à Marc Ravalomanana (ex-KMMR) qui n’avaient rejoint (ou du moins qui n’étaient apparus en public) le mouvement de la Place du 13 mai qu’une fois que la situation ne s’était présentée comme décisive. Fondateur du parti AVI, il a cédé sa station audio-visuelle « Ravinala » au patron du groupe Injet, en la personne de Andry Rajoelina, après sa défaite lors de la dernière élection présidentielle du mois de décembre 2006. Beaucoup d’observateurs soupçonnent Norbert Lala Ratsirahonana de vieux politicards de tous les qualificatifs, surtout après les déboires des diverses « cellules de crise » des opposants.
Ci après la liste définitive de la délégation pour Bruxelles :
1- le président de la HAT, Rajoelina Andry Nirina
2- le ministre des Affaires étrangères, Ny Hasina Andriamanjato
3- le ministre de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire, Hajo Andrianainarivelo
4- le ministre de la Communication et de la Culture, Gilbert Raharizatovo
5- Madame le ministre de la Justice, Christine Razanamahasoa
6- le conseiller spécial du président de la HAT et membre de la HAT, Norbert Lala Ratsirahonana
7- le Vice Amiral Hyppolite Ramaroson
8- Madame le porte parole de la présidence de la HAT, Annick Rajaona
9- Madame Onitiana Realy, chroniqueuse et analyste politico-économique
10- tout le staff technique
Recueilli par Bill





