La place d’Ambohitsorohitra a abrité ce mardi 7 février 2012, la cérémonie de commémoration des événements du 7 février 2009 qui fut une étape dans l’avènement du pouvoir actuellement en place et/ou dans la chute du régime Ravalomanana. Les pillages, incendies et les morts tragiques par incendies du Trading center à Analakely des 26 et 27 janvier 2009 en étaient les préludes. L’affaire n’est pas tout à fait élucidée ; Monja Roindefo, le Premier ministre entrant de l’époque de la Place du 13 mai avoue lui-même qu’aucune véritable enquête n’avait, à sa connaissance, été officiellement diligentée, du moins de sa part. En fait, tout n’a pas été dit ni révélé sur les responsabilités de ce carnage car il ne faut pas méconnaître qu’il y eut quelque 47 morts par balles recensés et près de 175 blessés.
Ce mardi 7 février 2012 donc, les proches des victimes du 7 février ont été présents à cette cérémonie qui a réuni autour d’un culte œcuménique officié par la section Antananarivo du FFKM, le président de la HAT, Andry Rajoelina, quelques membres du gouvernement, des chefs d’institution (Conseil supérieur de la transition, Commission électorale nationale indépendante, Commission mixte de défense nationale) et quelques membres du Parlement de transition, sans oublier quelques membres du Raiamaindreny Mijoro. Evidemment tout le staff de la présidence avait honoré cette cérémonie. L’ancien Premier ministre, le général Albert Camille Vital et son épouse ont été de la partie.
Les grands absents ont été le Premier ministre de consensus du gouvernement d’union nationale, Jean Omer Beriziky, le président du Congrès de la transition, Mamy Rakotoarivelo et les membres du Parlement de transition issus de la mouvance Ravalomanana. En fait, ont brillé par leur absence, apparemment tous les membres des institutions qui se réclament de la mouvance Zafy ou de la mouvance Ravalomanana.
Outre le discours du président de la HAT, la cérémonie a été marquée par des témoignages dont ceux d’une tunisienne qui refuse à l’ancien président de Tunisie tout retour au pouvoir, comme le discours de Andry Rajoelina le faisait comprendre également à l’égard de l’ancien président Ravalomanana. Malgré le caractère religieux de la cérémonie, le ton était davantage aux accusations ou du moins très loin de l’esprit de pardon et d’amour prôné par le christianisme. Bien sûr, nous sommes encore sur terre. En tout cas, un discours bien agencé pour amener l’opinion à l’idée que le peuple n’a d’autres ennemis que la pauvreté, l’impunité et l’égoïsme exacerbé jusqu’à s’accrocher à n’importe quel prix au pouvoir.




