Critiqué par un journal de la place comme inefficace ou incompétente, en tout cas comme un service qui patauge, le Service communication de la présidence de la Haute autorité de transition (HAT) a ces dernières heures multiplié les communiqués. Une première série de communiqués fait état des rencontres de Andry Rajoelina, président de la HAT, avec des personnalités françaises de l’Elysée et d’une rencontre avec le secrétaire d’Etat français à la Coopération, Alain Joyandet sans plus de précision. C’est par d’autres canaux que le citoyen de Madagascar en apprend davantage sur le séjour du président de la HAT.
Quoi qu’il en soit, dans cette première série de communiqué, le service Communication abonde sur la rencontre du président de la HAT avec des parlementaires conduits par le député et Conseiller général de l’Oise, Jean François Mancel. Ce dernier, en tant que membre de l’Assemblée nationale française a plaidé pour l’appui et l’assistance que les pays d’Afrique et d’Europe doivent apporter à Andry Rajoelina, car à son avis, il manifeste la volonté de vouloir sortir rapidement le peuple malgache de la crise ; il n’a pas manqué d’insister que le pouvoir de Rajoelina est capable d’organiser ces élections et qu’il faut l’accompagner. En tout cas, la lettre du député Jean François Mancel a été largement diffusé sur les chaînes audiovisuelles et la presse de Madagascar.
Le 3 février, une autre série de communication avec beaucoup de photos est diffusée par le service Communication de la présidence de la HAT. On y fait comprendre qu’après avoir été écouté par les députés français - en fait une douzaine de députés -, le président de la HAT a été également écouté par des sénateurs français. En tout Andry Rajoelina a rencontré une cinquantaine de parlementaires français. Et tout cela à quelques heures de la rencontre économique organisé par UBIFRANCE dans la capitale française. Cette rencontre à propos de Madagascar verra les grandes sociétés françaises évoluant à Madagascar (ORANGE, TOTAL…), débattre de la situation et de l’avenir des affaires avec l’ambassadeur de France à Madagascar et le chef des services économiques de l’ambassade.
Bref, lors de ce séjour annoncé officiellement comme « privé », le Président Andry Rajoelina a fait connaître la position de Madagascar. Après cette réunion d’informations, ces députés français ont montré, d’après le communiqué du porte parole de la présidence de la HAT, leur intérêt sur les questions des textes et processus électoraux. « Ils ont été convaincus de la nécessité de la tenue d’une consultation populaire, c’est-à-dire, de la tenue des élections libres et transparentes ». D’ailleurs, un communiqué allant dans ce sens a été rédigé par ces parlementaires et signé par M. Jean-François Mancel, un conseiller général et membre du Groupe parlementaire « France Madagascar ». Juste après cette rencontre avec les députés, le Président Andry Nirina Rajoelina a été reçu par des sénateurs français dont André Vantomme, Adrien Gouteyron, Christian Cointat, Yvon Collin, Hervé Maurey, André Ferrand, Christian Demuynck, Richars Yung, Christophe André Frassa, Michel Charasse, Jacqueline Panis, Roland du Luart. Il s’agissait toujours d’une campagne d’explications afin que ces leaders d’opinion français puissent comprendre les réalités politiques malgaches, lit-on dans le communiqué.
Ci-après, un extrait de ce communiqué du 3 février
« … Convaincus de la volonté du régime transitoire d’aller vers les élections libres et transparentes, ces élus de la France ont particulièrement apprécié l’exposé de SEM Andry Rajoelina quant à la vision d’un vrai changement à Madagascar et à sa volonté de préserver les valeurs de la République. Ainsi, pour y arriver, le Président Andry Rajoelina a proposé des garanties solides telles qu’une Assemblée, composée de fonctionnaires de Madagascar, et le Sénat, de leaders d’opinion. Mais il a également fait valoir à ses vis-à-vis qu’il reste particulièrement sensible au volet économique et social. Notons que, même pendant la crise, la France a continué et n’a jamais rompu les partenariats et formes de coopération avec Madagascar pour les volets humanitaires ».
« A l’issue de cette réunion, les sénateurs français se disent prêts à relayer les informations afin de faire connaître la situation réelle de Madagascar et se joignent à la position de Jean-François Mancel de l’Assemblée nationale française quant à l’organisation des élections incontestables en manifestant leur soutien indéfectible, surtout en terme d’assistance technique ».
Ceci étant, on compte quelque 300 sénateurs et plus de 550 députés qui composent le Parlement français. Le président de la Commission Océan Indien et Madagascar au sein de l’Assemblée nationale française, les vice présidents, les questeurs et les secrétaires n’ont pas été de ces réunions ; ils auraient été retenus ailleurs croit-on savoir. Par contre on sait que le député Jean François Mancel est une connaissance voire un ami d’une des personnalités qui ont accompagné le président de la HAT dans ce séjour « privé ».
Recueilli par Valis





