Ce vendredi 30 mars au Trano Gasy Ambatomena, Serge Zafimahova du Centre Développement Ethique (CDE) lève un voile sur les pratiques malsaines des dirigeants en matière de transactions de nos gisements miniers. Cet ancien conseiller spécial de l’ancien président Zafy Albert et non moins ancien responsable au sein du Comité de privatisation, a même taxé des dirigeants de faire du racket direct si pour d’autres il les accuse de spéculations outrageuses. Et puis quand au niveau international l’unité de compte est le million de dollars, on ne peut qu’être offensé par l’avidité de ceux qui sont incriminés.
L’exemple du gisement de charbon de la Sakoa a été cité. La partie malgache a créé une société offshore dont la fonction est présentée comme de la consultance. Ce bureau de consultance est rémunéré à 12 millions de dollars. Les 8 millions de dollars seront payés selon le contrat, aussitôt que la société contractante – une société thaïlandaise–, obtient le permis d’exploitation. Serge Zafimahova affirme que vendredi 23 mars dernier, cette licence d’exploitation lui a été délivrée. Les 4 millions de dollars restants seront payés au fur et à mesure de l’acquisition de franchise à l’importation des matériels et équipements d’exploitation et autres privilèges dont des concessions foncières.
Autre exemple cité par le conférencier : le cas de la Vuna Energy qui est une société offshore au Royaume Uni. À ce propos, les personnalités malgaches sont entrées depuis quelques mois dans une guerre des commissions car à la clé se trouverait quelque chose comme 25 millions de dollars au mois sinon 50.
Le conférencier affirme également qu’un autre permis d’exploitation a déjà été signé mais la compagnie bénéficiaire ne l’a pas encore en main. Qu’est-ce à dire ? Pendant ce temps, la société Mainland dont les permis d’exploration ont été suspendus a déjà, en trois mois seulement, exporté 140 camions de minerai d’ilménite de l’Analanjirofo.
Lors de cette rencontre avec la presse exclusivement, le CDE, par son conférencier, Serge Zafimahova, n’a pas hésité à déclarer que les autorités mentent quand elles disent que jusqu’ici, aucune proposition de partage de production n’a été faite en matière de gisement minier et que l’État ne doit compter que les redevances et ristournes ; ces autorités perçoivent des commissions, martèle-t-il. Partout ailleurs, dans le domaine minier, le partage de production est apparemment la règle laisse-t-il entendre ; c’est le taux qui diffère selon les produits et la fermeté des États concernés, mais le minimum est de 25% pour l’État soutient-il. Le Bureau des cadastres miniers (BCMM) est taxé de juge et partie dans le processus de délivrance des permis ; l’OMNIS non plus n’a pas été épargné.
En tout cas, la société WISCO qui s’est engagée dans le fer de Soalala en versant déjà les 100 millions de dollars est prête, selon Serge Zafimahova, pour le partage de production ou pour la participation au capital. Pour dire que les majors sont respectueux des règles et de la bonne gouvernance tandis que les autres sont apparemment des faucons qui se fourvoient dans la corruption et la compromission. En tout cas, la mine d’informations livrées par Serge Zafimahova et le CDE sont de nature à éveiller les organes de lutte contre la corruption et les crimes financiers (Bianco et Samifin).
Recueilli par Bill







