Les plus optimistes trouvent dans les événements du mardi 17 mars à Madagascar comme étant la bonne sortie de crise que tous les camps attendaient. Car de camps il y en a eu. L’impression à l’heure où nous écrivons est que tout le monde sort gagnant ou tout au moins ne perd pas la face. Cette donnée est essentielle compte tenu de la mentalité malgache et du nombre de camps.
Commençons par le Président Marc Ravalomanana. L’opération création d’un Directoire Militaire était remplie de dignité, simple mais digne, devant une caméra de télévision. Décor habituel constitué du sceau de la République, drapeau national. Allocution prononcée d’une voix posée avec une référence à la Constitution et à l’exercice solitaire du pouvoir : décision grave mais personnelle dictée par sa propre analyse de la situation. C’est le signal d’un départ vers un destin en dehors des murs d’une prison ou humiliant.
Pour le camp présidentiel proprement dit cette sortie doit conduire à un certain apaisement car il est fait appel au vrai patriotisme. Il n’est nullement fait appel à des sentiments de haine ou de revanche.
Pour l’armée, élément à manier avec le maximum de tact et de diplomatie, il y a eu d’abord le début d’une révolte à l’annonce de la mise en place du Directoire mais le soir vers 21 heures 30 c’est une salve d’applaudissements par cette armée qui accueille la décision finale. Le problème de susceptibilité tenant à des questions de galons est réparé car ce sont les éléments les plus âgés dans la grade le plus élevé qui ont été les acteurs principaux de la sortie de crise.
Pour la communauté internationale il fallait rester dans le cadre de la loi en vigueur et éviter tout schéma qui ressemble à un coup d’Etat. Il faut reconnaître que juridiquement les précautions ont été prises. C’est le pouvoir reçu (plein et entier) qui a été transmis à l’Autorité de transition. Un pouvoir reçu dans un cadre légal car la Constitution bien que égratignée est restée la référence. La Communauté Internationale ne peut évoquer le putsch ou la violence. Sans mort d’hommes, sans coup de fusil.
Pour le camp du 13 Mai c’est aussi une solution en principe très acceptable et en définitive acceptée après d’abord un coup de colère on a enregistré l’acceptation officielle de cette transmission de pouvoir. La solution Directoire militaire refusée par principe est acceptée par réalisme et par les avantages qu’elle procure.
Enfin les artisans de cette solution, FFKM, Gouvernement de Monja Roindefo et tous les acteurs de l’ombre ils peuvent apprécier le fruit de leurs efforts malgré les péripéties plus ou moins désagréables qu’ils ont dû subir, les dangers divers affrontés.
Parlons enfin de cette majorité silencieuse. Elle n’est pas prête à accepter n’importe quoi et sortirait de son mutisme si sa conscience est révoltée. La situation à ce jour n’est pas totalement satisfaisante pour elle. Le principal acquis est là, la paix est à portée de main, les principaux acteurs n’ont pas de raison majeure de se rebeller et de se révolter. Il reste les multiples questions nées de la situation nouvelle. Comment se préserver de toutes les dérives et de tout danger né d’une situation inédite où les règles sont loin d’être claires. C’est l’inconnu. Pour le moment il faut s’en tenir aux déclarations d’intention. Il reste à demeurer vigilant, très vigilant et se mettre au travail pour tracer un chemin d’avenir. C’est tout un programme.





