Le groupe des experts nationaux en matière d’élection revient sur le devant de la scène pour rappeler à l’opinion son combat qu’il a toujours conduit, plus précisément depuis le mois de mai dernier lorsqu’il avait proposé et expliqué que le pays était en mesure d’organiser au moins une élection, celle des législatives cette année. Techniquement et financièrement c’est possible, avait-il alors explicité pour soulager les souffrances de la population. Ce groupe a tenu ce jeudi 2 août 2012 à l’immeuble Santa (Antanimena), c’est-à-dire le lendemain de la publication officielle du calendrier électoral par la CENI-T, une conférence de presse pour partager ses réactions par rapport à ce calendrier.
De l’avis de ce groupe représenté ce jeudi par Madeleine Ramaholimihaso, Zafimandimby et Hery Rakotomanana, dix (10) mois c’est beaucoup trop long par rapport à la situation de pauvreté extrême dans laquelle patauge la population. Le groupe a évoqué les statistiques établies par la Banque mondiale qui a évalué à 77% le taux de population qui vit dans la pauvreté. Or, le groupe estime qu’organiser des élections législatives au mois de novembre prochain provoquera vraisemblablement un déclic et ne peut qu’engendrer le retour de la confiance des investisseurs et des bailleurs pour redonner vie à l’économie et donc à l’emploi. Il est convaincu que des législatives en novembre prochain accélèreront le processus de retour à la normalité constitutionnelle.
Sans prétendre faire une quelconque pression et encore moins refuser le calendrier établi, le groupe déclare qu’il ne fait que des suggestions et pense rencontrer les entités impliquées dans l’organisation de ces élections pour leur proposer la tenue des législatives le mois de novembre prochain en leur présentant en long et en large des arguments nécessaires à prendre en compte pour le respect du peuple. D’ailleurs, rassure un membre de ce groupe d’experts, les autres scrutins prévus dans le calendrier pour 2013 ne connaîtront pas de modification ; seules les législatives seront organisées plus tôt pour marquer concrètement le début de fin de crise. Le groupe d’experts rappelle que la loi des Finances 2012 prévoit un budget de 45 milliards d’ariary pour l’organisation des élections ; ce qui est à son avis largement suffisant car d’habitude, l’organisation d’une élection ne nécessite que près de 10 milliards d’ariary.
En tout cas, les préoccupations de ce groupe d’experts nationaux sont fondées sur la manière d’abréger l’enfer qu’endure une population de plus en plus nombreuse et qui ne demande qu’à exprimer son choix par la voie des urnes, depuis le temps que les dirigeants et les politiciens en parlent. La CENI-T et les experts internationaux pour leur part sont plus hantés par les crises post-électorales que peuvent engendrer une élection mal préparée, ou dont les préparatifs ne sont pas crédibles, fiables, transparents et dont les opérations électorales qui en découlent ne seraient pas reconnues par les parties prenantes comme exempts de critiques.
La question qui se pose est la suivante : ce calendrier est-il encore négociable ou modifiable alors même que le Représentant résident du système des Nations unies, Fatma Samoura, a laissé entendre le contraire et que le KMF-CNOE a déjà réclamé la publication de ce calendrier par décret pour le légaliser en quelque sorte ; et aussi, quand la totalité des formations et groupements politiques qui soutiennent le pouvoir ont adhéré et approuvé ce calendrier ? Apparemment le combat de ce groupe d’experts est perdu d’avance ; d’autant que le pouvoir semble réticent depuis l’adoption de la feuille de route sans l’appui de la communauté internationale, à organiser des élections de manière « unilatérale ». Une hésitation, à la rigueur une réticence, qui fait demander aux uns et aux autres si l’État transitoire dispose effectivement de l’argent inscrit dans la loi des Finances pour organiser des élections.







