Le ministre de la Haute Autorité de transition (HAT) en charge des Forces Armées, le colonel Noël Rakotonandrasana, s’adressera ce vendredi 18 septembre aux « élus » des promotions successives de toutes les catégories sortant de l’Académie militaire (ACMIL) d’Antsirabe. Ces « élus » sont les « ombimanga », les « hazomanga » et les « tangalamena » qui ont par essence une ascendance sur leurs collègues. L’objet de cette enième réunion des militaires est clair : la consolidation de l’unité sans doute encore fragile, pour ne pas dire pas évidente, malgré les précédentes initiatives, dont les assises des militaires suivies de la cérémonie appelée « la paix des braves ». En tout cas, il y malaise chez la « grande muette » et l’Armée malgache ne veut pas non plus être qualifiée de « grande aveugle » comme le suggère le capitaine Mbohoazy Lahiniliainy (cf. Courrier des Lecteurs de l’Express de Madagascar du 16 septembre 2009).
D’ailleurs, les propos tenus à l’aéroport d’Ivato ce 15 septembre par le général Edmond Rasolomahandry, dernier Chef d’Etat major général de l’Armée malgache (CEMGAM) du gouvernement Marc Ravalomanana et le colonel André Ndriarijaona, actuel Chef d’Etat major général des Forces armées (CEMFA) sont significatifs de la situation qui prévaut. Le général qui n’a pas osé rentrer au pays en raison des fortes rumeurs qui circulaient alors sur sa sécurité ; et le déplacement de l’actuel homme fort des Forces armées à l’aéroport pour l’accueillir, sont édifiants sur l’atmosphère qui pèse sur les militaires.
Quoi qu’il en soit, les deux personnalités en ont-elles trop dit ou pas assez ? Le général avoue que les militaires ont raté trois occasions pour rentrer définitivement dans les casernes, se dégager des liens avec les politiques et « défendre la nation et la patrie » en quelque sorte. Le colonel pour sa part révèle implicitement qu’une arrestation de son prédécesseur déclencherait des troubles dans l’Armée. Et tout cela se déroule quand le ministre des Forces armées, rentré de Libye avec des promesses d’aides, convoque une assemblée générale des « élus » des diverses promotions de l’ACMIL.
L’Armée malgache, déchirée par les politiques, aura fort à faire pour retrouver sa vertu et redorer son blason ou sa virginité aux yeux de l’opinion tant nationale qu’internationale. Si on devait croire certaines sources, le Premier ministre Monja Roindefo aurait confié à des organes de la presse internationale que des militaires auraient été payé par des chefs de l’opposition pour déstabiliser le régime HAT.

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