Jeudi 26 janvier dernier s’est déroulé au Centre de conférences international à Ivato, un atelier de concertation sur la gouvernance publique. Il faisait suite aux différentes rencontres du Premier ministre avec divers groupements ou corps d’acteurs de la vie publique et notamment de l’Administration et des usagers de cette Administration.
L’atelier a quelque peu été occulté par l’actualité qui s’est bousculée, dont la commémoration du 26 janvier 2009 et le même jour, le 26 janvier 2012, la journée mondiale de la Douane célébrée à Toamasina par le président de la transition avec l’inauguration du scanner fixe. Cela n’a pas empêché les opérateurs et les autres acteurs de la vie publique et les observateurs de cette vie publique, dont la communauté internationale et les partenaires techniques et financiers, de répondre en masse à l’initiative du Premier ministre. Il faut dire que l’enjeu est de taille car il s’agit de faire l’état des lieux sans état d’âme et de mettre en place les stratégies de remise sur les rails de la bonne gouvernance.
Des calendriers et des actions sont définis pour l’immédiat, pour le court terme, pour le moyen terme et le long terme. Mieux, des comités de suivi et d’évaluation sont érigés. Dès cette semaine des actions seront déjà entreprises. C’est dire la volonté du gouvernement à évoluer vers une meilleure gouvernance et vers la transparence car l’accès à l’information a été admis comme étant important. La concrétisation des mesures dans ce sens est très attendue par la presse et le public en général.
Ci après ces résolutions.
Résolutions
La journée de lancement de la concertation sur la bonne gouvernance publique a permis d’engager les premiers échanges de vue sur les problématiques de gouvernance de l’Administration publique à Madagascar.
Les débats et interventions ont principalement mis l’accent sur les déficits et obstacles à la mise en œuvre, et sur la nécessité de réfléchir à un programme national en la matière, à la fois cohérent et adapté aux réalités malagasy.
Les aspects suivants ont été particulièrement discutés par les intervenants :
Le manque de volonté politique de la part des gouvernants ;
La politisation de l’Administration et la forte infiltration des politiques dans le fonctionnement de l’appareil administratif de l’Etat ;
Les aptitudes des agents publics et leur comportement ;
Le processus de la décentralisation et de la déconcentration du pouvoir ;
L’efficacité de la lutte contre la corruption ;
La prépondérance des rôles des organes de contrôle ;
L’importance à accorder au principe de redevabilité des gouvernants ;
La nécessité de règlementer et de rendre effectif l’accès à l’information gage de transparence de l’Administration ;
Au processus d’élaboration et de discussion des lois de finances
Ainsi, il a été décidé au cours des deux demi-journées de concertation que :
1- Sur les domaines et secteurs à prioriser dans les processus à venir, il convient de se focaliser en premier lieu :
Sur l’éducation et la formation pour la dissémination de la culture de bonne gouvernance
Sur la gestion de la fonction publique
Sur la gouvernance des finances publiques
Sur la décentralisation
Sur les organes de contrôles
Sur les organes juridictionnels et organes de lutte contre la corruption
Sur les pouvoirs normatifs (lois, règlements, etc.)
2- Sur les principaux déficits et obstacles entravant la mise en œuvre des principes de gouvernance, des réflexions particulières doivent être portées aux problématiques liées :
Au défaut de leadership des gouvernants
A l’absence de la culture de bonne gouvernance à tous les niveaux
A l’incapacité de l’Administration à répondre convenablement aux attentes des citoyens
A la difficulté, voire l’impossibilité, des gouvernés à se faire entendre par les détenteurs des pouvoirs publics, pour exprimer leurs droits et besoins
Aux faiblesses des organismes de contrôle
A l’inefficacité et l’ineffectivité des systèmes d’évaluation de la performance des agents publics
A l’exclusion des compétences, conséquences de la politisation à outrance de l’Administration
A la persistance et l’aggravation de la corruption
A la crise de confiance des citoyens envers les pouvoirs publics
A la faiblesse du système judiciaire
A l’insuffisance de moyens et leur répartition inéquitable
A la trop forte concentration et centralisation des pouvoirs publics
3- Sur les grandes orientations, il convient de considérer les propositions suivantes au niveau des services et démembrements de l’Administration :
Approprier et approfondir les fondamentaux de la bonne gouvernance par les acteurs
Renforcer la capacité de leadership des gouvernants
Garantir et asseoir un traitement équitable de tous les agents publics
Redynamiser et renforcer les différents organes de contrôles et les structures d’inspection
Donner une réelle autonomie et indépendance aux organes de contrôles, exemple : Bianco, Samifin, etc. (processus de nomination, structure et ressource)
Lutter contre les interventions abusives au niveau des juridictions
Sanctionner positivement le refus de corruption et labelliser, par exemple, les services probes
Assurer une allocation équitable et adaptée des moyens de travail
Mettre en place un système permettant d’avoir des compétences méritantes pour intégrer Administration publique
Instaurer un cadre de dialogue et de discussion dans les différents organes de l’appareil administratif
Accompagner le transfert de compétences dans les collectivités territoriales
Garantir le recrutement par compétences pour l’accès aux grandes Ecoles publiques et concevoir des cursus en tenant compte des principes de la bonne gouvernance
Repenser le mode d’évaluation des agents publics
Promouvoir l’éducation citoyenne et l’éducation civique en développent les partenariats avec la société civile
4- Sur la mise en œuvre des résolutions et projets de réforme qui en découleront, un système de suivi et de coordination sera opérationnalisé
Antananarivo, le 26 janvier 2012




