Zaza Manitranja Ramandimbiarison, le Directeur de cabinet de la Présidence de la Haute autorité de transition (HAT) diffuse ce 17 août 2010, une lettre ouverte au président Didier Ratsiraka et au président Zafy Albert (voir Tribune libre).
Du début de la lettre jusqu’à la fin, il n’est pas une seule fois question ni allusion à l’ancien président Marc Ravalomanana. N’est-il pas un ancien président ? N’est-il pas un fils de ce pays ? ou est-il encore président en exercice ? Quoi qu’il en soit, l’omission volontaire ou non traduit mal la neutralité présumée de l’initiative ou du souhait du Directeur de cabinet de la Présidence. Les uns diront que c’est encore de l’unilatéralisme tandis que les autres constateront un flagrant délit d’exclusion au détriment du fihavanana et sur le dos de la conférence nationale que tous souhaitent inclusive. Le changement réclamé et attendu n’irait certainement pas dans le sens du respect et de l’esprit de pardon et de réconciliation, s’il en est ainsi.
Ne serait-ce que par hypocrisie, la lettre qui a été rédigée en français aurait pu être aussi adressée à l’ancien président Marc Ravalomanana. Quand on sait que Marc Ravalomanana est le principal protagoniste de la crise avec Andry Rajoelina, on ne peut comprendre cette mise à l’index que si on est rancunier ; que si on ne veut pas résoudre de manière pérenne la crise et le mal profond qui gangrène le pays. À moins que de cette façon on résoudrait rapidement le problème avec l’adhésion de l’aile Raharinaivo Andrianatoandro ? Mais les élus légalistes, pro-Ravalomanana sont encore assez importants ; ils sont encore quatre vingt et un (81) parlementaires si on devait se référer à une liste lue par le groupe des anciens parlementaires TIM devant la presse. Démocratie et changement, où êtes-vous ? Est-on assuré qu’avec cette manœuvre d’exclusion, la paix et la stabilité sociale règneront dorénavant ou bien ne prépare-t-on pas un autre cycle de crise ?
La principale conséquence de cette discrimination/exclusion est le doute sur la volonté de refonder la nation. On n’épiloguera pas sur ses conséquences par rapport aux décisions de la communauté internationale. Mais on avouera qu’elle ne peut être que néfaste pour la Présidence de la Haute autorité de transition (HAT) alors qu’elle s’est arrogée le titre d’initiateur de la « dynamique de sortie de crise » et qu’elle veut se draper de la toge de neutralité pour conduire la transition. Quelle audace ! Quelle témérité ! Des membres de la société civile et de la société politique déplorent en tout cas une usurpation. Car le concept d’espace et sa concrétisation sont apparus ailleurs qu’à Ambohitsorohitra. La réunion ou la convocation des partis et associations politiques à Iavoloha est intervenue alors que l’Espace de concertation des partis politiques d’Ambohidahy avait pris de l’envergure et de l’ampleur. C’était de la pure récupération politique, dénoncent les observateurs qui ont préféré ne pas le crier sur les toits par patriotisme et dans la perspective de contribution à la démarche pour mettre fin à la crise. Mais cette fois la couleuvre est géante et impossible à avaler. Des chefs politiques continuent jusqu’à maintenant de rire sous cape en revisitant la liste des formations politiques qui ont signé et décidé de l’accord politique du Centre de conférence international avec Andry Rajoelina. Gabriel Rabearimanana, Secrétaire général du MONIMA a été clair au Carlton ce samedi 14 août : « on ne peut faire confiance à un individu qui renie sa signature ».
Et dire que l’on veut organiser une conférence nationale dans cet esprit d’exclusion d’un des principaux acteurs de la crise et de ses partisans. Et l’on veut bâtir une nation avec un société divisée de la sorte.







