DEMOCRATIE, LE POUVOIR AU PEUPLE. La voie des élections est la meilleure des solutions proposées. Les dirigeants, en effet, se succèdent ; mais celui qui détient vraiment le pouvoir est le peuple. C’est juste qu’il y ait des élections pour que les malgaches puissent statuer sur la question de la crise. D’abord, Une élection politique (législative) est plus que juste, après plus de neuf mois de crise, pour connaître à l’aide des voix des électeurs les tendances politiques malgaches actuelles. De là on se rendrait compte si TGV et compagnie sont vraiment la puissance politique actuelle du pays comme ils prétendent, ou si ce sont encore les Zanak’i Dada , loin de se lasser de brandir l’étendard de la légalité, qui forment le premier parti du pays comme il croit. Ensuite, vu le problème qu’ont les membres de la HAT issue du putsch à mettre en acte les Accord de Maputo, nous trouvons très nécessaire l’élection du chef de la Transition (comme propose KMF-CNOE). Cela pour plusieurs intérêts. Primo, pour faire un test si le Vahoaka malagasy veut vraiment le chef de la transition actuelle ou non ; secundo, si Rajoelina sera encore élu, il gouvernera la transition non plus comme un putschiste mais comme quelqu’un sorti du verdict des urnes, sinon, pour nous et tant d’autres, il reste et restera putschiste. Tertio, l’élection éviterait au chef de la transition l’embarras créé par le caractère hétéroclite et incontrôlable comme celle actuelle. Au moins, il aurait eu le temps de connaître ses alliés et de se mettre d’accord au préalable avec eux, avant de se présenter comme candidat. Il aurait fait le choix de ceux avec qui il veut et peut bien travailler.
Enfin, se présenter aux élections exige un programme. Parmi d’autres priorités, une chose nous semble urgente. Etant donné la dégradation des environnements non seulement naturel et économique, la Transition (l’Assemblée Législative et Gouvernement transitoire) a avant tout la gigantesque tâche de ramener la paix sociale et de conduire le pays non seulement à la IVème République mais surtout à une ère nouvelle faire politique. La leçon de la situation de crise actuelle doit convaincre dorénavant que : 1) la rue ne sera plus la voie qui mène au pouvoir ; 2) la démocratie met en relief le respect des règles et des rôles ; c’est-à-dire respect de la Constitution et des Institutions ; dans un pays démocratique, la majorité gouverne, l’opposition contrebalance le pouvoir en place sans vouloir se substituer à lui ; 3) la communauté internationale, principale source de financement des activités du Gouvernement malgache, s’est montrée qu’elle ne veut plus fermer l’œil devant la crise politique, désormais, chronique de Madagascar et qu’il est grand temps de se conformer à leur standard. 4) être « malagasy olon’ny fo » est bien, mais il ne mène pas loin s’il n’est pas associé avec « olon’ny saina ». Le « ady gasy » et « l’adaptation » ne peut pas fonctionner ; être politicien a besoin de formation et d’expérience ; il ne dépend pas seulement du savoir faire un beau discours ou/et d’avoir une bonne volonté. C’est, peut-être, ce qui manque dans l’horizon politique de Madagascar. On a souvent à faire a des charismatiques ou des aventuriers, et non à des hommes d’Etat.