Andriamananoro Augustin, ministre de la Communication du gouvernement Monja Roindefo, rappelle les médias pro-Ravalomanana à l’ordre. La liberté d’expression, la liberté de presse et la liberté d’opinion sont un des piliers de la démocratie. Mais des « irrégularités », voire des fautes professionnelles sont passibles de sanctions telle la suspension ; et le ministre a déjà saisi le ministère de la Justice dans cette perspective. C’est un des messages transmis par Augustin Andriamananoro à la presse ce jeudi 16 avril. Le personnel de la Radio Mada s’est déjà plaint d’actes d’intimidations, tout comme, selon le ministre, il a reçu des plaintes de vols de fréquence de la part de l’Office de régulation (ORTM) et de la Direction des Infrastructures (DRIM).
L’occasion de la rencontre avec la presse a permis d’apprendre que le ministre entend mettre en œuvre le Conseil supérieur de l’Audiovisuel, cher à James Ramarosaona, ancien président de l’Ordre des journalistes et à de nombreux acteurs de la presse. Le Code de la Communication sera discuté rapidement et mise en application a promis le ministre qui prévoit pour le 3 mai prochain des récompenses aux journalistes doyens.
Aucun mot cependant à l’égard des médias dévalisés à Ambodivona et de ces journalistes qui fuient les hommes en armes et se cachent ou demandent des asiles pour échapper à leurs bourreaux. Aucune pensée non plus pour ces journalistes et hommes des médias qui, le 26 janvier 2009, ont du jour au lendemain, perdu leur boulot et se retrouvent aujourd’hui sur la paille. Aucune main tendue à l’endroit de ces journalistes et reporters victimes de lynchage de tous les bords. Comme si le corps ou la corporation était orphelin. Certes le métier est un choix et celui qui l’a choisi n’a pas à se plaindre, mais le ministère est le « raiamandreny » n’est-ce pas ? En tout cas, sans la presse, aucune démocratie. Les dirigeants passent et se succèdent, alternance oblige, mais la presse demeure.
Enfin et non des moindres, il faut remarquer que la totalité de la presse à Madagascar se dit d’information et indépendante. Or il se trouve que le militantisme exacerbé des uns et des autres, surtout en ces temps de crise font croire que la presse de Madagascar est une presse d’opinion. N’est-il pas plus honnête envers le lecteur, envers l’auditeur, envers le téléspectateur, de signifier que la presse est d’opinion ? Serait-ce au détriment de qui ?

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