Les « légalistes » envisagent d’accompagner les députés à rejoindre leur siège au palais de Tsimbazaza dans les prochains jours. Le même scénario est annoncé pour les sénateurs dont les locaux servent de siège des membres de la Haute Autorité de Transition (HAT). Les pro-Ravalomanana s’organisent de mieux en mieux et ils ont maintenant un « Premier ministre, chef de gouvernement » ; ce qui provoque la colère des tenants de la transition HAT mais aussi des adversaires de Manandafy qui le qualifient de sénile.
Le dépôt, effectué par les femmes « légalistes » auprès de la Haute Cour constitutionnelle (HCC) jeudi 16 avril 2009, de l’ordonnance 2009 – 002 portant abrogation de l’ordonnance 2009 – 001 ayant institué le directoire militaire, fait des vagues. Durant cette visite, selon Manandafy Rakotonirina qui les a accompagnées, la HCC a confirmé qu’aucun décret ni arrêté, n’annonce ni la suspension ni la dissolution des deux chambres. Par conséquent et dans la logique des choses, les députés et les sénateurs sont toujours en fonction.
« Manandafy sème le trouble »
Toutes ces initiatives des partisans de Ravalomanana, en plus de la nomination par le président Marc Ravalomanana, de Manandafy Rakotonirina comme Premier ministre, provoquent des réactions vigoureuses de la part des tenants du régime Andry Rajoelina. À commencer par le Premier ministre de Transition, Monja Roindefo qui n’apprécie pas et n’accepte pas un autre Premier ministre nommé par une personne qui séjourne à l’extérieur du pays. Cela sème le trouble et est illégal, explique-t-il.
Manandafy Rakotonirina, Premier ministre du gouvernement du président de la République, Marc Ravalomanana, est accusé d’usage de faux, d’usurpation de titre, d’enfantillage car le mouvement de la Place de la démocratie est foncièrement différent de celui de la Place 13 mai en son temps. Ce dernier était un mouvement populaire contre la dictature tandis que le premier qui sied à Ambohijatovo ne le serait pas du tout. Pour dire que la cause défendue par Manandafy Rakotonirina et les siens, n’aurait pas de raison d’être car il ne serait pas populaire et il défendrait la dictature et le vol. Alain Ramaroson affirme que les pro-Ravalomanana sont peu nombreux et insignifiants par rapport aux manifestants rassemblés sur la Place 13 mai le 7 février et qui ont été massacré à Ambohitsorohitra.
La Constitution n’indique pas deux présidents de la République
Alain Ramaroson, président de Commission au sein de la HAT est même allé jusqu’à faire valoir la dictature du nombre en comparant en sa faveur le nombre de manifestants des deux sites. Il met les pro-Ravalomanana en garde contre les propos provocateurs, dénigrants et accusateurs proférés contre l’armée car celle-ci peut réagir a-t-il insinué (« Mety hahazo ny sahaza azy izy satria ny miaramila ange no tena nitsemboka nametraka ity fitondrana ity… »).
Christine Razanamahasoa, ministre de la Justice de Transition est à la rescousse. « La Constitution n’indique nulle part deux Premiers ministres, ni deux présidents. Marc Ravalomanana a démissionné et a donné les pleins pouvoirs à un directoire militaire, prévient-elle, tout en réitérant que Ravalomanana et Manandafy sont des usurpateurs ».
Bref à ce rythme, les mandats d’arrêts peuvent facilement pleuvoir. Les tenants du régime de Transition commencent à ne plus supporter les propos des manifestants de la Place de la démocratie qu’ils lisent comme des insultes ou des encouragements aux troubles et portant atteintes à la légalité de l’Etat HAT. Ils commencent à proférer des menaces à peine voilées.




